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d'accueil
N°9
mai
2005
Editorial
Sommaire
Méditation « Zoom
sur... »
Le billet de notre évêque
Vie de l'Eglise « Ça
y est : l'EMF intègre l'UEEM et l'UEEM change de
nom » -
« Quelques « perles »
spirituelles »
Conférence Centrale de l'EEM
de l'Europe du Centre et du Sud (CCECS)
« La crainte n'est
pas dans l'amour » (1Jn 4.18)
Du vécu « J'ai
touché l'amour du doigt »
Lu pour vous « Pour une éthique
biblique »
Spécial CPDH « Priorité à l'éthique »
Réplique
« Personne ne
prendra la place de l'Eglise ! »
En bref « La
Turquie et les droits de l'homme »
Compte rendu annuel 2004-2005 Connexio
Carrefour des femmes
« Des racines
qui me portent » -
A vos agendas
Association Centre de Vacances de
Landersen « Lettre d'Information N° 6 »
Divers séjours
à Landersen
Billet des jeunes « Soirée
Hongroise »
« Merci »
Mots croisés
« La grille du mois »
Paroles
contact
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N°9 mai
2005
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Bulletin
d'information francophone
de l'Eglise
Evangélique Méthodiste
(EEM)
UNITED METHODIST
CHURCH (UMC)
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EN
MARGE DU CONGRES EUROPEEN D'ETHIQUE (25 au 27 mai 2005)
"Priorité
à l'éthique"
Interview
exclusive de
Daniel
Rivaud délégué
général du CPDH
(Comité
Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine)
Propos
recueillis par Jean-Philippe Waechter
Daniel Rivaud, délégué
du Comité Protestant Evangélique Pour la Dignité
Humaine (CPDH) répond aux questions du rédacteur
sur les missions que s'assigne le CPDH à la veille de
son Congrès à Strasbourg
Le XXIe siècle religieux.... et
éthique ?
En Route (ER) : André Malraux a prédit
que le XXIe siècle serait religieux, et l'histoire
immédiate lui donne raison. Mais ne conviendrait-il pas
non plus de parler de siècle éthique à l'heure
où l'on a hâte de remettre en question les valeurs
fondamentales ?
Daniel Rivaud (DR) : Le mot éthique est utilisé
de plus en plus à l'heure actuelle, on pourrait presque
dire galvaudé, car il peut revêtir des aspects complètement
différents et qui sont parfois bien loin des valeurs chrétiennes
auxquelles nous nous référons. Néanmoins,
nous ne pouvons que nous réjouir de ce désir de
notre société de clarifier certains débats,
même si c'est sous couvert d'humanisme, et de réfléchir
à la portée des actes que nous posons aujourd'hui.
Mais nous devons le faire de manière lucide.
Débacle des moeurs ?
ER : En gros, peut-on parler en règle générale
de déliquescence des murs, de débâcle morale
aujourd'hui ? C'est un portrait au vitriol excessif ou le
reflet de la réalité ?
DR : Il y a eu d'autres époques avec ses moments
de débâcle morale. Il ne faudrait pas noircir outre
mesure l'époque dans laquelle nous vivons. Mais il est
indéniable qu'il y a une accélération des
mutations et une perte des repères traditionnels dans
notre société. C'est une des raisons pour laquelle
les chrétiens doivent réfléchir à
ces repères et voir de quelle manière ils peuvent
les proposer à la société, non dans une
défense passéiste et conservatrice, mais dans le
souci de témoigner ce qui sera toujours « une
bonne nouvelle ».
Comment réagir ?
ER : Réagir à cette évolution,
c'est une chose, mais peut-on le faire sans tomber dans les travers
du moralisme et du pharisaïsme ?
DR : On pourrait aussi ajouter le légalisme !
ER : Il y a beaucoup de risques dans cette opération ?
DR : Il y a toujours des risques à prendre position !
L'enseignement de Jésus est clair à ce sujet. C'est
d'ailleurs peut-être une des raisons pour lesquelles nos
milieux évangéliques sont parfois silencieux, victimes
du syndrome de la minorité Voire d'une forme de fatalisme.
Il est important, - et c'est un des buts du Congrès Européen
d'éthique -, de réfléchir et de pouvoir
prendre position en évitant les écueils cités
précédemment. C'est certainement un des plus grands
défis. Nous sommes dans un siècle où la
communication a beaucoup d'importance. Nous devons donc être
très attentifs à la manière de dire les
choses, même si sur le fond nos convictions restent les
mêmes. Lors d'un Séminaire à la Faculté
libre de Théologie Réformée d'Aix-en-Provence,
Henri Blocher parlait de « la nécessité
de s'adapter sans s'adultérer ».
