FAISONS CONNAISSANCE !

Interview de Marc Berger, président de l’UEEMF, recueillie par JP Waechter, En route

En route (ER) : Comment vis-tu ton élection à l’unanimité à la tête de l’Union ?
Marc Berger (MB) : Pour moi c'est avant tout un service dans l’Église. L'ampleur de la tâche et la disponibilité qu'elle me semblait exiger ont de quoi faire peur. De différentes manières dans mes lectures bibliques des semaines précédentes les affirmations « ne vous effrayez pas » et « Dieu pourvoira » se sont imposées et m'ont amené à accepter cette tâche.

ER : Au moins deux chantiers prioritaires se présentent à l’Union dans l’immédiat, la gestion du bâtiment de Saint-Jean de Valériscle et la question de la double appartenance (FPF/CNEF) ? Comment abordes-tu ces deux chantiers ?

MB : Prioritaires et délicats ! Il faudra que nous arrivions à mener ces deux chantiers de taille sereinement et efficacement, décider sans nous diviser.
A Saint-Jean, c'est un formidable projet diaconal : l'amour que nous recevons de Dieu mis au service de ceux que nous côtoyons. Les actions marquent plus que de longs discours et ce projet est une occasion de porter la Parole dans cette région ; il nous faut réussir.
C'est un projet de taille : réhabiliter et adapter des locaux anciens et simultanément mettre en place la structure qui va les occuper est loin d'être facile. Notre dernière Assemblée Générale à décidé le transfert du bâtiment à l'Association « Activités chrétiennes » pour résoudre les problèmes liés à l'activité « cultuelle » de l'UEEMF, ce qui devrait nous permettre d'avancer sur ce dossier. Ceci dit, il va falloir accélérer pour rester crédibles aux yeux des administrations qui devront valider le dossier de la structure d'accueil portée par l'Association « Regain ».
L'éventuelle adhésion à la Fédération Protestante de France est d'un autre ordre. C'est une question de positionnement, de repère et de représentation. La demande semble forte de la part d'une partie des églises pour cette adhésion. La création du CNEF ce 15 juin devrait être une évolution marquante dans le paysage évangélique français. Des églises membres du réseau FEF et de la FPF seront parmi ses membres. Nous pourrons dans les prochains mois en voir les premiers impacts.
Comme il s'y est engagé devant l'Assemblée Générale, le Comité Directeur va travailler sur ce sujet pour que l'année prochaine nous puissions prendre une décision qui - quelle qu'elle soit - puisse être admise par chacun. Nous travaillerons pour mettre à la disposition des églises locales au plus tard en novembre un dossier argumenté et documenté sur le sujet pour laisser à tous le temps nécessaire pour que la décision de l'AG puisse être prise dans de bonnes conditions. En Route pourra probablement se faire l'écho de cette réflexion.

ER : Comme comptable, tu établis les salaires pastoraux tous les mois et de plus tu es chargé du passage des pasteurs à la CAVIMAC et à une assurance complémentaire privée. Tu suis avec amour les pasteurs. Qu’aimerais-tu leur dire au moment où tu prends tes fonctions ?
MB : La concrétisation de cette réflexion sur leur protection sociale liée à l'affiliation à la CAVIMAC (Caisse d'Assurance Vieillesse, Invalidité et Maladie des Cultes) nous permettra d'améliorer leur protection sociale et leur future retraite. Même si à moyen terme cela pourrait nous amener quelques économies, il ne saurait être question d'équilibrer le budget au détriment des pasteurs.

Certes, le ministère pastoral est un engagement particulier au service de Dieu mais les églises - et en particulier leurs responsables - doivent veiller à ce que les pasteur(e)s ne soient pas écrasés par les attentes des hommes. Tous les chrétiens sont appelés au service de Dieu et nous peinons souvent à mobiliser dans nos églises. Ne demandons pas au pasteur de compenser les engagements que nous (les membres) ne voulons pas prendre !

ER : Ton prédécesseur, le pasteur Bernard Lehmann, a lancé le Projet VIE (Vision, implantation d’Églises). L’Union l’a adopté. Quelle sera la prochaine étape à tes yeux ?
MB : Nous devons arriver à traduire ce projet en démarches concrètes. Des actions ont déjà été entreprises par certaines églises, nous pouvons profiter des expériences réussies pour motiver d'autres à se lancer. L'un des intérêts du Projet VIE est la possibilité de travailler ensemble au niveau de l'Union sur des actions locales. On pourrait aussi imaginer que cela nous permette de mettre en place une réflexion à l'échelle locale avec le support de l'Union, pour aider chacun à découvrir « son » Projet VIE.
Mais cela nécessite aussi des moyens, avant tout humain, qu'il nous faudra trouver. Mais où ? Qui est prêt à se lancer dans ce défi ?

ER : Ton message aux églises, membres et amis, à l’heure où tu prends tes fonctions ?
MB : Nous ne sommes pas très nombreux, certaines églises vivent des difficultés. C'est vrai ! Mais je suis convaincu que si nous réapprenons à vivre l'Union de l'Église (au singulier !) Évangélique Méthodiste, sans nous méfier les uns des autres, sans voir dans les structures un « machin » destiné à contrôler les églises locales mais en nous engageant ensemble dans notre mission commune « amener des femmes et des hommes à devenir disciples de Christ », nous verrons de grandes choses se réaliser. Nous pouvons apprendre les uns des autres, nous soutenir dans la prière et pratiquement, partager nos joies et nos peines, nous motivant ou nous encourageant. Nous avons plus à gagner à nous ouvrir les uns aux autres qu'à nous recroqueviller sur nous-mêmes.

ER : Comment un homme aussi impliqué que toi dans l’église (en prime président du conseil de l’église de Munster) et les œuvres (Landersen) conjugue-t-il vie publique et vie privée ? Dis un mot sur ta vie de famille, tes loisirs, tes hobbies ?
Il ne faudrait pas oublier non plus que je suis directeur administratif et financier d'une entreprise d'une quarantaine de personnes, ce qui occupe aussi pas mal !
Acceptant la présidence de l'Union, il me semblait nécessaire de me dégager de quelques unes de mes autres responsabilités. J'ai donc démissionné du CA de Landersen où j'étais trésorier. Avec mon épouse Magali et le Conseil de l'église de Munster, nous avons convenu que je resterai encore un temps président du Conseil de l'église de Munster pour évaluer comment cela est compatible avec la charge de travail du président de l'Union.
Avec le temps, j'ai découvert que ces engagements ne sont pas individuels mais impliquent directement ou indirectement la famille.

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