Confusion de genres... et d’esprit !

JP Waechter

La « théorie du genre » née aux États-Unis dans les milieux féministes radicaux s’invite en cette rentrée dans les manuels de biologie français de Première et tourne à la polémique.

De quoi il en retourne ?

Selon cette théorie, la différence entre l’homme et la femme relève d’un « genre social » sans lien avec le sexe biologique. La différence des sexes et l’hétérosexualité sont conçues comme des constructions sociales. Dans ce cadre, le masculin, le féminin et la sexualité sont à redéfinir en termes d'« orientation choisie, et non plus d’identité inscrite dans le corps ». « L’identité sexuelle dépend, d’une part, du genre conféré à la naissance, d’autre part, du conditionnement social », ainsi s’exprime le manuel Bordas. En d’autres termes, nous sommes autant homme ou femme qu’hétérosexuel, homosexuel, bi, trans, etc.

Détournement et déconstruction des genres

L’introduction de cette théorie militante et subversive lancée par la féministe Judith Butler produit la confusion des genres et… des esprits, la banalisation et la légitimation de l’homosexualité aux yeux des jeunes lecteurs au nom de considérations prétendument scientifiques.

La théorie du genre est le produit d’une « idéologie totalitaire, plus oppressive et pernicieuse que l’idéologie marxiste » selon Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, visant la lente mais sûre déconstruction de la société avec pour effet à moyen terme « la dislocation psychologique, identitaire, morale et spirituelle de l’âme et de la nature humaines ».

À des lycéens en pleine construction intérieure, on offre là une idéologie profondément déstructurante et préjudiciable à leur développement. Elle a par exemple pour effet la banalisation et la légitimation sociale de l’homosexualité. « La prime à l’indifférenciation sexuelle promeut en fait l’homosexualité. Ces théories sont une tête de pont pour un changement radical de société », avertit lucidement auprès du Figaro le philosophe Thibaud Collin. Car si l’on entre dans la logique du genre, cela veut dire que « les rôles ne sont pas naturels » et que cela pose la question des sexualités et du mariage homosexuel.

Quid de l’ordre créationnel ?

« Nous, nous disons qu’il y a une norme : on naît garçon ou fille et on réfute qu’on ait le choix de son genre », a estimé à l’AFP Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique. Et quelle que soit l’orientation sexuelle, l’homme reste intrinsèquement un homme et la femme reste intrinsèquement une femme.

De cette polémique, le CNEF tire la conclusion que « l’Éducation nationale n’a pas vocation à servir de champ d’expérimentation pour des théories pseudo-scientifiques destinées à justifier certaines positions politiques contestables concernant la famille et le mariage ».

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