S'adapter sans adultérer le message
ER : Il s'agit donc de tenir compte de l'évolution
sans altérer le message ni adultérer le message,
a-t-il dit ? C'est précisément à ce
type d'exercice que vous vous livrez depuis des années
déjà. Telle est votre raison d'être, réfléchir
en amont aux questions éthiques pour proposer des bases
et des repères aux hommes de notre temps ?
DR : Depuis sa création en novembre 1999, notre
association a toujours eu le souci, d'une part de réaffirmer
les repères donnés par la parole de Dieu, d'autre
part de rendre les chrétiens et les églises attentifs
et soucieux de ce que nous avons à dire et de le dire
de manière crédible notamment dans le débat
public.
ER : Partant de la conviction que la Bible apporte toujours
des convictions des indications précieuses pour l'homme
de notre temps sur ces questions de pointe.
DR : L'homme est un tout. C'est la raison pour laquelle
nous intégrons régulièrement des facteurs
psychologiques, sociaux, médicaux, dans notre réflexion.
Mais il est évident que si cette réflexion n'est
pas fondée sur la Parole de Dieu, elle perd ses repères
essentiels. Les dérives que nous pouvons constater actuellement
dans certains milieux viennent certainement en bonne partie de
la perte de cette référence.
Les missions du CPDH : rebondir sur
l'actualité
ER : Précisez-nous les divers aspects du
ministère du CPDH.
DR : D'une part anticiper sur l'actualité, de façon
à pouvoir y réfléchir non pas tranquillement
mais en tout cas de manière sereine et de pouvoir aussi
réfléchir aux fondements que nous voulons poser.
Puis d'autre part, - c'est aussi une des spécificités
du CPDH -, de coller à l'actualité et de pouvoir
faire entendre un point de vue protestant évangélique
au cur de l'actualité.
ER : D'où la publication de vos bulletins mensuels ?
DR : Cela s'exprime davantage à travers nos communiqués
de presse, puisque nous avons mis en place un mode de fonctionnement
qui nous permet d'adresser un communiqué dans les 24/48 heures
par rapport à un fait d'actualité sur lequel il
nous semble que nous devons réagir à environ 200
médias nationaux et régionaux. Nous avons également
une « veille » sur l'actualité avec
des informations diffusées sur Internet au fur et à
mesure. À cela se rajoute le « CPDH Actualités »,
revue de presse mensuelle à laquelle on peut s'abonner
et que l'on peut recevoir par courrier ou par e-mail.
L'impact
ER : Est-ce que ces appels et ces prises de position
passent inaperçus ou atteignent leur but ? Sont-ils
relayés par les médias de nos jours ? Jusqu'ici,
on a peut-être l'impression, en tant que minorité,
de prêcher dans le désert ? On a du mal à
se faire entendre dans la jungle des médias et surtout
dans un second temps de peser dans les choix politiques de la
nation ? Bref, est-ce que la communication passe ?
DR : Il faut du temps pour se faire « repérer »
et encore plus pour se faire entendre ! D'autant plus que
nous avons été quasi absents de la scène
publique pendant des décennies. Aujourd'hui, nos communiqués
sont repris, y compris parfois par l'AFP, mais d'une manière
ponctuelle, en fonction du sujet. Le « politiquement
correct » fonctionne particulièrement bien
dans le monde des médias et à moins d'utiliser
la provocation comme le font certains lobbies, il n'est pas facile
de se faire entendre. En fait, nos positions sont rarement politiquement
correctes ! Mais notre souci de communiquer dans un langage
qui soit accessible et dégagé de "tout patois
de Canaan", et notre réaction rapide qui colle à
l'actualité, fait que nos prises de position et nos communiqués
peuvent néanmoins intéresser les journalistes honnêtes,
et il y en a encore, Dieu merci ! Mais nous ne « misons »
pas tout sur les médias. En effet, nous lançons
également régulièrement des actions d'interpellation
des élus Gouvernement, députés, sénateurs,
en encourageant et en donnant les moyens aux chrétiens
de le faire eux-mêmes. C'est beaucoup plus efficace !
Les politiques le savent : une personne qui réagit,
c'est 500 personnes qui pensent pareil. Ce n'est pas rien !

Le Congrès, évènement
majeur
ER : Et l'organisation d'un
Congrès Européen d'éthique en mai prochain
à Strasbourg est une sorte de consécration de votre
volonté de marquer les médias et l'opinion publique
sur ces questions.
DR : Nous avons toujours eu le souci d'une interpellation
qui s'adresse autant à l'Eglise qu'à la société.
