Lausanne


Pasteur Pierre Bertololy

En poste depuis seulement quatre mois, le pasteur Pierre Bertololy évoque la vie de l’église de Lausanne.

Un passé glorieux

La paroisse de Lausanne a un passé qu’on peut qualifier de « glorieux », puisque, créée en 1856, elle a été la première paroisse méthodiste en Suisse. Ce passé glorieux a aussi été dû à l’afflux de jeunes Suisses d’origine alémanique venus accomplir un séjour d’une ou plusieurs années en Romandie afin d’y parfaire la langue française apprise en classe. L’EEM de l’époque a ainsi vu des groupes de plusieurs dizaines de jeunes se réunir régulièrement au « Marthaheim ». C’est ainsi qu’on appelait, et parfois encore aujourd’hui, la salle des jeunes. Ces rencontres de jeunes débouchaient évidemment bien souvent sur des « fréquentations », pas seulement de l’église et de son culte dominical… De nombreuses idylles se sont ainsi nouées à Lausanne. Si la majorité d’entre ces jeunes est retournée dans leur région d’origine, d’autres, par contre, sont restés sur place, faisant souche dans un pays de Vaud aux nombreux atouts.

Une transition difficile

Malheureusement, avec le temps, l’église a vu ses effectifs baisser. Cela est dû d’abord au fait que les jeunes en stage linguistique ont eu les moyens de rentrer en fin de semaine chez eux : congé le samedi, meilleure organisation des transports en commun…

Ensuite, le bureau de placement de l’église méthodiste a vu également ses demandes baisser. La jeunesse méthodiste est moins venue apprendre le français sur les bords du Léman. Aussi le superbe bâtiment, magnifiquement situé dans le centre de Lausanne, est devenu régulièrement trop grand le dimanche matin.

Difficultés linguistiques

Il ne faut pas sous-estimer un autre handicap : celui de la langue. En effet, la spécificité de l’EEM de Lausanne était que les cultes y étaient tenus en allemand. Pour la population lausannoise, et même vaudoise, l’église sur la place de la Riponne était perçue comme « l’église des Suisses allemands ».

Ce que nos églises en Alsace ont connu et relativement bien surmonté, c’est-à-dire le passage à la langue française, s’est avéré être une difficulté dont nous n’avons pas idée.

En effet, les membres alémaniques restés sur place s’étaient presque tous mariés entre eux et imaginaient difficilement ne plus fréquenter de culte spécifiquement dans leur langue. Il s’agissait quand même de leurs racines. L’allemand, en l’occurrence le suisse alémanique, tout comme leur foi et leur fidélité au Seigneur, constituait aussi un lien très fort entre eux. Comment abandonner cela ?

En même temps, ils étaient conscients que ne pas passer à la langue du pays aurait certainement une incidence sur l’avenir de la paroisse.

D’ailleurs leurs enfants étaient bilingues, mais avaient des relations avec les jeunes du pays. Comment inviter ces copains dans un environnement linguistique étranger ?

Les procès-verbaux des séances du conseil d’il y a vingt ans font état de la difficulté à prendre une décision. Car on savait ce qu’on allait perdre, une partie de l’identité des membres, mais on savait aussi que ce passage s’avérait nécessaire, si l’on ne voulait pas mourir à terme.

Passage à la francophonie

Et voilà l’EEM de Lausanne francophone depuis quelques années maintenant. Elle a basculé vers la langue du pays. Pour autant les difficultés ne se sont pas envolées. Comme dans d’autres paroisses de notre Eglise, il y a les difficultés liées aux bâtiments. Les nôtres sont si grands qu’il nous faut les louer pour garder les moyens de les entretenir… Cela implique une rigueur parfois difficile à respecter. Il faut aussi, et c’est la vocation de l’église, porter le témoignage au-delà de nos propres murs.

Ouverture sur la cité

C’est ainsi qu’est né, il y a quelques années, un travail d’évangélisation parmi les enfants du quartier populaire de la Borde, proche de l’église. Ce travail se fait en partenariat avec une communauté évangélique qui, au rez-de-chaussée, remplit sa salle de culte tous les dimanches.

Mais, malgré sa petitesse, notre église de Lausanne a aussi un potentiel d’accueil formidable. Ainsi nous avons été reçus avec beaucoup de gentillesse et une certaine attente lors du premier culte, début septembre, culte suivi d’un repas dans le jardin d’une paroissienne.

Vie d’église normale

Et depuis, nous vivons une vie d’église normale : groupe des dames, repas communautaire, étude biblique à Béthanie…

Les cultes sont bien suivis, malgré l’éloignement géographique de la plupart des paroissiens. Les fêtes sont des moments importants dans la vie d’église : fête de Reconnaissance avec les amis de la paroisse anglophone ; repas paroissial en faveur de notre paroisse sœur en Macédoine ; fête de Noël vécue dans la simplicité de Bethléem.

Échanges fructueux

Tout doucement, nous prenons nos marques et faisons également connaissance avec les autres chrétiens et églises de la ville.

C’est ainsi que notre paroisse est membre de la « Communauté des Églises chrétiennes dans le Canton de Vaud ». Cette CECCV, qui correspond à la ACGK en Suisse alémanique, organise des célébrations mensuelles de la Parole, dont la variété correspond à la diversité des églises et communautés qui la composent.

Bref, il s’agit de continuer ce qui existe et voir ce qui peut être mis en place.

Si vous êtes de passage dans le beau pays de Vaud, n’oubliez pas de faire un tour à la place de la Riponne-7, vous y serez bien reçus…

La vie de nos églises

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