Retour sur une polémique posant la question de la légitimité de certaines recherches médicales. La recherche, oui, mais pas à nimporte quel prix !
Vive la solidarité !
Depuis des années, le Téléthon mobilise à juste titre limmense générosité de nos compatriotes et redynamise le soutien et lespoir de très nombreuses familles touchées de près ou de loin par la myopathie ou des maladies orphelines.
Halte à larbitraire
Les fonds recueillis chaque année permettent de développer divers programmes de recherche et nourrissent lespoir de faire reculer chaque année un peu plus ces maladies invalidantes à lextrême. Et parce quun de ces programmes mise sur lutilisation de cellules souches extraites dembryons surnuméraires obtenus après fécondation in vitro, il y a eu une levée de boucliers. Depuis Toulon se sont fait entendre des voix contestant ces recherches partant du principe que lembryon nétait pas un matériau comme les autres mais de lhumain en puissance à respecter à tout prix. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon la rappelé : « pour nous, lembryon humain nest pas une chose. Un embryon, on ne peut pas le produire, on ne peut pas le détruire, on ne peut pas lutiliser, on ne peut pas le trier, non, non, et non ! Car cest une nouvelle forme inacceptable du pouvoir de lhomme sur lhomme ».
Danger de linstrumentalisation du vivant
Si le président de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur Jean-Arnold de Clermont, estime cette polémique éthique comme « nayant pas lieu dêtre » dans cette grande messe médiatique de la solidarité, il met néanmoins en garde contre le risque dinstrumentalisation de lembryon et du vivant encouru par la fabrication en trop grand nombre dembryons surnuméraires, dérive véritablement utilitariste et scandaleuse.
Comme le pasteur de Clermont, larchevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, dénonce un système généralisant linstrumentalisation médicale. Lutilisation dembryons existants pour la recherche est déjà une forme dinstrumentalisation de lêtre humain, car lembryon nest pas un simple amas de cellules mais une personne humaine potentielle. Autorisée par la loi de bioéthique de 2004, ce type de recherche est peut-être légal mais il est loin dêtre moral. « Ce nest pas parce que cest légal que cest moral », fait remarquer larchevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin.
Oui pour les dons dans le respect de la vie
Pour sa part, le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH) a demandé dans un communiqué que les dons soient orientés « vers des pratiques respectueuses de la vie et de la dignité humaine », car « les risques de dérives eugénistes liées au DPI (diagnostic préimplantatoire) et la mort des embryons due à lexpérimentation ternissent inutilement la portée de cette belle action de générosité que constitue le Téléthon. La dignité dune société ne peut-elle pas aussi se mesurer dans sa capacité à accueillir plus quà éliminer celui qui est différent, quil soit handicapé ou plus fragile ? »
Balises de vie
Les évolutions de la science et de la médecine vont sûrement redonner aux responsables du CPDH de redire leurs convictions et la noblesse de leur combat au nom de leur conception de la dignité humaine.
Les actes du colloque 2006 à Strasbourg parus aux Éditions Emmaüs offrent dores et déjà un échantillonnage de ses positions et de ses réflexions sur les sujets chauds de notre nouveau millénaire, en matière déthique, décologie et de morale politique (sur lusage des embryons par la recherche médicale, reportez-vous aux extraits ci-joint). Cet ouvrage de qualité rappelle et actualise les repères que pose lÉcriture Sainte. Et Dieu sait que nous avons besoin de balises sûres pour nous frayer une voie et une vie qui vaille la peine. Pour grandir en discernement, rien ne vaut la lecture de cet ouvrage phare aux multiples intervenants compétents.
Ainsi « nous nous efforcerons de convaincre de la valeur et de la pertinence des repères que nous donne lÉcriture. Ce ne sont pas des entraves arbitraires, mais des balises qui nous tracent un chemin de vie, de liberté et de justice ».