CARREFOUR DES FEMMES : Retraite au Waldeeg


22 au 25 octobre 2010

Écouter Dieu dans le silence !

Pascale Bittner

Du 22 au 25 octobre 2010, avait lieu au Waldegg près de Bâle, une retraite de femmes méthodistes sur le thème « Écouter Dieu dans le silence ». Pascale Bittner (Metz) rend compte de l’événement.

Nous étions 48 femmes très motivées pour participer à ce temps privilégié à l’écart des bruits du quotidien. Venues de 13 pays différents, nous avions toutes soif d’entendre ce qui serait dit sur ce sujet et surtout d’entendre ce que Dieu lui-même avait à nous dire.

Accueil mémorable

Dès notre arrivée, nous avons été accueillies par Ursula notre coordinatrice qui avait tout prévu pour notre confort. Malgré la promiscuité d’un dortoir de quatre lits, nous les « Françaises » dispersées du grand Nord-est au grand Sud-Ouest, en passant par l’Alsace nous étions heureuses de pouvoir vivre ce temps ensemble. Rachel Lee était venue de Fleurance, Brigitte Hetsch de Munster, Evelyne Marques notre traductrice1 de Colmar et moi-même de Metz. Mais nous n’étions pas les seules francophones : avec nos sœurs d’Algérie nous avons passé de bons moments d’échange, de rire et -plus difficiles pour des femmes, paraît-il de silence !!! 

Priorité à l’écoute

Lors de notre première soirée, nous avons pu identifier ce qui entrave l’écoute, notamment tous les bruits parasites du quotidien et surtout notre « radio » intérieure qu’il nous est parfois bien difficile d’éteindre. Le silence n’a pas été défini comme une absence de bruit, mais comme un temps de « repos », où l’on compte sur Dieu et non sur nos propres performances. C’est la relation à Dieu qui était mise en avant : il ne s’agit pas de se vider de tout, mais de laisser à Dieu la première place. Mais identifier la voix de Dieu est aussi un apprentissage, Elie, par exemple, a dû faire tout un cheminement dans le désert pour découvrir que la voix de Dieu est tout autre chose qu’une manifestation impressionnante mais un souffle doux et léger (1R 19). Nous avons pourtant absolument besoin de ces temps de répit pour reprendre des forces spirituelles. Il faut accepter de ne plus « faire » ou « avoir » mais simplement « être ».

Renouvellement de l’alliance

Le lendemain, notre évêque, Patrick Streiff, nous a commenté la prière de renouvellement de l’alliance que l’Église Méthodiste propose en début d’année et qui, selon lui, peut nous aider à l’écoute de Dieu. Cette charte méthodiste met en effet l’accent sur « l’être » et non sur le « paraître »2. Il nous a aussi parlé « à cœur ouvert » de son ministère et des moyens qui lui permettent de rester à l’écoute de Dieu et des autres.

Approcher Dieu

L’après-midi notre conférencière, Susanna Oppliger, qui donne régulièrement des séminaires de ressourcement spirituel, a pris la relève pour développer le thème. D’emblée, elle s’est présentée en tant que femme, épouse et mère. Cela nous a permis de ne pas rester à la surface des choses, aux théories sur l’écoute de Dieu mais à découvrir des « techniques pratiques » pour faire des pauses dans notre quotidien souvent mouvementé et pour mieux écouter Dieu : exercices de respiration, de relaxation, de concentration, chemin de méditation, gestuelles symboliques…

Le but des temps de prière étant une vraie rencontre avec Dieu, nous avons longuement médité sur la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Que se passe-t-il lors de la rencontre avec Jésus ? Il nous pousse à être vraies, il nous prend au sérieux, il connaît nos vrais besoins, nous amène à les découvrir, nous permet de nous exprimer…

Diversité des approches

Dans des groupes improbables – le mien était composé de polonaises, de suisses, de Françaises qui devaient se comprendre en anglais ! – Nous avons pu échanger sur notre vécu du silence au quotidien : si nous ne pouvions pas toutes trouver un temps réservé le matin, il était toujours possible de trouver au cours de la journée des heures plus « creuses »… et prier quand nous faisons des tâches répétitives. Certaines femmes préféraient, par exemple, se rendre à leur travail à pied pour avoir un temps seules avec Dieu. Les repas, le coucher peuvent aussi être des occasions d’aller puiser à la source.

Chacune d’entre nous a ainsi découvert différentes façons d’entrer dans le silence. Pour l’une, il lui suffisait de contempler le ciel et les étoiles pour trouver la paix et se mettre à l’écoute de Dieu, pour d’autres l’art, une activité d’expression – peinture ou musique — qui mettent au repos notre psychisme. Certaines mamans de jeunes enfants arrivaient même à faire comprendre à ces derniers que l’on pouvait trouver un petit moment en fin de journée pour faire silence et écouter Dieu en famille !

Cela demande des efforts

Se retirer, dire non aux pressions extérieures (Mc 1.39), se mettre au pied de Jésus comme Marie mieux se concentrer et se ressourcer, il faut d’abord réserver une plage de temps de 15 à 20 minutes. Ce n’est pas toujours facile de trouver le temps et le lieu. Tout endroit « à l’écart » pouvait devenir un lieu « saint » de rendez-vous avec Dieu. La « lectio divina » du matin et ses quatre lectures du même texte du matin nous a permis de faire nôtres de courts passages de la parole de Dieu ! Le côté un peu rituel des prières et des chants nous aide à trouver un rythme dans la journée. Suzanna nous a enseigné des prières qu’elle a composées, nous avons chanté ensemble dans toutes nos langues grâce aux chants de Taizé, nous avons écouté de la musique mais à nous de trouver notre propre mode d’expression !





Diversité des situations

Chaque pays était aussi à l’honneur au moins une fois dans la session, une personne de nationalité différente était désignée pour prier dans sa langue avant le repas. Un parcours de prière pour des sujets nationaux présentait les situations propres à chaque pays de la Conférence centrale. En priant devant chaque « station », nous avons pu voir la richesse et diversités des besoins de chacun. Nous avons remarqué par exemple que les pays « ex-communistes » avaient des paroisses composées de nombreux jeunes et enfants. À l’opposé, les paroisses des pays plus riches avaient plus de difficultés au niveau de leur croissance numérique. Ces dernières avaient un souci particulier pour l’accueil des émigrés et une réflexion sur la diversité sociale.

Pour conclure, je recommande à tous un tel temps de retraite. Cela m’a permis de faire le point sur ma relation avec Dieu, de revenir aux bons fondements de la vie chrétienne et de prendre des forces spirituelles nouvelles pour mon ministère ici à Metz.

1 Une traductrice si dévouée, sans qui je n’aurais pas compris grand-chose à ce qui a été dit !

2 Cf. Erich Fromm, Avoir ou être : un choix dont dépend l’avenir de l’homme ; traduit de l’américain par Théo Carlier ; postface de Ruth Nanada Anshen. Paris : Laffont, 1978. — 43 p

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