Signes des temps

Étienne Rudolph, surintendant

Vous savez discerner l’aspect du ciel et vous ne savez pas discerner les signes des temps… (Mt 16.1-4)

Dans l’Évangile selon Matthieu, ces paroles de Jésus s’adressent aux pharisiens alors que chez Luc, Jésus s’adresse aux foules.

Nécessité impérieuse

L’attention aux « signes des temps » n’est pas une option facultative de l’activité de l’Église, mais une nécessité intrinsèque de sa mission. C’est le thème que le surintendant a retenu pour la méditation inaugurale de l’Assemblée générale.

On n’a pas toujours su quoi faire de ces fameux « signes des temps ». On a souligné qu’ils ont dans la bouche de Jésus une saveur eschatologique : ils annoncent les temps ultimes, le moment du jugement. Et puisqu’ils parlent de la fin des temps, on n’y touche pas trop…

Ici et maintenant

Or, s’il peut y avoir une portée eschatologique, je crois tout de même que Jésus adressait ces paroles à des personnes pour leur temps et dans leur temps. Tout d’abord, parce que le Christ est le signe par excellence que ses contemporains n’ont pas saisi. Mais aussi parce que ces paroles, tel que je les reçois, visent, me semble-t-il, à adapter l’Église en vue de la rendre capable de comprendre un monde qui s’éloigne de Dieu ou qui ne le connaît pas.

Action de Dieu

Scruter les signes des temps ne consiste pas à chercher les annonces de la fin de l’histoire, mais à discerner ce qui indique l’action de Dieu qui, dans l’histoire, travaille à conduire les hommes et les femmes à le rencontrer par Jésus-Christ, le Ressuscité.

C’est notre tâche… Et nous en sommes probablement tous convaincus !

Ce qui est juste

Mais… Savons-nous discerner les signes des temps ? Comment les discerner aujourd’hui dans notre monde, notre société ?

Dans l’Évangile selon Luc (12.57), s’adressant aux foules, Jésus donne une précieuse indication et lance comme une sorte de défi que nous avons peut-être tendance à oublier : Et pourquoi ne discernez-vous pas vous-mêmes ce qui est juste ?

Le Seigneur a fondé son Église. Nous en sommes une partie, là, nous, ce matin, réunis ensemble. Que faisons-nous ? Nous cherchons, par le bilan que nous faisons en AG, à examiner ce qui a été fait, ce qui a fonctionné, ce qui a moins bien marché… Dans le but d’améliorer notre marche commune.

Agir de manière juste

Agir d’une manière juste, c’est ce à quoi Jésus nous invite… Y arrivons-nous en tant qu’Église ? Question grave… Agir de manière juste n’est pas qu’une question individuelle, mais elle s’adresse à nous tous ensemble. Notre Église agit-elle de manière juste ? Heureusement dans la Bible il nous est donné quelques critères pour nous y aider…

Agir en Église, vous le savez, ce n’est pas toujours facile…

Alors agir de manière juste, l’est probablement encore moins !

Il nous appartient d’agir à l’intérieur comme à l’extérieur, pour ceux et celles qui se trouvent à l’intérieur de l’Église et pour le monde qui nous entoure.

Utile pour qui, pour quoi ?

Cependant une question demeure : Qu’elle est l’utilité de l’Église ? Sert-elle à quelque chose ? À quelqu’un ? Peut-être certains trouveront la question ridicule…

Je la crois intéressante dans notre recherche d’être témoins de Jésus-Christ aujourd’hui.

Une dernière question encore :

L’Église : Pour qui ?

Pour ceux qui s’y trouvent déjà ou pour ceux qui n’y sont pas encore ?

Dieu n’a pas voulu une Église par hasard : il a un projet, il indique des pistes, il pose des signes. À nous de les scruter, à nous d’observer, de discerner les signes des temps et voir ce que Dieu fait aujourd’hui encore.

Méditation

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