Implantation d’église en Agde


Interview du pasteur Bertrand de Maleprade

Propos recueillis par JP Waechter

Le pasteur Bertrand de Maleprade nous en dit plus sur son projet d’implantation d’église en Agde en collaboration étroite avec une église méthodiste aux États-Unis. L’UEEMF lui accorde aussi son soutien en l’autorisant à reprendre son sigle. Il la tiendra étroitement informée de l’évolution de son travail. De l’Union, Bertrand attend avant tout un soutien dans la prière : « des guerriers dans la prière, pas seulement des partenaires de la prière ».


En route (ER) : Tout cap sur Agde ?

Bertrand Maleprade (BM) : En effet tout cap sur le Cap d’Agde !

ER : Nouvel objectif, nouvelle destinée, nouveau point de départ ?

BM : On peut le dire comme ça, oui !

ER : Pour l’implantation d’une église,

BM : Tout à fait…

ER. Pour la proclamation de l’Évangile, une nouvelle aventure ?

BM : Une nouvelle aventure, je l’espère. 40 000 habitants avec Agde et puis les quelques communes environnantes.

ER : Avec quelle stratégie ?

BM : D’abord quand on construit un bâtiment, on fait un terrassement. Ensuite quand le terrassement est fait, on passe aux fondations. Après les fondations, on monte les murs et la maison est prête pour accueillir les invités. Alors maintenant on est dans la phase de soubassement et de terrassement.

On a à peu près terminé le terrassement : on a essayé de se faire connaître du maire et on a « une chance inouïe », à partir du site que nous avons créé, eglise-protestante-en-agde.tk, des journalistes d’Hérault Tribune nous ont découverts et publié un article nous présentant sur leur page d’accueil ; il s’en est suivi des coups de téléphone.

ER : C’est la visibilité automatique ou presque ?

BM : Oui en tout cas pendant une semaine, c’était ça. On continuera donc à utiliser ce vecteur pour communiquer. Dans les 48 heures, j’ai eu un appel téléphonique de quelqu’un qui cherchait une église pour pouvoir exprimer sa foi et la partager. On pose ainsi les fondations, on met des cellules en place.

ER : Des cellules, tu parles d’un travail dans de petits groupes et sur mesure ?

BM : Si les individus sont des briques, les cellules sont des parties du mur. On crée ces cellules et à partir de là on élève l’édifice : et si je pouvais expliquer la vision d’une cellule, je propose d’imaginer un avion qui vole. L'avion, si on lui enlève une aile, ne va pas très loin. Et la vision des cellules, c’est que d’un côté il faut des rassemblements en petits groupes et il faut rassembler ces petits groupes pour la célébration. À partir du moment où on coupe une aile, on finit par tourner en rond, on a du mal à décoller…

ER : C’est sur le modèle des classes méthodistes ?

BM : Et c’est ça qui m’a fait découvrir personnellement le méthodisme : les fameuses « sociétés » se jumellent pour former la communauté. Dans les cellules, les gens sont formés chaque semaine sur la base d’un même programme : c’est complètement tributaire de la célébration et la célébration est complètement tributaire de la cellule. Ça joue au ping-pong. Le responsable des cellules établit un programme, crée un questionnaire, une feuille de travail toujours relative à la prédication du dimanche. Ce programme va dynamiser l’ensemble. On avance grâce à ça !

ER : Les classes, c’est la méthode courante, c’est le programme au quotidien et puis il y a les temps forts de l’été, puisqu’il y a afflux de population…

BM : Ce sera très différent. C’est vrai qu’il y a 40 000 habitants sur la ville d’Agde avec les communes juste aux alentours. On va dire qu’il y a en gros un noyau de 40 000 habitants qui monte l’été facilement à 250 000 avec énormément de touristes et de visiteurs. Les gens ont l’idée du Cap d’Agde avec ces « camps spéciaux », oui, il y a ces camps spéciaux. Je ne sais pas encore comment je vais travailler avec ces gens-là. Il y a quand même ces 210 000 à côté qui ont des vacances normales.

ER : Il y a d’immenses perspectives d’engagement ?

BM: Oui, et d’immenses possibilités pour ceux qui veulent avoir des vacances constructives : les journées à la plage et le soir passage à l’évangélisation.
ER : Autre point fort de cette initiative missionnaire, à savoir le soutien de l’ensemble d’une communauté méthodiste des États-Unis.

