#COP21: Aimons notre prochain, luttons contre les changements climatiques

par le SEL

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photo CC geralt


Alors que la tenue de la COP21 à Paris a contribué à placer la question des changements climatiques au cœur de l’actualité, l’idée de s’engager dans ce combat par amour du prochain n’est pas toujours la motivation qui est la plus souvent mise en avant.

Pourtant, la lutte contre les changements climatiques ne peut pas se résumer uniquement à des enjeux environnementaux ou à la préservation de la biodiversité. Les conditions de vie de nombreuses personnes risquent en effet d’être affectées par ces bouleversements et cette réalité ne peut pas nous laisser indifférents…

Les pauvres sont les premières victimes des changements climatiques

Selon l’index de vulnérabilité aux changements climatiques, les zones géographiques qui sont particulièrement concernées par les changements climatiques correspondent globalement à des régions où la pauvreté est déjà fortement présente. Il y a là d’ailleurs une profonde injustice puisque s’ils vont supporter 80 % des dégâts occasionnés par le réchauffement de la planète, les pays en développement ne sont à l’origine que de 30 % des émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, il faut également ajouter qu’au sein même de ces pays, ce sont les gens les plus pauvres qui seront vraisemblablement les plus affectés par les chocs climatiques. En Indonésie, par exemple, les populations défavorisées ont un risque 30 % plus élevé d’être touchées par une inondation, et un risque 50 % plus élevé de subir une sécheresse.

Ceux qui vivent dans la pauvreté sont donc non seulement les plus exposés aux aléas climatiques mais ils sont aussi ceux qui perdent le plus quand ils sont frappés par ces catastrophes. En effet, leur patrimoine n’est pas placé sur un compte bancaire mais il se résume souvent à du bétail ou à leur logement et il est par conséquent beaucoup plus précaire.

Les changements climatiques risquent de créer de nouveaux pauvres

Au-delà du fait qu’ils affectent en premier lieu les plus pauvres, les changements climatiques représentent aussi un autre défi en ce sens qu’ils risquent de plonger de nouvelles personnes dans le besoin. Selon une étude de la Banque mondiale, sans la mise en œuvre d’un développement rapide et solidaire qui ne nuise pas au climat, 100 millions de personnes pourraient tomber sous le seuil de pauvreté à l’horizon 2030.

Bien qu’il ne soit pas non plus pertinent d’essayer de relier chaque nouvelle catastrophe naturelle aux changements climatiques, de nombreux éléments doivent néanmoins attirer notre attention. Les mauvaises récoltes dues à la diminution de la pluviosité, les flambées des prix alimentaires provoquées par des phénomènes météorologiques extrêmes ou encore la propagation de maladies sous l’effet de vagues de chaleur et d’inondations sont autant de risques potentiels de voir la pauvreté se développer.

Au vu de ce constat et par souci des plus démunis, il semble alors essentiel de lutter contre les changements climatiques. On notera néanmoins la position atypique de certains climato-sceptiques qui en appellent aussi à l’amour du prochain mais pour justifier leur opposition à toute réduction des émissions de gaz à effet de serre qui augmenteraient, selon eux, les coûts énergétiques et par conséquent la pauvreté. Cela dit, l’atténuation n’est qu’une partie de la solution, l’adaptation est l’autre volet indispensable pour faire face aux changements climatiques.

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