Tragédie en Norvège

Se croyant investi d’une mission, Anders Breivik, 32 ans, croise le fer avec la société multiculturelle et l’islam par ses publications sur le net et tue dans la foulée 68 personnes en juillet 2011. Sans scrupule ni remords. En route publie un article qui invite à réfléchir aux leçons à en tirer. Il est signé Chuck Colson : ancien conseiller de Richard Nixon et fondateur de « Prison Fellowship », une association qui travaille à l’intérieur des prisons à la réhabilitation des prisonniers par l’annonce de l’Évangile.

Mal et péché « font terreur »

Chuck Colson

Une commission médicale norvégienne a validé jeudi 22 décembre le rapport des psychiatres ayant conclu à l'irresponsabilité d'Anders Behring Breivik, auteur du massacre de juillet dernier en Norvège. Ce pays semble porté à exonérer ses criminels de toute responsabilité personnelle. Bizarre, vous avez dit bizarre...

La Norvège est l’un des plus beaux endroits sur terre. Un paradis nordique de fjords, de côtes, de glaciers et de forêts. Les Norvégiens sont fiers à juste titre de leur société prospère, pacifique.

Eh bien, aujourd’hui, la Norvège est dans un état de choc absolu, total à la suite de l’un des actes de terrorisme les plus cruels jamais commis de sang-froid depuis le 11 septembre 2001. Les Norvégiens tentent désespérément d’expliquer ce massacre insensé. Le tueur a été décrit comme un extrémiste de droite, chrétien fondamentaliste, fanatique anti-immigrés, et malade mental. Très probablement, à mon avis, fasciste.

Mais on peut voir dans cet acte horrible deux causes profondes : le mal et le péché. Ils sont peu nombreux à vouloir le reconnaître en Norvège, ou dans le reste du monde occidental d’ailleurs.

Vous voyez, la Norvège est l’un des pays les plus laïques d’Europe occidentale. À peine la foi chrétienne y subsiste-t-elle encore, alors que jadis elle dominait le pays.

Sans la notion chrétienne de la nature humaine déchue, le peuple de Norvège demeure plongé dans le deuil sans trouver d’explication à l’horreur qui lui est survenue.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à une visite que j’ai faite à une prison de sécurité maximale en dehors d’Oslo dans les années 1980. Je raconte cette histoire dans mon livre « How Now Shall We Live ? » (N.D.L.R. : « Comment allons-nous vivre maintenant ? ») J’ai été accueilli par la directrice, qui était psychiatre. Elle m’a fait visiter l’établissement qui ressemblait plus à un laboratoire qu’à une prison. Nous avons rencontré tant d’autres psychiatres que j’ai demandé à la directrice le nombre de détenus déclarés malades mentaux.

Elle répondit : « Tous, bien sûr. »

J’ai été stupéfait. Vraiment ? « Eh bien », dit-elle, « quiconque commet un crime violent est évidemment un déséquilibré mental ».

Ce fut l’ultime expression du modèle thérapeutique. Les gens, pense-t-on, sont fondamentalement bons, et donc la personne capable de faire quelque chose d’aussi si terrible ne saurait être qu’un malade mental. Et la solution est une thérapie. C’est une vision tragiquement imparfaite et inexacte de la nature humaine. Et, comme je l’appris quelques jours plus tard, une vision très dangereuse.

Durant cette visite, j’ai prêché l’Évangile aux prisonniers. Ils étaient complètement insensibles et indifférents au message. Mais à mon départ, un jeune maton en chef, une chrétienne, est venue vers moi. Elle a dit qu’elle avait prié pour que quelqu’un vienne confronter les prisonniers au message du péché et du salut. Elle était frustrée par le système correctionnel, en Norvège, où la notion de responsabilité personnelle avait été évacuée, et les prisonniers n’avaient donc aucune raison de chercher à changer personnellement de comportement.

Quelques jours plus tard, j’ai appris une nouvelle tragique : La jeune officière que j’avais rencontrée a été affectée à l’escorte d’un détenu pour voir un film dans le cadre de sa thérapie. Sur le chemin du retour en prison, il l’a assassinée.

Rappelez-vous : tant que l’on tente d’expliquer le mal moral, nous ne parviendrons pas à le confiner. Nous ne pouvons pas prendre en compte les comportements humains sans reconnaître que nous sommes des créatures déchues enclines au péché.

Un porte-parole de la police d’Oslo a sa formule : « Nous, en Norvège, nous avons perdu notre innocence. Le monde doit le comprendre. Voilà ce que montre cet incident, car jusqu’à maintenant nous avons été un pays où l’on pouvait vivre en toute sécurité ». Elle a ensuite ajouté : « Il n’y avait aucune raison de garder les gens en prison à vie. »

Mais ce qu’on appelle le péché existait déjà par le passé ; il sera toujours là dans le futur.

Tiré du site breakpoint.org

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