Méditation
Robert Gillet
« Seigneur,
apprends- moi à prier !»
Lors de la colonie TIPI ARDENT 2004, avec pour thème
« Boire ou conduire, il
faut
choisir ? Choisis la Vie », nous avons,
avec les enfants, étudié quelques panneaux routiers
avec leur signification propre. Nous avons ensuite utilisé
ces mêmes panneaux pour développer quelques vérités
spirituelles en leur attribuant un sens symbolique ayant un rapport
relativement proche de leur définition première.
Vous connaissez, sans doute, la signification de ce panneau !!!
J'imagine que tout le monde n'aura, peut-être pas, la bonne
réponse. Peut-être que les parents des enfants à
la colonie qui auront pris le temps de lire le « Tipi
Press », journal de la colonie réalisé
par les enfants, auront la bonne réponse.
Ce panneau indique que le lieu où il est situé
est un « site classé ». Cela veut
dire que ce lieu (plus ou moins grand) est un lieu protégé
par la loi et par l'Etat. Il y a des règles bien précises
qui font que l'on ne peut pas y faire tout et n'importe quoi.
Pas de constructions immobilières « sauvages »
à la merci de n'importe quels promoteurs peu scrupuleux
du cadre naturel ; la nature est protégée ;
en montagne par exemple cela peut aller jusqu'à l'interdiction
de la cueillette de fleurs ; le touriste doit respecter
ce lieu et en prendre soin contre toute pollution ; un programme
est mis en place pour favoriser le développement de la
nature, etc. Bref, le lieu indiqué est un site protégé
et particulièrement protégé.
Je crois que ce panneau illustre admirablement bien le verset
premier du psaume 91 : « Celui qui habite sous
l'abri du Très-Haut (repose à l'ombre du Tout-puissant) ».
L'idée que le texte hébreu veut faire ressortir,
est celle d'être dans un lieu secret, inconnu des autres,
à l'abri des autres, à l'abri des regards indiscrets,
à l'abri de tout ennemi, de toute agression, de toute
situation dangereuse et périlleuse. C'est l'idée
d'être dans un lieu de calme, de paix, de repos, de confiance,
de ressourcement. Là dans ce lieu secret, unique et particulier,
je suis seul, seul avec mon Dieu et rien ni personne ne peut
m'y voir et m'y atteindre. Là dans ce lieu secret, je
suis injoignable : lieu privilégié de dialogue,
de rencontre, de communion, d'union, de jouissance de la présence
bénie de l'Autre aimé, adoré et aimant d'un
amour indéfinissable.
Y-a-t-il une autre définition plus profonde de la prière
que l'état d'être de ce lieu
particulier ?
Oui, nous parlerons de la louange, de l'adoration, de la reconnaissance,
de l'intercession, du jeûne et de la prière ;
et tout cela est juste et bon à dire et encore mieux à
vivre. Mais dans le véritable état de prière,
pas de légalisme, pas d'obligation, pas de sectorisation
(même si cela est juste et nécessaire théologiquement
et pratiquement parlant). Simplement l'état d'être,
d'habiter sous l'abri du Très Haut. Ce n'est pas simplement
une question de communion verticale avec son Dieu, c'est également
une question d'être horizontalement avec les autres tout
en étant verticalement avec son Dieu. Ce n'est pas l'état
d'un moment ni d'un instant, même si cela passe par de
tels moments mis à part. Ce ne sont pas des paroles exprimées
avec toute l'émotion possible et toute la sincérité
souhaitable, c'est une attitude, un état, une position
de foi EN Dieu, EN Christ et EN l'Esprit Saint. C'est l'état
de celui qui aime et qui aime assez pour que tout le reste ne
compte plus, n'a plus d'importance, n'a plus de valeur, et où
la seule chose raisonnable qui vaille la peine de compter est
d'être dans (en présence de) l'Etre aimé
et adoré. Et là, dans ce lieu secret, je suis intouchable,
injoignable, inattaquable, imperturbable, inaccessible « Seigneur,
apprends-moi à prier !»
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