Tafadzwa Mudambanuki, des USA, est en visite chez nous. Il représente la Commission pour la communication de la Conférence générale. En compagnie de Barbara Nissen, il visite notre Conférence centrale pour se faire une idée du travail médiatique de lEEM en Europe centrale et méridionale.
Au cours du dîner, il me demande pourquoi en Europe lÉglise enregistre une si forte diminution de ses membres. Je lui parle des différences entre lEurope de lEst et de lOuest, de leffet des Églises nationales, de linfluence de la sécularisation. Partant de quelques exemples, je lui décris combien la foi chrétienne est devenue une affaire privée dont on ne parle pas en public.
Tafadzwa rétorque que pour lui, il va évidemment de soi de parler aux autres de sa foi en Jésus Christ et de les inviter à suivre Jésus. Il est originaire du Zimbabwe et vit aux USA depuis le temps où il y a étudié. Dans les deux cultures, il est normal de parler de Dieu en public. Pas chez nous, lui dis-je, car même des chrétiens engagés, du moins en Europe de lOuest, souffrent de perte de parole. Personnellement, au fond deux-mêmes, ils croient au Christ, mais ils ne trouvent plus les mots pour communiquer aux autres comment ils vivent leur foi en Christ.
En rentrant à la maison, je réfléchis à cet entretien et en même temps à la difficulté de trouver un langage de la foi face à des non-chrétiens. Cela commence souvent par un balbutiement et qui aime balbutier ? Mais vaut-il vraiment mieux se taire et attendre dêtre, une fois, peut-être, interrogé mais, parce que le vis-à-vis a la même retenue, de nêtre, peut-être, jamais interrogé ?
Patrick Streiff, évêque
Traduction Frédy Schmid