Un lépreux sapproche de Jésus
Déjà le mouvement est osé de sapprocher ainsi de quelquun de sain. Selon la loi hébraïque, un malade de la lèpre ne pouvait pas vivre avec les autres membres du peuple. Cette exclusion était à la fois sociale et religieuse !
Volonté de guérir
Lhomme malade nétait cependant pas encore tombé dans le désespoir le plus total : Si tu le veux, tu peux me rendre pur, certain que Jésus veut sa guérison, quil en a le pouvoir comme il la fait pour dautres malades. Cet homme était dans le vrai : la volonté de Jésus est pleine de compassion, damitié, de miséricorde, elle est en faveur tout particulièrement de ceux qui souffrent le plus. Cest pourquoi Jésus nhésite pas à lui répondre : Je le veux, sois pur. Cette volonté de Jésus ne le guérit pas seulement, elle le réhabilite dans sa dignité dêtre humain capable davoir des relations sociales autrement quà distance en agitant une clochette pour prévenir quil arrivait. Et Jésus désire effectivement le réincorporer dans la vie sociale et cultuelle dIsraël, cest pour cela quil lenvoie se présenter aux sacrificateurs. Eux seuls ont ce pouvoir de déclarer la guérison après examen minutieux.
Un geste touchant
Détail important au verset 41 : Jésus a touché cet homme lépreux. Cest un geste radical. Aucun juif de cette époque ne pouvait imaginer faire consciemment un tel geste. Toucher un lépreux, cétait quasiment le devenir soi-même. Tout au moins, cela faisait retomber sur celui qui touchait le lépreux une situation dimpureté rituelle et pour laquelle il fallait tout un cérémoniel pour redevenir soi-même rituellement pur. Jésus a probablement connu ce processus et peut-être même un temps dexclusion selon ce qui est dit au verset 46 : Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville. Il se tenait dehors, dans les lieux déserts. Nous avons lhabitude de lire et dinterpréter ce texte uniquement par la réputation que lui a faite lhomme guéri. Certes, lhomme a raconté ce que Jésus avait fait, cela aurait peut-être provoqué des tumultes dans les villes et villages. Cependant, nous ne pouvons pas ignorer que, pour un temps, aux yeux de ses contemporains, Jésus a été impur ou du moins réputé tel selon la loi.
Notre relation aux exclus
Qui sont les exclus daujourdhui ? Dans notre société dite « socialement avancée », des personnes se retrouvent seules, sans compagnie, sans estime et sans soutien. Personnes âgées, jeunes, malades, marginaux, en résumé des personnes trop différentes dun corps social donné. Ne les traitons-nous pas parfois comme si elles étaient des lépreux « sociaux », cest-à-dire exclues et rejetées de notre milieu ?
Le risque de la relation
Seuls les chrétiens « radicaux » seront capables, comme Jésus, de les libérer, en partageant avec elles un instant déchange et les aider ainsi à retrouver leur dignité dêtre humain ? Oserons-nous les toucher, cest-à-dire sommes-nous prêts à être à notre tour peut-être exclus pour un temps, parce que nous avons fréquenté ces personnes-là ?
Notre vocation
Face à toutes les exclusions et ségrégations de notre époque, nous avons une responsabilité et un devoir en tant que communauté de croyants : il nous appartient de marcher sur les traces du Seigneur dans sa générosité, son courage, sa ferme intention et volonté de récupérer pour tous les êtres humains sans distinctions, leur dignité et leur faire découvrir Dieu en Jésus-Christ qui nexclut pas, qui accepte chaque personne, au-delà de toute barrière. Les exclus ne sont pas toujours ceux et celles qui fréquentent le Secours Catholique ou lArmée du Salut, dautres exclusions plus discrètes existent et qui pourtant créent autant de souffrance. Autour de nous, parmi nous se trouvent des personnes qui souffrent et qui vivent ce rejet alors même quelles ont lair dêtre intégrées dans notre système
Saurons-nous les voir, les approcher, leur proposer notre soutien, les accompagner, les aider et les remettre à Christ en les lui amenant ?