Méditation : Échange ineffable

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Kamel Souadhia, Algérie

« Certes, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous, nous l’avons considéré comme atteint d’une plaie ; comme frappé par Dieu et humilié. Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. » És 53.4-6

Nous extrayons cette méditation de circonstance du livret de méditations publié par la Conférence centrale de l’Europe du Centre et du Sud à l’occasion de son 60e anniversaire. En ce temps pascal, Kamel Souadhia nous convie à méditer sur la figure de l’Agneau pascal à qui nous devons le salut éternel.

Le Christ de Saint Jean-de-la Croix par Salvador Dali

Un incendie s’est déclaré dans un appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble. Quand les services de secours sont entrés dans l’appartement, ils ont trouvé le corps sans vie d’une jeune femme d’une trentaine d’années. D’après les premiers éléments de l’enquête, au moment de l’incendie, cette jeune femme aurait réussi à sauver ses deux enfants âgés de trois mois et sept ans. D’après le Major Filippi, responsable des services de secours incendie en Corse : « Elle a sauvé le nourrisson en le faisant passer à travers les barreaux d’une fenêtre pour le confier à un passant ».

Un acte héroïque de cette femme et une mort tragique, seulement pour sauver ses deux enfants. Ésaïe voyait aussi un Sauveur donnant sa vie pour l’humanité.

Jésus a voulu plus que de se faire l’un de nous, plus que de nous montrer son immense compassion pour nous en s’identifiant à nos souffrances.

Quel admirable et ineffable amour il a fallu, pour payer le prix de notre salut en exprimant cela par des contrastes et des paradoxes qui révèlent une grande vérité : « l’innocence est condamnée et le couple est absous ; la bénédiction est maudite, et celui qui était maudit est béni ; la vie meurt et le mort reçoit la vie ; la gloire est couverte de confusion, et celui qui était confus est couvert de gloire ! »

Christ est agneau (Jn 1.29) car il est pour lui-même innocent. Christ porte le péché, mais ce n’était pas sans souffrance. Il porte tout le fardeau du péché qui a détourné de Dieu l’humanité et lui coûte la vie.

Le Seigneur a détruit l’acte de condamnation qui faisait peser sur nous la malédiction de la loi. Il est mort pour expier nos péchés et nous délivrer de la malédiction qui était sur nous à cause d’eux. Il n’y a plus besoin d’autres sacrifices, le sien est parfait.

« Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour les injustes afin de nous amener à Dieu » (1P 3.18). La croix de Jésus clôt définitivement la vie de péché. La mort est donc la seule porte de sortie du monde de condamnation.

Ésaïe, huit siècles avant le Christ, l’avait clairement prévu. Il savait pourquoi il devait venir et ce qu’il ferait. Jésus-Christ est venu comme une victime, sans faire de mal, ni de violence, ni de tort à personne.

« Christ est le commencement ; et la fin est Christ ». Il reviendra et il n’y aura plus de confusion, plus de troubles, plus de guerres, plus de souffrances, plus de maladies, plus d’injustices. Tout ce que Dieu a promis va s’accomplir.

« De même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut » (Hb 9.28). C’est en tant qu’Agneau «comme immolé » (Ap.5.6) que Jésus-Christ ouvrira les sceaux du livre, le titre de propriété de ce qu’il a racheté. Sa première venue était nécessaire pour préparer la seconde.

Christ est non seulement devenu homme, mais tout en étant en forme de Dieu, il a pris la forme d’un serviteur (Ph. 2.7) Hendriksen explique : « le texte ne peut pas vouloir dire qu’il a échangé la forme de Dieu pour une forme de serviteur », comme cela est très avancé. Il a pris la forme d’un serviteur tout en retenant la forme de Dieu. C’est exactement ce qui rend notre salut possible et qui l’accomplit.

La croix nous présente un Dieu qui refuse le pouvoir et la puissance. Cette croix bouleverse toutes nos attentes et nous dit qu’il faut mourir pour vivre. « Nous avons été ensevelis avec lui dans la mort… Afin que nous marchions en nouveauté de vie » (Rm 6.4).

La croix est une dynamique de libération et de transformation pour notre vie.

Cet échange ineffable nous ouvre la porte de nos prisons, nous réconcilie avec Dieu le Père et nous donne la vie nouvelle.

C’est Dieu qui donne tout, même ce qu’il a de plus cher, par amour pour nous.

Prière : Tu t’es chargé de nos douleurs, Ô Christ, et Tu t’es brisé pour nos iniquités. Tu n’as pas seulement porté nos souffrances avec nous, mais à notre place. Tu n’as pas seulement été meurtri par suite de nos péchés, mais pour eux.

Honneur à toi, Agneau qui t’es fait immoler pour faire de nous des sacrificateurs au service éternel de notre Dieu ! Oui, le châtiment qui est tombé sur Toi nous donne la paix, et par Tes meurtrissures nous sommes guéris. Nous vivrons à jamais pour Toi.

Amen

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