COHABITATION DE DIFFERENTES CULTURES


« Un corps  – Vraiment ?»

Patrick Streiff, évêque

En 2010, les Églises européennes vont mettre l’accent sur le thème de la migration. Pour nous, c’est un thème particulièrement important parce qu’il y a tellement plus de méthodistes à l’extérieur de l’Europe qu’à l’intérieur de celle-ci. Quand des gens venant de pays et de cultures étrangères arrivent chez nous, ils ont fort probablement connu l’Église méthodiste dans leurs pays et maintenant, ils cherchent ici, parfois comme une aiguille dans une botte de foin, une communauté méthodiste. Nombre de nos églises ont accueilli de tels «étrangers» et en ont été enrichies.

Mais des cultures différentes, cela se trouve aussi en Europe. J’en fais toujours à nouveau l’expérience très concrète lors de mes voyages dans le diocèse. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’être un moment surpris quand, en Bulgarie, les gens me disent 'oui' et secouent la tête de gauche à droite ou alors disent 'non', alors qu’ils hochent affirmativement la tête. Jusqu’à ce que je me rappelle qu’ici les gestes sont à l’inverse de chez nous. Le langage du corps n’est vraiment pas toujours une aide quand on ne comprend pas une langue étrangère.

Quand j’étais enfant, je m’étonnais de voir des gens partir en vacances en Italie ou en Espagne. Les travailleurs italiens étaient déjà ressentis comme étant très 'différents'. Aujourd’hui, on a pris une certaine distance par rapport aux frontières et à l’altérité. Nous ne sommes pas encore un village global, mais le mélange des pays d’origine, des cultures et des mœurs a bien progressé. Les restaurants offrant la cuisine de pays étrangers en sont un bon indicateur.

Et pourtant : ceux qui vivent les uns près des autres remarquent qu’il y a encore de profondes différences bien enracinées. Bien des couples mixtes y sont confrontés quand la première fascination sur l’altérité du partenaire s’estompe. Et bien des paroisses de chez nous, chez lesquelles les migrants sont si nombreux qu’ils forment leur propre communauté, font l’expérience au fil de leur cohabitation que nos conceptions respectives de la propreté, du volume sonore, etc. sont nettement différentes. La vie en commun en devient plus exigeante.

En même temps, nous avons, en tant que chrétiens, une base commune en Christ qui surmonte toutes les barrières : «Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ» (Gal 3.28). C’est un encouragement à découvrir l’unité dans une diversité enrichissante et en même temps un défi à vivre cette unité au quotidien. Je me réjouis du mouvement que cela apporte dans nos églises.

Patrick Streiff, évêque

Traduction : Frédy Schmid

Calendrier pour novembre : 1-12 : Conseil des évêques, Connectional Table et Groupe d’études pour l’Église mondiale, Lake Junaluska, USA ; 29.11-3.12 : Rencontre des cabinets des Conférences centrales d’Allemagne et de l’Europe du Centre et du Sud à Interlaken.

Le billet de l'évêque

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