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N°3 Novembre 2004

Sommaire
Editorial

Méditation « VIEILLIR » par le pasteur Bernard Lehmann
Billet d'humeur  « de bonne humeur ! » par Pierre Geiser
« Les laïcs débattent de l'oecuménisme » par Elie Funtsch
Le billet des jeunes « la reprise » par Olivier Pfingstag
Le billet de l'évêque «  la recherche de la sécurité » par l'évêque Heinrich Bolleter
La prière : petit parcours pratique « 2. Re-nés pour louer Dieu ! » par le pasteur Claude Grunenwald
Dossier « fin de vie, faim d'espérance »
Valeur ajoutée des personnes âgées et lien intergénérationnel
La parole aux directeurs de maisons de retraite

« Réflexions sur l'euthanasie » par Pierre Wheeler/FEF
« Marie Humbert et l'euthanasie » par le CPDH

« La vieillesse ? » par K. B. aide-soignante
Inauguration du Home Bethesda
« Les Assises du Protestantisme » par le pasteur Daniel Osswald
Grille de mots croisés


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N°3 NOVEMBRE 2004

 

Bulletin d'information francophone
de l'Eglise Evangélique Méthodiste
UNION DE L'EGLISE EVANGELIQUE METHODISTE (UEEM)
UNITED METHODIST CHURCH (UMC)

Dossier

Fin de vie, faim d'espérance
La vieillesse
La parole à une aide-soignante

K. B

Un jour de mes études, j'avais 20 ans peut-être, le professeur de médecine nous parlait en ces termes : « La vieillesse commence le jour de la naissance »  depuis j'y ai réfléchi bien souvent et que penser du mécanisme du vieillissement ? Les cellules dégénèrent, le dos se fatigue, la mémoire diminue et il y a les troubles de la déglutition, les dents manquantes qui nous empêchent de bien mastiquer les aliments. Puis c'est la digestion, finis les bons plats d'autan, « je ne digère plus bien ». Alors qu'avons-nous encore quand l'âge avance , quand nos parents sont partis au séjour divin, quand les amis nous quittent l'un après l'autre ?
La vie ressemble alors à un sursis. Chaque seconde de bonheur nous rappelle que nos jours sont comptés. Et Dieu là dedans ? Où est-il ? Avait-il prévu que l'on souffre encore et toujours jusqu'à la fin ? Et pourquoi ? Pourquoi ? La question à éviter. Mieux vaut remercier le Seigneur chaque jour et le louer pour ce qu'il nous donne.
« Compte les bienfaits de Dieu, mets-les tous devant tes yeux » mais justement, d'yeux il n'y en a plus, d'oreilles plus tellement non plus Alors que reste-t-il au vieillard ?
A mon avis, aussi longtemps que vit le souffle, il y a l'espoir. Celui de retrouver Jésus là-haut, tout là-haut, et celui d'être aimé sur la terre jusqu'au bout. Quelle joie peut-on encore avoir quand toutes nos facultés ont baissé ? Celle de connaître Dieu notre consolateur et celle d'un sourire, d'une chanson, d'un appel téléphonique et tant d'autres petits gestes à partager.
Que dire de nos visites et de notre temps passé auprès d'une mamie, d'un papy ? Dieu du haut du ciel nous regarde. As-tu eu le courage de promener quelqu'un en chaise roulante dans le jardin d'une maison de retraite ? Non ? Alors il est temps de penser à eux ; nos aînés ont besoin de tendresse, de douceur, d'affection, d'écoute.
Dans un foyer de personnes âgées, il manque bien souvent des visiteurs. Ceux et celles qui peuvent encourager le personnel déprimé, donner la main à un vieux Monsieur hésitant que de manières de servir Dieu au quotidien. Bien sûr c'est important de vivre pour soi-même, d'entretenir sa santé en faisant du sport , en sortant mais au milieu de tous vos tracas personnels, n'avez-vous pas un peu de temps à partager pour jouer un air de guitare dans la pension du quartier ? Peut-être que ce court témoignage de 4 années auprès des personnes âgées vous rendra attentif et vous stimulera à venir au secours d'une personne seule dans sa chambre Puisse ce petit passage vous donner l'envie de devenir un instant un instrument de bonheur.
Une journée en maison de retraite
Quand tout le monde dort encore ou presque, nous, les membres de la maison de retraite nous sommes réveillés vers 6h30. Tôt ! Oui mais nous sommes au lit depuis 19h hier soir ! C'est long ! La toilette à toute vitesse par un ou une inconnue, souvent le personnel change, c'est l'été, les vacances. Puis un petit-déjeuner standard, un peu d'aide si nous n'arrivons plus à bouger le bras jusqu'à notre bouche Puis le vide, plus rien, sauf certains jours pour ceux qui peuvent aller à une activité. La seule occupation c'est le repas de midi, mais parfois il est difficile à mâcher alors c'est du « mixé » que nous devons avaler

