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Jusquici, nous avons vécu comme si les cultures, par exemple la culture islamique et la culture chrétienne, devaient être clairement délimitées les unes par rapport aux autres. Nous refoulons le fait que dans de nombreux pays européens, la Suisse comprise, la culture islamique et la culture chrétienne se chevauchent depuis passablement de temps. Cest ainsi que de nombreux musulmans vivent parmi nous. Lhistoire pourrait nous apprendre que ce que nous refoulons finit tôt ou tard par nous rattraper. Des excroissances et des réactions inattendues apparaissent alors et signalent que nous avons négligé de prendre en compte lexistence dautres cultures.
Sy ajoute le fait que dans notre société, nous avons repoussé le religieux dans le domaine privé. Cest pourquoi, dans le domaine public, nous ne savons plus comment traiter ce qui pour les autres est « sacré ». À cet égard, les politiciens comme les gens des médias ont un problème. On la bien vu dans le cas de la récente « querelle des caricatures » ! Lorsque nous bafouons ce qui est sacré pour dautres, cela empoisonne la cohabitation.
Exclure lautre culture ne nous aide pas non plus. Nous avons à vivre et parler ensemble. Nous devons apprendre à respecter ce qui pour les autres est sacré et à nous tenir aux règles du jeu qui nous aident à vivre ensemble dans le village global.
Ceux, notamment, qui entendent témoigner de leur propre foi au sein de lautre culture, devraient sinspirer du commandement damour quant à leur relation avec une autre culture ou une autre religion. « Lamour ne fait rien dinconvenant ». (1Co 13.5)
Heinrich Bolleter
Evêque de lEEM pour lEurope centrale et méridionale
Traduction : Frédy Schmid
Source : Kirche + Welt, n° 4, 23 février 2006
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