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N°10
Juin
2005
Editorial
Sommaire
Droit d'asile, droit bafoué ?
Etude biblique
L'accueil du réfugié
Emmanuel Briglia
Pasteur
Droit d'asile, droit bafoué ?
Du
répressif au respect
L’immigration face à
la loi en France - Entretien avec Michel Weckel, (Cimade —
Alsace)
La parole à
Vivian
Bénézet,
pasteur et responsable de l’Antenne de la Cimade dans les
Landes
De l’épreuve
de
l’exil,
Témoignage d’Edgar Zimambu
De coeur à coeur par Senadeta
Kulovac
Etre
immigré en
Algérie par Rose-May
Privet pasteure
La loi a
changé -
« Repères
statistiques » pour la France - Immigration en
général - Demande d’asile - Approche
sécuritaire et répressive - Des
« faux
déboutés » du droit
d’asile - Les
églises, sanctuaires des déboutés du
droit
d’asile - France - Canada - Grande Bretagne - Pour
aller
plus loin
Genève - En Souvenir de....
Munster - Que du bonheur sur cette
route
Le billet de notre évêque
- Mère et
fille en
dialogue
Le billet des jeunes - Bouge-toi pour
Douala !!!
Agenda
Vie de nos Eglises Echos du camp KT
(catéchumènes) 2005
Nouvelles de Kabylie
Communauté des sœurs de
Béthesda
Eglise de St Jean de
Valériscle
A vos Bibles - Mots croisés
Parabole - Entrée «
belle place» /
Entrée
« petite porte »
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N°10
Juin 2005
Bulletin
d'information francophone
de
l'Eglise
Evangélique Méthodiste
United Methodist Church (UMC)
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Droit
d'asile, droit bafoué?
Du vécu
Etre immigré en Algérie
Rose-May Privet
pasteure
Fin de l’année passée
et début de celle-ci, j’ai passé deux mois sur
Alger. « Alger la Blanche » m’a accueillie
avec toute sa pollution et sa poussière, mais aussi ses palmiers
verdoyants et ses agrumes juteux et sucrés à souhait.
Deux mois pour vivre à un autre rythme, celui des embouteillages
en voiture et celui des déplacements à pieds entre les
dites voitures qui n’avancent pas ! Deux mois aussi pour
être confrontée à d’autres
réalités… Et faire des rencontres riches en
humanité.
J’ai donc assumé le poste pastoral pour
l’église protestante d’Alger. Une église
multiculturelle : il y a des étudiants de toute
l’Afrique francophone et de Madagascar, il y a aussi des
diplomates en poste dans les ambassades de leur pays respectifs et il y
a d’autres migrants en route vers l’espoir d’un monde
meilleur.
C’est d’eux que je désire parler un peu. Certains
ont quitté leur pays poussés par leur famille avec la
lourde responsabilité de rapidement trouver une situation
ailleurs et de pourvoir aux besoins de tous ceux qui sont
restés. Ils ne pourront jamais rentrer chez eux, à moins
qu’ils puissent y revenir les poches pleines de cadeaux. Ils
n’ont pas le droit à l’échec et la honte de
ne pas bien réussir leur mission est souvent lourde à
porter. Lorsqu’ils écrivent chez eux, ils embellissent la
situation… Ils parleront de leur travail à la banque,
sans préciser qu’ils vident les poubelles et sont mal
traités par leurs employeurs. Ils sont à Alger comme
l’on est dans un port de départ : pas vraiment
installés et les yeux fixés sur la rive de l’autre
bord. D’autres ont quitté des pays en guerre ou en
situation de famine… Ils n’ont plus rien à perdre
et les images transmises par la télévision leur font
rêver de cette Europe et de cette Amérique où il
fait « si bon » vivre. Rien ne les
arrêtera… Comme Roland*, qui a déjà fait
à deux reprises de la prison sur Alger et qui a
été renvoyé dans son pays d’origine…
Et que l’on retrouve quelques mois plus tard à nouveau sur
Alger… Pourtant, personne ne quitte son pays le cœur
léger ; et s’il y avait la possibilité
d’y vivre décemment, ils y resteraient !
En tant qu’église, quelle est notre mission à leur
égard ? Comment les accueillir et leur redonner une
dignité ? C’est une question de cohérence avec
l’évangile que nous proclamons. Pour Dieu, il n’y a
pas de « laissé pour compte » : il a
donné la vie de son Fils par amour pour le monde entier !
Exploités chez eux ou exploités chez nous… Peut-on
laisser faire sans rien dire ? L’église qui vit de la
bénédiction de Dieu se doit de partager avec ceux qui
sont dans le besoin… Pas seulement pour avoir bonne
conscience ! Lutter contre la misère commence par des
gestes tout simples, comme ceux de refuser d’acheter des produits
pas chers fabriqués dans des conditions de travail inhumaines.
Lutter contre la misère commence par la prière… Et
Dieu lui-même guidera nos mains pour qu’elles se tendent
vers le prochain !
* Prénom fictif
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