VIVE LE BREAK !

Daniel Nussbaumer

Pasteur

Le surintendant Daniel Nussbaumer est arrivé à la fin de son mandat de surintendant et s’accorde un trimestre de répit et de repos. Il nous livre en avant-première ses réflexions sur ce temps privilégié de ressourcement qui l’attend au Canada. Nos prières l’accompagnent, lui et Jane-Marie, son épouse. Bonnes vacances, mon frère, ma sœur !

Lâcher prise

Lorsque vous lirez ces lignes, mon épouse et moi-même serons sous d’autres cieux avec de nouveaux horizons et une grande distance entre notre lieu de vie habituel et celui où nous nous trouvons. C’est un temps pour déposer, lâcher prise.

N’est-ce pas l’Ecclésiaste qui disait : « Il y a un temps pour tout, un temps pour toutes choses sous les cieux : un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté… Un temps pour garder et un temps pour jeter ; un temps pour se taire et un temps et un temps pour parler… » ? Pour nous, le temps de nous taire est venu : nous vivons une « retraite » dans le silence, la contemplation, l’introspection.

Coupure nette

C’est une bonne chose de vivre une coupure avec le temps où l’investissement a été intense. Huit ans de surintendance, de visites dans les églises, aux quatre coins de l’hexagone, en Suisse romande, en Belgique, l’engagement en Algérie… C’était quelquefois une course sans relâche ! Alors oui, il est bon de pouvoir poser les valises, s’arrêter et vivre ce temps sabbatique offert par l’Église à la fin de la période de surintendance. Laisser aller encore un peu la machine pour qu’elle s’arrête… Avant de la remettre en route dans l’autre sens, pour de nouvelles tâches, de nouveaux défis.

Rencontres

L’apaisement va peu à peu s’installer par le fait de vivre ce temps sabbatique de l’autre côté de l’océan, au Canada. Nous allons visiter un beau et grand pays, vivre dans la nature et les vastes espaces qu’offre cette région du monde, mais aussi rencontrer de nouvelles personnes et fréquenter différentes communautés religieuses et humaines (catholique, philosophique, A Rocha…).

Tourner la page

Bien sûr, je me réjouis d’être à la fin de ce mandat de surintendant ; je me réjouis de vivre ce temps sabbatique de 3 mois, de m’adonner à ma passion ornithologique, de ne plus devoir voyager en train, en voiture ou en avion à travers l’Europe. Mais je suis surtout heureux de pouvoir déposer ce qui a représenté pour moi le plus grand défi comme les plus grandes tensions, gérer – ou justement ne pas pouvoir gérer – des conflits dans les relations interpersonnelles, que j’en sois partie prenante ou non.

Avant de nouveaux défis

Le temps du lâcher prise est venu. Y parviendrai-je ? L’autre jour quelqu’un me faisait remarquer qu’il est facile de décider, de donner des ordres. Lorsque les rôles s’inversent et qu’on se retrouve dans le rôle de celui qui doit demander et être dépendant des informations qui vous parviendront… Peut-être, cela nécessite de nouvelles perspectives, une nouvelle disponibilité et nous remet une fois de plus à l’école pour apprendre.

Lorsque nous reviendrons, c’est à Mulhouse que nous déposerons nos valises et nos meubles. C’est là que nous allons cheminer les prochaines années avec les jeunes et les moins jeunes, des personnes que nous connaissons et d’autres qui viendront enrichir notre expérience de vie. Beaucoup me posent la question si je me réjouis pour cela. Il y a encore quelques mois en arrière, je ne savais pas comment cela serait possible et si c’était réellement mon chemin ; aujourd’hui c’est avec un oui vrai et joyeux que j’entrevois ce nouvel engagement et service. Le lâcher prise a déjà commencé. Et quand j’entrevois toutes les possibilités d’action, de soutien et d’écoute, j’ai l’impression que la machine n’attendra pas longtemps pour tourner à nouveau pleinement et se lancer vers de nouveaux horizons.

Le billet d'humeur

Toute remarque et tout courrier à propos d'EN ROUTE sont à adresser à En route - Tous droits réservés © UEEMF 2014