Le découragement – qui ne le connaît pas ? (Mt 11.2-6)

Daniel Nussbaumer, pasteur

Le découragement n’épargne pas les grands hommes, ceux que l’on considère comme des héros de la foi. La preuve en est Jean-Baptiste. Explications de texte par Daniel Nussbaumer, pasteur.

Phénomène courant

La Bible aussi nous parle du découragement. Elle ne cache pas que des hommes de Dieu — et pas n’importe lesquels – ont eux aussi connu le doute, le découragement. On peut citer : Moïse, David, Élie : « Seigneur, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères… » Ces hommes qui nous apparaissent comme « les héros de la foi »… Inaccessibles dans leur vertu, inébranlables dans leur foi, eux aussi ont connu le découragement. La tentation et les doutes ne les ont pas épargnés. Jean-Baptiste aussi. Lui aussi fait partie de cette lignée.

Le prophète n’est pas épargné

Jean-Baptiste est, lui, l’homme choisi par Dieu pour préparer le chemin du Seigneur. Déjà avant sa naissance il est mis à part. « Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage, afin que tous puissent croire par lui ». Et quand Jésus est venu, Jean-Baptiste l’a clairement dit : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ».

Et bien cet homme, quelques mois plus tard, doute. Il doute de Jésus : « Es-tu bien celui qui doit venir ? » Celui-là même dont il est écrit qu’il est le plus grand des prophètes, l’homme fort, résistant, habitué au désert. Jean-Baptiste est découragé. Il est au fond de sa prison. Il traverse une dure épreuve. Il se sait haï par Hérodias, la femme d’Hérode qui veut sa mort. Et la haine est toujours difficile à supporter. Mais davantage encore. Le bouillant Jean-Baptiste est coincé entre quatre murs. L’inaction est pour lui l’autre drame difficile à supporter. Il se cogne aux quatre murs de sa prison. Et c’est de là, du fond de sa prison, qu’il lance son appel à Jésus !

Coincés

Coincés dans nos quatre murs sur lesquels nous ne cessons de nous cogner. Et les paroles qui nous sont soufflées, paroles moralisantes bien souvent : « T’as qu’à t’en sortir », « il faut te secouer un peu », ne feront que rebondir, faire écho, se multiplier sur nos quatre murs. Pires, elles deviendront images obsédantes, sombres et qui jamais ne nous délivreront de nous-mêmes. Et une fois le doute installé et le découragement en place, comment faire pour les chasser ? Comment en être délivrés ?

Le chemin de la délivrance

Jean-Baptiste nous montre le chemin à suivre pour que les murs de nos prisons cèdent. Il en appelle à Jésus lui-même. Jean-Baptiste doute de Jésus, mais il en appelle à lui. Agissons de même.

1) En appeler à Jésus

Et déjà nous sommes en prière. Dans beaucoup de psaumes nous retrouvons ce cri, cet appel à Dieu pour lui demander de répondre à notre détresse, aux doutes, au découragement du croyant. Et la prière devient adresse à l’ami. Et déjà l’espérance poindra, le désir de faire confiance surgira. C’est là, dans la prière avec Dieu, que sa voix se fait entendre, encourageante, consolante. Oui, prière et écoute de Dieu : voilà une aide sûre dans nos moments de faiblesse et de découragement.

2) Diriger mon regard non sur moi-même mais sur Dieu.

Le Seigneur va diriger mon regard sur les signes de son Royaume. Il va me ramener à la réalité de sa grâce et de son pardon. Il me rappellera les bienfaits dont il m’a comblé. Il me montrera les signes qui manifestent Sa victoire, Son Royaume dans la vie de mes frères et de mes sœurs, dans mon église. Voyez la réponse de Jésus à Jean-Baptiste : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »

Mes propres enfermements

Quels sont mes quatre murs contre lesquels je me cogne toujours ? Est-ce ma maladie ? Mon chômage ? Est-ce mon célibat que je n’accepte pas, ou au contraire mon conjoint ? Est-ce mon besoin d’être accepté par les autres ?

Jean-Baptiste a reçu une réponse. Alors ses murailles sont tombées. Il est resté dans la prison des hommes d’Hérode, c’est vrai, mais rassuré, consolé, espérant à nouveau dans la venue du Royaume des cieux. Et la paix est descendue sur lui. C’est vrai, sa tête est tombée, mais il était dans la présence de Dieu !

La réponse de Dieu

Le découragement, le doute est-il compagnon de ta vie ? Il est possible d’apporter les quatre murs de ta prison à Dieu. Il est possible de sortir de ton trou et des ténèbres. « Si le Christ vous affranchit, vous serez réellement libres! »

Méditation

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