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Eternité refoulée

Patrick Streiff, évêque

Les anciennes confessions de foi se terminent par la perspective sur la résurrection des morts et la vie éternelle. Dans le Symbole de Nicée-Constantinople, qui unit toutes les Églises chrétiennes, nous confessons : «… Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen. »

De même qu’il est rare que l’une des confessions de foi de l’Église ancienne s’égare dans l’un de nos cultes – à tout le moins en Europe occidentale -, il n’y a plus guère grand monde pour attendre le monde à venir. L’homme et la femme modernes ont oublié l’au-delà et sont devenus dépendants des choses de ce bas monde. Qui refoule l’éternité doit satisfaire tous ses désirs ici-bas. Et même le plus vite possible, car on ne sait jamais combien de temps il nous reste.

On a longtemps reproché à la religion d’être l’opium du peuple parce qu’elle ne ferait que prôner la patience dans la perspective d’un au-delà meilleur. Hélas souvent à bon droit. C’est pourquoi les Églises ont souligné tout le bien qu’elles font ici-bas dans la société. Avec raison. Elles se sont aussi engagées pour des structures plus justes, parce que les aumônes et les emplâtres ne suffisent pas. Heureusement. Mais quand il s’est agi de continuer à parler d’éternité, elles se sont montrées timides.

Par rapport à quel horizon témoignons-nous de notre foi ? Quelle espérance suscite l’attente de la résurrection des morts et de la vie du monde à venir ? Quel accent donne-t-elle à notre vie ici-bas ? Je vous souhaite une foi capable d’avenir.

Patrick Streiff, évêque

Traduction : Frédy Schmid

Calendrier pour novembre : jusqu’au 6 : Conseil des évêques aux États-Unis ; 26.11 - 2.12 : rencontre européenne des surintendants et surintendantes à Braunfels, Allemagne.

Le billet de l'évêque

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