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N°7

Mars 2005

Editorial
Sommaire

Méditation - Humiliez-vous.... - Daniel Osswald

A la rencontre de ... Lorna Barra, pasteure méthodiste au Chili - Pasteur Samuel Lauber

Pauvre pays riche ? La richesse et la pauvreté : un défi pour les églises Henrike Müller

Billet d'humeur - Paroles de spectateur engagé - Pasteur Samuel Lauber

 In memoriam - Thérèse Siegfried - Marti - Daniel Husser

Le billet de l'historien - À l'origine du méthodisme : Wesley découvre la prédication en plein air - John Singleton

Retour sur la Pastorale - Sandrine PIERSON

Evangélisation made in GB
- Préconférence et Conférence à Loghborough - Eglise Méthodiste de Grande Bretagne - (26 juin au 2 juillet 2004) - JP.W

- Renouveau de l'Eglise
 
- Les priorités de l'Eglise

- C'est quoi la mission ?

Nouvelles de notre Eglise - Élection de nouveaux évêques

La Compagnie de la Marelle en tournée - RESTE AVEC NOUS de Henri Guillemin

La grille du mois - JP.W

Le billet de notre évêque - « StopPauvreté2015 » - Evêque Heinrich Bolleter

Congrès Européen d'Ethique / CPDH


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N°7 MARS 2005

 

Bulletin d'information francophone
de l'Eglise Evangélique Méthodiste
UNION DE L'EGLISE EVANGELIQUE METHODISTE (UEEM)
UNITED METHODIST CHURCH (UMC)

Le billet de l'historien

A l'origine du méthodisme

Wesley découvre la prédication en plein air


John Singleton

Sous le feu des projecteurs
John Wesley aurait certainement approuvé les divers types de ministères qui, de nos jours, sortent le méthodisme de la sécurité de ses immeubles et le placent au sein des communautés desservies par notre mouvement mondial. Ceci inclut les aumôniers militaires méthodistes - un ministère placé sous le feu des projecteurs dans les temps troublés que nous vivons et qu'à son époque, Wesley avait fortement appuyé.
En direct, du direct
L'habitude de Wesley de porter son message directement à la population a commencé le 2 avril 1739, une date très importante pour le mouvement méthodiste ; 265 ans plus tard, cette pratique est encore une réponse tout à fait appropriée aux défis auxquels notre Eglise est confrontée. John Wesley était arrivé à Bristol, Angleterre deux jours plus tôt, en réponse à l'invitation de son collègue prêcheur Whitefield. Alors qu'il était un prédicateur de plein air d'une grande éloquence, qui avait développé une large audience dans la région, Whitefield voulait retourner en Amérique et souhaitait fortement que Wesley continue le genre de travail qu'il avait entrepris.
Le jour suivant, après avoir observé Whitefield prêchant aux mineurs d'étain de Kingswood, Wesley se convainquit de la nécessité de la « prédication en plein air », comme étant le meilleur moyen d'atteindre les grandes masses populaires, pratiquement victimes d'exclusion en raison de l'élitisme de l'Eglise établie - des masses non atteintes et apparemment intouchables.
À contre-courant
Cette prise de conscience ne se développa cependant pas sans quelques réticences. Les notes de Wesley dans son journal sont révélatrices du dilemme intérieur auquel il était confronté.
« C'est à grand-peine qu'au début je me suis fait à cette étrange façon de prêcher dans les champs, telle qu'il (Whitefield) m'en a fait la démonstration dimanche ; toute ma vie - et jusqu'à tout récemment - j'ai été si ferme sur tout ce qui avait trait aux convenances et à l'ordre que je pensais que sauver des âmes était presque un péché, si cela n'avait pas lieu dans une église ».
Il a osé
Le même soir, Whitefield ayant dans l'intervalle quitté Bristol, Wesley parla à une petite assemblée réunie dans un local, du Sermon sur la montagne - qu'il décrit dans son journal comme « un précédent assez convaincant d'un sermon en plein air. » Moins de 24 heures plus tard, Wesley allait rompre les amarres et s'embarquer dans cette grande et nouvelle entreprise.
« À quatre heures de l'après-midi, j'ai accepté d'être plus humble et de proclamer sur les routes la bonne nouvelle du salut, parlant à près de 3'000 personnes du haut d'une petite butte dans un terrain proche de la ville ». On admet que cette butte, d'où il a souvent parlé par la suite, est le Mont Hanham, encore visible aujourd'hui.

Au risque d'apparaître vulnérable
Son texte, le premier d'une série de plusieurs milliers de sermons prononcés en plein air, était une prophétie des grandes choses à venir : « L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d'accueil par le Seigneur » (Lc 4.18-19 TOB).
Devenu plus vulnérable et ayant prêché son premier sermon en plein air, Wesley était désormais en possession de la doctrine centrale de sa campagne ; plus encore, il avait découvert le principal moyen de l'exprimer. À partir de cet instant, rien ne pouvait plus l'arrêter.
Rien ne l'arrête
Au cours de ses voyages à travers la Grande-Bretagne et l'Irlande, Wesley a prêché à des milliers de gens ordinaires sur des places de marché, sous des arbres, sur des collines, au milieu des champs, du haut d'une pierre tombale (y compris celle de son père dans le cimetière d'Epworth), dans des cours, des jardins, sur des pelouses communales, des plages ou dans tout autre endroit où il pouvait rassembler une foule. Et s'il ne parlait pas en plein air, on pouvait le trouver en train de prêcher dans des maisons privées, des édifices publics, des casernes, des prisons - et même dans des églises paroissiales, lorsqu'il y était autorisé. Il semble que la meilleure heure pour attirer des foules était 5 heures du matin.
En Grande-Bretagne, il se trouve encore des endroits où Wesley a prêché. Sans surprise, on constate que nombre de ces emplacements ne sont pas marqués, mais il est parfaitement possible de découvrir des lieux dont la tradition locale a retenu le lien avec Wesley. Il existe ainsi des lieux-dits tels que « le rocher de Wesley », « le buisson d'épine de Wesley », « l'auberge de Wesley », « l'arbre de Wesley » ou « les pas de Wesley ».
Il a innové
Au XVIIIe siècle, cette façon de prêcher était une très grande nouveauté. Quelques personnes - généralement celles qui faisaient autorité - étaient choquées et estimaient que prêcher en plein air était vulgaire et dangereux (pour ceux qui écoutaient). Certains ont même lancé de violentes persécutions contre les premiers méthodistes, mais beaucoup de gens - particulièrement parmi les couches les plus pauvres de la société - se rassemblaient pour entendre prêcher Wesley et Whitefield et les écoutaient avec joie.
Un modèle à suivre
Ainsi, dès les premiers temps, ce fut toujours un impératif méthodiste d'aller là où sont les gens, plutôt que d'attendre que les gens viennent à nous. C'est un ministère qui se poursuit de notre temps, sous les formes les plus diverses.

Traduction : Frédy Schmid
Source : Service de presse évangélique méthodiste


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