C'est la raison pour laquelle nous préparons une Déclaration
finale, qui s'adressera d'une part aux chrétiens et aux
Eglises, ce qui est notre première « cible »,
et d'autre part aussi à la société. « En
Route » pourra certainement s'en faire l'écho.
ER : Et vos invités sont de tous les horizons
religieux et politiques ?
DR : Horizons religieux, certainement. Politiques, pas vraiment,
nous n'aimons pas les extrêmes, d'un côté
comme de l'autre !
Le choix de Strasbourg hautement symbolique
ER : Notons le choix de Strasbourg, capitale européenne
comme lieu du Congrès. Ce choix n'est pas anodin, quand
on sait que cette institution n'a pas prévu d'inclure
dans le préambule de sa nouvelle Constitution une référence
explicite à l'héritage judéo-chrétien.
C'est de la provoc de faire la séance inaugurale à
ce Colloque dans l'enceinte du Parlement Européen ?
DR : Le choix de tenir la séance inaugurale du Congrès
au Parlement Strasbourg est, avant toutes choses, symbolique
et aussi l'expression, justement, de notre souci d'utiliser les
moyens de communication actuels en phase avec la société
et donc de nous permettre d'aller à la rencontre des gens
et non pas d'attendre toujours qu'eux viennent à notre
rencontre.
Réflexions tous azimuts
ER : Si votre démarche est offensive, elle
n'en demeure pas moins respectueuse
DR : Respectueuse des personnes, certainement. Cela fait
partie du message de l'Évangile. Mais cela ne nous empêche
pas en effet de prendre position clairement sur des choix de
société ou des comportements qui sont des atteintes
à la dignité de l'homme créé à
l'image de Dieu.
ER : Sur trois jours, vous entendez couvrir tout le domaine
de l'éthique, cela représente un défi colossal ?
D'où ces questions :- le début et la fin de
vie, la question de l'avortement et de l'euthanasie, autant de
sujets sensibles, et aussi la part de l'héritage du judéo-christianisme
dans l'histoire européenne, la question du couple hétérosexuel
face aux doléances homosexuelles, l'évolution de
nos sociétés dites laïques, etc..
DR : Il est évident que nous ne ferons que survoler
ces grands thèmes. Ce sont des pistes de réflexion
que nous voulons proposer et qui devront se poursuivre. Mais
c'est vrai que nous relevons un défi relativement important.
Et les 30 orateurs qui se succéderont pendant ces trois
jours sont à la mesure du défi !
ER : En ateliers, les participants aux Colloque auront
également l'embarras du choix, preuve comme quoi l'éthique
recouvre énormément de domaines fondamentaux de
la vie courante et pose à chaque fois la question de la
place de l'homme dans la société.
L'éthique sociale est aussi
de mise
DR : Notre souci, en abordant ces questions d'éthique,
était de ne pas nous cantonner à l'éthique
sexuelle, mais de pouvoir aborder l'éthique dans toute
sa diversité. Il y a des domaines où nos milieux
protestants évangéliques francophones sont traditionnellement
pauvres dans leur réflexion et notre souhait est de pouvoir
encourager aussi la réflexion dans ces domaines moins
habituels pour nous mais tout aussi importants.
ER : Comme l'environnement et le développement
durable ?
DR : Par exemple
ER : Ou le rapport entre société riche
et pauvreté, ou la richesse dans notre société
ou la pauvreté
DR : Pas tant dans sa dimension sociale, qui n'est pas directement
dans notre créneau, et où d'autres sont plus à
même d'aborder de tels sujets, mais dans une réflexion
de fond sur des notions de partage, de confrontation à
l'échelle planétaire, même si nous voulons
l'aborder sous l'angle de notre responsabilité en tant
que pays européens francophones.
ER : Ce congrès a donc une dimension européenne.
Je relève la présence du responsable de l'Alliance
Evangélique européenne à ces travaux.
DR : En effet, en plus des Alliances évangéliques
de France, de Suisse romande et de Belgique francophone qui sont
partenaires, nous aurons également le plaisir d'avoir
le Secrétaire général de l'Alliance Evangélique
européenne pour la prédication du dimanche matin.
Ce sera une manière de manifester ce souci de réfléchir
ensemble au-delà de nos appartenances ecclésiales
et géographiques. Ces sujets ont depuis longtemps franchi
les frontières !
ER : Bon congrès, Daniel Rivaud !
Pour tout renseignement :
Congrès Européen d'éthique/CPDH
BP 261
F-67021 STRASBOURG Cedex 1
Tél. +33 (0) 3 88 79 41 20
Fax +33 (0) 3 88 39 13 23
Email : CongresEthique@aol.com
Site Internet : http ://www.cpdh.info
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