BM : Un soutien financier m’est apporté par cette communauté. Mais avant d’être financier, le soutien est d’ordre spirituel : on a cherché des gens prêts à s’engager spirituellement dans la prière, 90 personnes ont répondu présentes à notre appel. Elles prient tous les jours pour ce projet. J’espère qu’il y aura à terme au moins 90 Français dans les autres communautés qui viendront aussi le soutenir, parce que la prière est à l’église ce que l’essence est à la voiture. Un gros moteur n’est pas nécessaire ; avec un petit moteur, on peut faire le tour de la terre si on a du carburant. Avec un gros moteur mais sans carburant, on ne fera pas le tour de la terre.

ER : Mais le projet bénéficie aussi du soutien de l’Union ?

BM : L’église qui m’apporte son soutien est méthodiste, et il est apparu évident à son pasteur comme à moi de prendre contact avec les instances de l’Église méthodiste en France en charge de la politique missionnaire. Pour la petite note d’humour, le surintendant a dit tout juste : « Entre nous, c’est trois fois non :

On ne peut pas arriver dans une Union d’églises avec un projet, alors qu’on n’a pas de cheminement logique du stagiaire qui va d’abord faire son stage, etc.

À la base de cette initiative d’implantation d’église

La conviction :

Nous ne sommes pas arrivés ici par hasard,

Si nous sommes là, ce n’est pas pour regarder les gens mourir spirituellement mais pour proclamer le Royaume de Dieu qui les fera vivre.

Une église mère qui croit à notre vision et veut la soutenir dans la prière et en partie financièrement.

Et vous qui lisez ces lignes, qui manifestez votre intérêt pour al proclamation de l’Évangile du salut et qui soutiendrez cette action missionnaire par votre intercession, par des appels téléphoniques ou des mails d’encouragement, par des visites, etc.

Bertrand de Maleprade


Ce n’est pas un candidat qui va présenter un projet. C’est l’Union qui travaille en arrière-plan et qui décide d’adopter un projet et pour l’instant,

On n’en a pas beaucoup, parce que le principal handicap que nous avons est d’ordre financier.

Maintenant à titre personnel, l’idée m’intéresse beaucoup ; je vais la présenter à la commission des ministères et on verra bien ce qu’elle va dire ».

Pour l’anecdote, quand je suis arrivé devant la commission des ministères, je n’ai pas eu le sentiment d’arriver devant une commission des ministères. Ceux qui étaient là étaient unanimes pour soutenir le projet, surtout qu’Agde se situe à mi-chemin entre Montélimar et Agen, en pleine continuité… Tout correspondait, ce projet était presque attendu des églises méthodistes. J’attendais une église qui avait cette vision missionnaire, de l’autre côté il y avait une attente, ce qui fait que la rencontre s’est faite. C’est génial.

ER : Et maintenant la dernière question. Qu’attends-tu des membres de l’Union, de nos lecteurs ?

BM : De grâce, ne laissez pas les 90 partenaires aux États-Unis tout seuls. Nous souhaitons voir se former une chaîne de prière en France avec des gens qui prennent à leur tour ce projet à cœur, car si ce projet avance, ce n’est pas parce que nous sommes sur place, mais parce qu’à l’arrière il y a ces gens qui font le plein pour que le moteur continue de tourner : intercession, intercession, mais aussi louange et adoration pour tout ce qui se fait. Nous les tiendrons régulièrement au courant. Mon objectif, c’est que toutes les familles d’Agde soient portées dans la prière par nos partenaires. Je crois que c’est comme ça que ça peut marcher.

ER : Je te dis : bon vent !

Agde & le contexte

Au fil du temps, Agde est devenu une station balnéaire, l’un des principaux ports de plaisance de la Méditerranée, la première station touristique de France par sa capacité d’hébergement, et bénéficie d’une renommée internationale en partie due à son quartier naturiste.

Si la ville compte près de 25 000 habitants permanents, la population peut atteindre près de 200 000 personnes pendant la saison d’été, où elle devient la seconde ville du Languedoc-Roussillon.

Mais Agde, ce sont aussi des communes environnantes qui représentent plus de 40 000 habitants.

Le christianisme est représenté jusqu’ici par l’Église catholique et trois prêtres et par la Mission Évangélique Tzigane et son pasteur. Un noyau protestant officiellement rattaché à la paroisse réformée protestante unie à Sète. Il y a aussi une rencontre hebdomadaire dans le cadre des ADD.


La vie de notre Église

Toute remarque et tout courrier à propos d'EN ROUTE sont à adresser à En route - Tous droits réservés © UEEMF 2014