Après le déjeuner une sieste pour rêver un peu. Réveil, boisson, puis plus rien. Si pas d'activité, pas de visite, nous restons là assis, en attendant le repas du soir. Certains aiment fumer mais les autres sont dérangés alors que faire ? Et 17h30 déjà le dîner. La nuit approche, elle sera longue.
Demain un autre jour identique, la vie continue et la mort est au bout.
La.... mort
Ce mot fait peur ou envie parfois. Est-ce enfin la délivrance de tous nos maux ? Finies les médisances, le regard hautain du voisin ou la langue assassine du compagnon. Et que dire de tout ce passé qui nous hante et nous culpabilise ? Alors certains attendent que Dieu veuille bien venir les emmener dans le monde meilleur de l'éternité.
ETERNITE ! AMOUR ETERNEL ! VIE ETERNELLE !
Interdit de parler religion sur le lieu de travail on peut juste aimer son prochain comme soi-même. Mais comment s'aimer soi-même ? Comment entretenir ce corps au mieux ? Ma grand- mère de 96 ans disait ceci : «  La vieillesse se construit jeune dans son assiette ». Comment allier bonne nourriture et diététique, tout un art de se préparer à bien vivre ses vieux jours et à accepter de quitter cette terre en douceur. Prier, c'est encore la seule chose permise, discrètement, pour soi, dans sa chambre, dans son cur.
Alors prions, pour vivre et pour mourir. Le mieux serait de demander chaque jour au Père Céleste comment commencer et finir cette journée. Et si ma fin était l'arrêt de notre cur ? La peur est là, c'est effrayant mais NON ! Remets tous tes soucis au Seigneur, il prendra soin de toi car il t'aime. Christ notre joie continue de nous guider jusqu'au dernier séjour. Le voyage ultime, celui qui nous approche de Jésus, celui-là nous pouvons le préparer pendant toute la vie. A chaque seconde nous avons la possibilité de chercher, au centre de notre moi intime, un coin de paradis, un espoir de découvrir notre Dieu plus personnellement.
Oui Dieu est là ! Au cur de notre vie. Il nous accompagnera. « Je suis avec vous tous les jours » Il ne nous abandonnera jamais. « Celui qui garde Israël nous garde de tout mal. Il gardera ton départ et ton arrivée », même là haut.

Dispositions de fin de vie
 Dans le but de vivre pleinement et longtemps mais pas à n'importe quel prix, dès 1976, la notion de testament de vie a été exposée à Boston aux Etats Unis, dans le fameux « New England Journal of Medicine ». A l'origine, une simple directive préconisait que l'individu lucide et bien portant « ne souhaitait pas que sa vie soit prolongée ni être maintenu vivant par des méthodes mécaniques ou thérapeutiques de prolongation, dans le cas où il pourrait endurer des douleurs intenses et intolérables ». En 1997, un groupe de pasteurs de l'Eglise Evangélique Méthodiste de Suisse et de France a édité un document intitulé « Dispositions de fin de vie ». Ils y évoquent la meilleure manière d'aborder la dernière phase de l'existence : éviter le double travers de l'acharnement thérapeutique et de l'euthanasie et privilégier les soins palliatifs de façon à garantir la mort dans la dignité. Le document est mis sur le net http://www.umc-europe.org/ueem/documents/dispositionsfindevie.pdf.

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