Les classes méthodistes

Philomène Ekissi

Après un détour historique, notre sœur Philomène Ekissi nous fait découvrir la réalité d’une classe en plein 21e siècle à Paris. Que d’autres communautés prennent la graine de cette histoire !

De John Wesley à nos jours : Au fil de l’histoire

Le méthodisme est un moyen de grâce

On peut dégager de l’histoire méthodiste des leçons essentielles. Nous gagnons les à redécouvrir aujourd’hui pour conforter notre identité méthodiste.

« Comme l'ombre prolongée de Wesley lui-même, le méthodisme peut être considéré comme un mouvement organisé pour être un moyen collectif de grâce vis-à-vis de ses membres comme du monde ... Wesley a conçu le méthodisme pour aider les gens à découvrir la présence de Dieu dans leur vie de nombreuses manières différentes. L'organisation et la mission sont conçus avec cet objectif en tête. L'organisation de petits groupes dans les sociétés méthodistes, les classes et les différents types de groupes, ont été conçus pour encourager la prière, l'étude biblique, la confession, et d'autres œuvres de piété pour compléter les moyens institués de grâce trouvés dans l'Église (les sacrements). Les activités des sociétés méthodistes favorisent également les moyens avisés de grâce entrevus dans la prédication, l’étude, l’aide apportée aux pauvres et la visite des malades.»

(Richard P. Heitzenrater, «Wesleyan Ecclesiology: Methodism as a Means of Grace»

Dans les années 1739, un fidèle compagnon de John Wesley, George Whitefield (1714-1770), que l’on peut aussi considérer comme fondateur de l’Église méthodiste, rompt avec les traditionnelles liturgies et ordres de l’Église Anglicane. Il part prêcher hors des églises, en plein air à de vastes auditoires. Le succès est immense.

George Whitefield réussit à convaincre John et son frère Charles Wesley, compositeur (1708 – 1788) d’en faire autant. Ils parlent eux aussi en plein air à des foules heureuses d’entendre prêcher la justification par la foi et le salut pour tous.

Avec ces collègues d’études, il parcourt toute l’Angleterre en prêchant l’Évangile.

Les gens se convertissent. Mais comment encadrer tous ces nouveaux convertis ?

John Wesley qui est un grand organisateur rechercha alors toutes les méthodes qui pouvaient développer pleinement la vie spirituelle des nouveaux croyants.

La première chapelle méthodiste fut inaugurée en 1741 à Bristol en Angleterre, mais en 1742, elle est confrontée à une lourde dette. Il fallait trouver les moyens de rembourser cette dette.

John Wesley by George Romney

John Wesley by George Romney

John Wesley by George_Romney

C’est alors que pendant les réunions de réflexion sur le sujet, il fut suggéré :

Voici les méthodes d’évangélisation indiquées comme étant « désuètes » :

  1. Le porte-à-porte
  2. La distribution de tracts ou traités
  3. Les campagnes et conventions d'évangélisation
  4. L’évangélisation de rue et sur les places publiques

... et celles indiquées comme « prometteuses » : 1. Les liens interpersonnels

  1. Les actions sociales et culturelles
  2. Les soirées de type Alpha ou Passerelles
  3. Le témoignage personnel
  4. Les groupes de maison
  5. L’accueil et l’accessibilité des activités au sein de l'Église, dont le culte
  6. Les nouvelles technologies
  7. Évangélisation de rue

Résultat d’une enquête réalisée  entre juillet et septembre 2013 par la Commission d’évangélisation du CNEF

  • De regrouper les membres de l’église en « classe » d’environ 11 à 12 personnes,
  • Que chaque membre de classe donne « One penny » par semaine,
  • Que la personne chargée de visiter les membres pour faire rentrer les contributions soit désignée comme « le conducteur » ou « la conductrice ».

Très vite, John Wesley transforme le rôle du conducteur et la vie dans les classes : désormais de simple visiteur, de membre pour collecter les contributions, John Wesley demande au conducteur de classe un suivi de la vie spirituelle des membres. Il demande aux classes de se réunir pour :

  • La prière
  • L’étude biblique
  • Et le partage des expériences spirituelles de chacun.
  • C’est ainsi que sont nées les premières classes de l’histoire du méthodisme.

De nos jours

Aujourd’hui, la « classe méthodiste » s’est développée sous diverses formes et porte souvent le nom de « cellule de prière ».

Notre évêque Patrick Streiff, dans sa conférence donnée à Landersen en 1998 sur les points spécifiques aux méthodistes disait à propos de l’évolution des classes qu’« aujourd’hui, toutes sortes de groupes ont remplacé les « classes ». Beaucoup de nos églises locales ont développé des cercles de maison où on se réunit régulièrement pour la lecture de la parole, la prière et l’échange mutuel. Les formes se sont diversifiées et sont moins contraignantes qu’autrefois — mais partout, les méthodistes offrent encore autre chose que simplement une campagne d’évangélisation et des cultes du dimanche. L’accompagnement par petits groupes et cercles aide les méthodistes à partager leurs joies et leurs fardeaux. Par une telle structure et pratique de la foi au quotidien, les méthodistes allient l’ardeur à l’ordre, l’expérience du Saint-Esprit à la discipline personnelle ».

La classe méthodiste est donc une rencontre fraternelle au cours de laquelle les membres partagent leurs expériences spirituelles et chrétiennes autour de la Parole de Dieu. C’est le foyer de base du chrétien qui permet de partager et de promouvoir sa foi. À la différence d’un culte ordinaire du dimanche, chaque participant peut prendre part aux débats, aux échanges.

Aussi est-il important pour chaque fidèle méthodiste d’appartenir à une classe pour continuer de grandir dans sa foi par l’expérience de l’union fraternelle en Jésus-Christ.

Les classes méthodistes peuvent porter des noms d’inspiration spirituelle, tirés en général de différents types de vécus, de situations et de pratiques bibliques et chrétiennes. Ces appellations visent à montrer l’esprit spirituel de base que les fondateurs et membres souhaitent vivre dans leur groupe.

Rm 12.10

Ayez de l'affection les uns pour les autres comme des frères qui s'aiment ; mettez du zèle à vous respecter les uns les autres.  Romains 12,10


EEM-EMU Résurrection

La classe méthodiste Sion, un modèle de classe

Sa genèse

Les débuts de la classe Sion remontent à 2011, au temps où la communauté vivait ses cultes dominicaux à Paris-Laumière. La classe est née d’une cellule de prière et d’intercession se réunissant le troisième vendredi soir chez l’un de ses membres. Depuis, le groupe est passé au stade de « classe méthodiste » après la validation de sa demande auprès des autorités de l’église. Les rencontres du vendredi autour de la Parole de Dieu sont passées au samedi après le bilan de la première année de lancement, à l’approbation de tous. La classe Sion se réunit désormais chaque deuxième samedi du mois de manière tournante, les uns chez les autres, afin de mieux vivre le partage et la fraternité.

Elle compte une quinzaine de membres. Un petit bureau a été mis en place pour le bon fonctionnement de la classe. Une contribution financière mensuelle de 5 €, libre et sans contrainte, permet à la classe Sion de se soutenir les uns les autres dans les situations de mariage, de naissance, de décès d’un très proche parent ou autres.

Le 8 février 2014 dernier, la classe Sion a été l’heureuse invitée au lancement de la toute nouvelle classe Génésareth.

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