RÉACTIONS DIVERSES À GOLGOTA PICNIC

Michael Lonsdale

J’ai participé à cette manifestation devant le théâtre pour mettre les choses au clair et dire voilà je n’aime pas les œuvres agressives, méchantes, qui détruisent tout. Des spectacles qui parlent des peintures du musée du Louvre qu’il faut brûler. C’est un drôle de Monsieur ce Rodrigo Garcia, quelqu’un de blessé profondément par la religion, ça je comprends très bien. Les Espagnols ont beaucoup eu ça, comme Buñuel, qui a toujours été en guerre contre tout ce qui était religieux mais qui parlait tout le temps de Dieu. Il semble avoir eu une éducation très oppressante, il a senti qu’on lui retirait sa liberté, mais ça y est, il l’a retrouvée ! Je suis non violent, je n’aime pas les insultes, qu’on nous laisse tranquille. Pourquoi blesser la sensibilité chrétienne, il n’y a pas de raison. J’étais stupéfait. À Notre Dame, il y avait 4 000 personnes ; vous vous rendez compte !? Ça ne pouvait plus contenir tellement il y avait de gens. Ça s’est passé très tranquillement. On était ensemble. C’était vraiment impressionnant. Il y a des gens attristés, je crois. L’insulte n’est jamais quelque chose de positif, c’est une faiblesse. Je comprends qu’on soit révolté mais j’aime l’art qui nous fait rêver, qui nous émerveille.

Il n’existe pas de label de Jésus ou de copyright

Mgr Pascal Wintzer

Nous ne sommes pas propriétaires de l’image du Christ, laquelle peut être utilisée de manière négative ou dégradante. Et dans ce cas, on a bien sûr le droit de le dire. Parfois, elle peut dire quelque chose de l’homme. Les chrétiens ont aussi la liberté d’exprimer un désaccord en rencontrant les artistes.

Les églises chrétiennes témoignent d’un Christ pour tous et doivent écouter ce que les non-chrétiens disent du Christ. Jésus lui-même demande aux apôtres « Pour les gens, qui suis-je ? ». Il n’existe pas de label de Jésus ou de copyright.

Je me réjouis que des artistes puissent dire comment la figure du Christ leur parle, a fortiori quand il est vu comme un prophète, un messager de paix, un homme de compassion. Cela montre que les religions sont présentes dans l’espace public et non réservées à des groupes quels qu’ils soient. Chacun peut s’en saisir.

Le Christ continue d’interroger les artistes

Jean-Michel Ribes, directeur de théâtre

Dans cet univers prétendument sans Christ, le Christ est là, réapparaît, pose des questions, interroge des artistes. Il est revenu, vraiment, le Christ. À mes yeux, c’est lorsqu’il inspire les créateurs qu’il existe vraiment.

Parfois, je me demande si Jésus, ce jeune poète révolté, revenait aujourd’hui et qu’il voyait tout, ne finirait pas par rigoler en regardant ces clowns sinistres qui n’ont qu’un but, s’en accaparer pour en faire un chef de secte.

Propos recueillis par Antoine Nouis, Réforme

Président Nicolas Sarkozy

«La liberté d'expression n'exclut pas le respect de l'autre, de son intimité, de sa conscience. L'irrespect n'induit pas forcément le talent. Que l'on ne vienne pas invoquer Voltaire pour tout justifier. L'ironie, même grinçante, n'est pas l'insulte».

TWEETS

@gdecoutard

Gwénola de Coutard

"nous ne sommes pas venus manifester ni protester, mais avec un cœur débordant d’amour pr le Christ" andré vingt-trois #NDParis

@bbouvet7574

Bruno Bouvet

Alors, JM Ribes a parlé dix minutes avec Michael Lonsdale et Frigide Barjot, roses à la main, devant une forêt de micros et caméras.

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