Le riche propriétaire a confié ses biens à
un homme de confiance, lui a donné le « pouvoir »
de dépenser son argent, de signer les chèques !
L'intendant représente son maître auprès
des fournisseurs et des clients. En dissipant ce qui lui est
confié, l'administrateur perd la confiance qui lui avait
été donnée. Il risque, par son attitude,
de ruiner son maître, d'être au chômage bientôt,
et avec lui, d'emporter ses collègues de travail. Sa responsabilité
a des conséquences sur les autres. Nos paroles et nos
actes ont aussi des conséquences sur notre prochain. L'intendant
est pris la main dans le sac et doit rendre les comptes à
son patron. Mais cette parabole ne parle pas seulement de la
gestion de l'argent que Dieu nous donne et qu'il nous confie,
mais de la gestion de tout ce que Dieu nous confie. Ces paroles
sont d'abord enseignées aux péagers du chapitre
15 que Jésus a ramenés vers son Père. Il
les exhorte à employer sagement, désormais, les
biens terrestres qu'ils avaient injustement acquis. Jésus
s'adresse aux disciples au chapitre 16 et aussi à nous-mêmes.
Jésus se sert de l'exemple des injustes pour stimuler
le zèle des croyants. Il faut nous rappeler que Dieu nous
confie la gestion des biens terrestres : l'argent, la nature,
le temps, l'église « L'or et l'argent sont
à moi » (Ag 11.8) « La terre et
tout ce quelle contient, est à moi. » (Ps 24.1)
nous rappelle notre Dieu. Nous sommes donc les administrateurs
des biens que Dieu nous confie. Le danger présent dans
cette histoire, c'est que l'intendant se prenne pour le propriétaire !
C'est que l'homme se prenne pour Dieu ! Mais cet intendant
est un malin : il réfléchit. Littéralement
en grec, « il rentre en lui-même ».
Comme le fils prodigue au chapitre 15, c'est un véritable
acte de recueillement qui est ici exposé. On aurait pu
penser, que le moment était venu, pour cet homme de reconnaître
ses fautes, mais ce n'est même pas évoqué.
Il ne se remet pas en question sur les dépenses excessives
qu'il a provoquées. Mais il va utiliser son intelligence
pour « sauver sa situation ». L'administrateur
habile, va se faire des amis parmi les débiteurs de son
maître, au cas où après avoir été
renvoyé, il doive travailler la terre ou mendier Il va,
de son propre chef, remettre une partie de la dette des clients
de son maître : 50 % à l'un, 20 %
à l'autre On peut penser qu'il a continué encore.
L'intendant a été indulgent envers « ses »
débiteurs, contrairement au serviteur impitoyable qui
a emprisonné ceux qui ne voulaient pas lui rembourser
leurs dettes (Mt 18.23-35). C'est une image du pardon de Dieu,
de la grâce que nous devons à notre prochain. Allons-nous
remettre la dette, pardonner celui contre qui nous avons accumulé
de la rancune ?
C'est sur ce point que le maître le félicite, sur
sa prudence : il a « sauvé les meubles »
et il a peut-être sauvé son poste ! L'intendant
injuste s'est occupé de ses propres intérêts.
Dieu remet notre dette, il nous pardonne nos fautes, faisons
de même pour notre prochain. Le maître reconnaît
l'habileté de son régisseur : l'intendant
a su bien profiter du temps, durant lequel il pouvait encore
disposer des biens de son maître, pour pouvoir en retirer
les bénéfices même quand il n'en disposerait
plus Le réel enjeu de cette parabole est la réponse
à cette question : « Que faisons-nous
de ce que Dieu nous donne ? ». Comment gérons-nous
l'argent que Dieu nous donne, le temps dont nous disposons, les
occasions de témoignage que nous rencontrons ?
Aujourd'hui, plus que jamais, il faut « investir »
dans ce qui est important. Celui qui est fidèle en peu
de choses est aussi fidèle dans ce qui est important Dieu
nous demande de choisir notre maître : on ne peut
servir deux maîtres sans que l'un d'eux soit trompé.
Nous avons donc le choix entre deux options de vie, entre le
bien et le mal. Dieu nous rappelle et nous dit : « J'ai
mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction
et la malédiction ; choisis la vie afin que tu vives,
toi et ta descendance, pour aimer l'Eternel, ton Dieu, pour obéir
à sa voix et pour t'attacher à lui. »
Dt 30.19-20
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