Page d'accueil


N°20

Mai 2006

Sommaire

Editorial

Méditation Attendre la promesse du Père (Ac 1.4) par le pasteur Pierre Geiser

Le billet à Théophile « A propos d’encriers gelés et desséchés » par le pasteur Samuel Lauber

Droit de citer Hors-Série N°81 Prier & ACAT-France — La force de la prière - Le Da Vinci code et Jésus : les questions posées de Philippe Joret - Premier bilan annuel des persécutions antichrétiennes — Rapport 2005 de Thomas Grimaux - Tous Disciples : Plaidoyer pour l’Eglise de John H. Oak

Assemblée Générale de l’Union de l’Eglise Evangélique Méthodiste de France (UEEMF) « Carnet de route — L’appel du sud » par Luc Brinkert - Echos d'Anduze

Invitation à tous à la Conférence Annuelle de l’Eglise Evangélique Méthodiste Suisse/France du 15 au 18 juin 2006 à Winterthur

Le billet de notre évêque Heinrich Bolleter « Où en es-tu par rapport à la religion ?»

Connexio « Foire aux questions (FAQ) » par le pasteur Etienne Rudolph

Bloguez livres - Surfez libres - In memoriam + Claire-Lise Bragouse

Le billet diaconal « Quand Bethesda vient vous soigner à domicile » par le pasteur Michel Weyer

Mots croisés « La grille du mois » par JP Waechter

La force de la prière


contact

Bulletin d'information francophone
de l'Eglise Evangélique Méthodiste
(EEM)

Union de l'Eglise Evangélique Méthodiste de France (UEEMF)
 United Methodist Church (UMC)

N°20 MAI 2006
Le billet à Théophile - A propos d'encriers gelés et desséchés - pasteur Samuel Lauber

  • Excellent Théophile,
    Depuis quelque temps, je garde sur mon bureau un encrier dont le contenu demeure stable, puisque je délaisse la plume à encre et utilise un bic ou l’un de ses dérivés. J’avoue que j’écris avec un certain plaisir, d’autant plus que je découvre les caprices de la machine moderne que nous appelons ‘ordinateur'. Par rapport à l’écriture à la main qui exige tout un exercice pour effacer les fautes, la modernité de l’ordinateur permet très facilement la correction des fautes – je dirais que cette correction est trop facile avec un logiciel adapté faisant apparaître les fautes d’orthographe et même de syntaxe. Seulement il faut bien le remarquer, même l’imprimante, rattachée à l’ordinateur, demande de l’encre – hélas ; les encriers se vident autant que ceux des stylos à encre noire ou bleue.
    Sans encrier, c’est-à-dire sans encre, il n’y a pas d’écriture !
    Plaisir de l’écriture
    Comme bien des personnes, comme toi, excellent Théophile, j’écris des lettres aux amis et aux connaissances, j’en adresse aux responsables de la vie civile, aux personnalités ecclésiales, et je m’abstiens de m’adresser aux ‘officiels’.
    Je fais l’heureuse expérience que bon nombre de nos amis et connaissances répondent à nos missives et partagent avec nous des expériences vécues. Il faut dire que le courriel est pour nous un précieux moyen de contact. Il se propage de plus en plus. J’apprends avec un certain étonnement, car je suis de la vieille école comme on dit, que même les demandes d’emploi se font par courrier électronique. Nombreux sont-ils et sont – elles qui attendent une réponse affirmative suivie d’un dialogue et d’un emploi.
    Correspondance gelée
    Je constate avec une inquiétude grandissante que bien des lettres restent sans réponses. Elles disparaissant dans le néant d’une corbeille à papier. J’ai l’impression que chez bon nombre de personnes, l’encrier est gelé ou desséché, « on » ne dispose pas d’encre. Je ne chercherais pas à analyser les causes du silence, entre autre une absence de liaison entre le cerveau et la main, une inertie de la mémoire. Je dirais même que je crains ici et là un mépris de la personne.
    Signe de mépris ?
    Force m’est de constater que l’absence de réponse est souvent cause d’amertumes qui se gravent profondément dans la mémoire. Les auteurs d’une missive, restant donc sans réponse, se posent alors des questions, quant à leur valeur humaine ou de leur capacité ; certains doutent de leur dignité dont on parle ici et là dans les églises évangéliques.
    N’obtenant pas de réponse, les uns et les autres portent en conséquence une charge lourde à travers les années. Par la suite, certain (e) s se retirent dans leur petit cercle de vie et se carapatent. D’autres se marginalisent par rapport à la communauté chrétienne et s’isolent dans leur désolation.
    Plaidoyer pour une correspondance suivie
    Je sais bien que nous ne répondrons pas toujours avec aisance à une lettre. Ce qu’une personne proche m’a dit un jour est vrai : « Je me sais plus à l’aise dans les travaux manuels qu’à l’écriture. Rédiger une lettre me demande un effort qui souvent est plus pénible que bêcher le jardin ». Il est certain que les dons sont différents, mais le respect de la personne au nom du Christ Jésus fait partie de notre vie de disciple.
    Je plaide donc la réponse à une lettre, à une demande ou à une proposition qui nous parviennent. Un simple accusé de réception sera toujours un signe de respect, de vie. Je dirais pour nous chrétiens qu’elle est une marque de la vie nouvelle que nous vivons avec et par le Christ Jésus. En répondant à une lettre, nous manifestons modestement et concrètement le respect de ce prochain qui s’est adressé à nous.
    Théophile, je ne veux « mélanger » réponse de Dieu et réponse des hommes. Je reste consciemment dans nos relations humaines qui sont terrestres. Je demeure dans le quotidien de nos jours et de nos semaines. Quel privilège pour nous de concrétiser l’amour de Dieu auprès du prochain en utilisant l’encrier qui nous est confié, en répondant à la demande, en encourageant par notre écriture comme en couchant nos pensées et propositions sur une feuille de papier – à l’adresse de celui ou celle qui nous fait confiance en nous écrivant.
    Je t’encourage à prendre la plume ou de te mettre au clavier – avive le don que le Créateur t’accorde autant que possible. Bien cordialement, Samuel Lauber.

Théophile (332 ko)