Pensées en vrac d'une femme esseulée en
veine de présence et de relations qui en disent long sur sa
souffrance au quotidien et nous éveillent à la compassion.
Dur à vivre !
« Maman, papa, comme c’est dur d’être
seule à 42 ans ! »
« Mais tu n’es pas seule, tu as tant
d’amis »
« C’est vrai ! Tant d’amis, tant
d’adresses, tant de numéros de
téléphone… Et pourtant quand je rentre chez
moi… C’est la solitude ».
Le plus dur c’est après de belles vacances au bord de mer,
en bonne compagnie… Et quand je me retrouve dans mon
appartement… C’est le vide, le calme, parfois il fait
froid, le retour, c’est difficile.
Mal rongeur
Alors faut-il rester pour ne plus avoir besoin de
revenir chez soi ? Mais aller où ? Inviter ? Cela
coûte de l’argent, moi je suis seule à gérer
mon budget.
L’argent ! Ce mal qui nous ronge… Et si l’on
refaisait un monde sans or et sans fioriture ? Non !
C’est impossible, j’aime trop mon salon avec ses belles
lampes… Le matériel. Oui, quand on vit seule depuis des
années, on finit par se raccrocher à ce que l’on a
de solide : le matériel !
Ah ! Mais je pourrais passer mon temps à faire du
shopping… Seule ou avec une copine… Mais les copines
travaillent, la plupart ont un mari et des enfants… Moi…
Non !
Condition souhaitable ?
Suis-je différente d’une femme
accomplie ? Faut-il un homme dans sa vie pour être
femme ? Est-ce les enfants qui feraient de moi une femme ? Et
cela est-il nécessaire ?
Peut-être l’apôtre Paul avait-il raison dans 1
Corinthiens 7 de dire que je suis plus heureuse seule ? Peut-on
vraiment être heureuse seule ?
Besoin de présence
« Moi, j’ai la présence de Dieu, je lui parle
chez moi, je ne me sens pas seule ! »
« Tu as bien de la chance, parce que moi j’ai
l’impression de parler seule, j’ai besoin d’une
présence humaine ».
« Achète un chien ! »
« Je n’aime pas l’odeur des animaux
domestiques »
« Tu peux partir en vacances »
« Oui mais où aller, seule ? »
« Viendras-tu à Landersen cette année avec les
personnes âgées ? »
« Non, je prends mes vacances en juillet »
Pas si simple la liberté de décider seule.
Marie m’a téléphoné, elle va se marier,
quelle chance !
Les autres sont-ils supérieurs, parce qu’ils sont à
deux ? Ont-ils quelque chose de plus ? Suis-je incapable
d’aimer ? Suis-je trop égoïste ? Trop
égocentrique ? Pourquoi pas moi ?
Ah ! La vie à deux, à trois… Que cela
change-t-il ? Rien !
A vrai dire la vie heureuse c’est d’avoir la sagesse et
l’intelligence. C’est Dieu qui l’a dit. Je peux lire
ma Bible, prier, mais là encore parfois j’aurais besoin
d’une personne avec qui partager. Avoir l’avis de
l’autre, une voisine, un membre de la famille, une connaissance.
Pourvu qu’il y ait quelqu’un là, maintenant.
Personne à prendre dans les bras à part une vieille dame
éplorée ou ma mère.
Cela manque : l’affection, le contact d’un ou une amie
à mes côtés… Alors je rêve… Au
prince ou à la princesse… Celui ou celle qui pourra venir
à mon aide…
Besoin
criant de relations
En résumé si j’écris ces quelques lignes
c’est pour souligner combien la vie est dure quand on a tout sauf
de la compagnie. C’est si pénible le temps
esseulée, bien sûr tranquille mais si vide de
présence.
Certains verront ici un manque de foi, je devrais trouver la
présence de Dieu, de Jésus, du Saint-Esprit. C’est
lui le maître de mes décisions, je lui demande conseil et
il me répond… Mais je reste seule.
Besoin de Dieu
La souffrance du vide, du manque d’un être humain à
mes côtés est indescriptible. C’est peut-être
celle du Christ lui-même sur la croix. Ma croix c’est de
porter cet espace de vie inoccupée. Je sais, je dois me
contenter de ce que j’ai, croire que le Seigneur a un plan de
bonheur pour ses enfants. Alors l’espoir est là,
l’espoir d’un jour plus beau, d’un avenir meilleur.
Celui aussi de savoir que Dieu sait, qu’il m’aime,
qu’il est là.