#COP21: la communauté méthodiste Résurrection accueille une délégation 

Les chrétiens et la COP21

Philomène Ékissi

Alors que Paris vivait au rythme de la 21e Conférence des Parties (COP 21) et que le monde entier (195 États) tente de trouver des solutions aux changements climatiques divers, la communauté méthodiste unie Résurrection ne se veut pas en reste.


Ce dimanche 6 décembre 2015, Résurrection a tenu à apporter sa touche spirituelle à la COP 21 en accueillant à l’église de Gennevilliers une délégation forte d’une quinzaine de frères et sœurs chrétiens, venus participer à la Conférence.

Intendants de la terre

Comme l’a si bien dit la pasteure Catherine Éhoussou : « Après avoir lu et compris les Écritures, il est évident qu’en tant que chrétien, nous avons le devoir de prendre soin de tout ce que Dieu a créé, depuis le jardin d’Éden, jusqu’à toute la création ; Il faut respecter la création, et notre rapport à Dieu passe aussi par le rapport à la création ». 

Face aux problèmes de la terre, notre devoir en tant que chrétien est d’assister dans la prière la COP 21 afin d’apporter notre soutien à tous les travaux qui portent sur la destruction et la protection de la nature.

Accueil chaleureux

La pasteure a donc présenté les hôtes de la journée. On pouvait compter dans cette délégation des frères et sœurs du département missionnaire (GBGM), des enseignants - biologistes, des spécialistes en science de la nature, des professeurs, des représentants de la Commission Église et Société, de la jeunesse, d’associations de protection de la nature, 5 pasteurs, certains venus des États-Unis d’Amérique, des Philippines, du Cambodge, de l’Argentine, d’autres de l’Allemagne, de Suisse, du Brésil, du Libéria et des Iles Fidji.

Les organisations évangéliques se félicitent de l’accord sur le climat et s’engagement à le promouvoir.

L’Alliance évangélique mondiale (AEM), A Rocha International, Tearfund et les nombreuses autres organisations évangéliques présentes à la COP 21 se réjouissent de l’Accord signé à Paris le 12 décembre. 

Le communiqué de l’AEM relève le rôle central des chrétiens et des autres croyants dans le mouvement qui soutenait un accord solide. «La communauté de foi a été centrale pour faire valoir que confronter le réchauffement climatique est notre responsabilité morale. La communauté chrétienne a mené cet effort pour un accord qui protège les populations faibles et vulnérables» a notamment déclaré un des responsables du Département d’Etat américain. 

Les 600 millions d’évangéliques du monde entier était représenté à Paris par le secrétaire général de l’AEM, Efraim Tendero. Originaire des Philippines, l’un des pays les plus vulnérables aux changements climatiques, Efraim Tendero a souligné que le passage à des sources d’énergies renouvelables est non seulement un effort scientifique, mais une action éthique pour la survie et le bien-être à long terme de l’humanité. 

Tout en reconnaissant que l’accord n’est pas parfait et qu’il est un début et non une fin en soi, les leaders évangéliques se sont engagés à ramener l’Accord dans les pays où leurs organisations sont présentes. Mais également à jouer leur rôle pour sa promotion et sa mise en œuvre, notamment en soutenant d’autres projets nationaux ou mondiaux qui vont dans le sens de la protection de la Création de Dieu et de l’amour du prochain, comme la Conférence Habitat III en octobre 2016.

La rédaction d'Evangeliques.Info - 21 décembre 2015 17:48 

Dans l’autre sens, la pasteure a également présenté aux invités, les officiants du jour, composés du prédicateur Simon Gadji-Otili et du pasteur Mathias Agnero, de la Conférence annuelle de Côte d’Ivoire, aumônier militaire, de passage en France.

Après avoir fait connaissance, une surprise de taille attendait nos hôtes ; en effet, c’est parée d’atours traditionnels ivoiriens que la sœur Martine Tedje a souhaité, en a capella, la bienvenue à la délégation. Martine a interprété en langue Dida de Côte d’Ivoire, un chant inspiré du prologue de Jean. Elle a été très applaudie.

Jésus 

Puis vint le moment des lectures et de la prédication. Pour l’occasion, le bilinguisme a été de rigueur. La raison ? Nos hôtes parlaient tous pour la plupart, l’anglais. Aussi, pour la compréhension de tous, chacun des 3 textes a été relu en version anglaise (Nb 21.4-9 - Rm 3.21-30 - Jn 3.14-15).

C’est au pasteur Agnero qu’est revenue la charge de délivrer le message du jour ; message qui devait être parallèlement traduit en anglais, en direction de nos hôtes.

« Comme le serpent élevé qui donne la vie »

Aux malades du Sida

Jésus s’est identifié au serpent d’airain, dont le simple regard et la simple vue donnaient la vie. Le pasteur Agnero précise que l’Église méthodiste unie Côte d’Ivoire a dédié cette journée du dimanche 6 décembre 2015 aux personnes vivant avec le VIH SIDA. En effet, ce sont des personnes désespérées ; des hommes, des femmes et des enfants qui pensent que tout est perdu pour eux et qui ont besoin de comprendre que Jésus les aime et qu’il est venu aussi pour eux.

À la création

Ce qui retient aussi notre attention en ce dimanche aussi, c’est la COP21. Il serait intéressant et important pour chacun d’entre nous de pouvoir préserver la création de Dieu, afin que cette vie que Dieu nous donne à travers la nature, soit totalement préservée. 

Agissons donc pour ne pas faire obstacle à cette vie que Dieu nous donne par amour par le Christ.

« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3.14-15).

Le pasteur a souligné que le thème, tel que libellé et sans analyse, pouvait laisser croire que le serpent était un reptile inoffensif, par lequel, la vie serait accordée. Alors que nous le savons dangereux à cause de son venin mortel. La bible dans Genèse décrit le serpent comme le plus rusé de tous de tous les animaux des champs.  Or la ruse est une des méthodes utilisée par Satan pour détourner les enfants de Dieu.

Pour analyser et comprendre, le contexte de la déclaration de Jésus-Christ,  il faut recourir à l’ancien testament, dans le Livre de Nb 21.4-9.

Le serpent d’airain a été l’instrument de jugement contre le peuple d’Israël, afin que quiconque en avait  été jugé digne était sauvé.   Autrement dit, c’est le serpent d’airain que Dieu a ordonné à Moise de faire, qui est devenu l’instrument par lequel Dieu donne la vie au peuple d’Israël.

En effet, en marche vers Canaan, la terre  promise, le peuple d’Israël vint à se rebeller contre Dieu, à cause de la nourriture qui venait à manquer. Pour cela, la confiance, l’espérance et l’alliance entre Dieu et le peuple étaient rompus. 

Par cette attitude, Dieu était relégué au second plan à cause des besoins physiologiques, comme si Dieu ne leur avait pas suffisamment donné l’occasion d’expérimenter sa bonté, sa gratitude, sa faveur et  son amour. Le comportement du peuple d’Israël déplut à Dieu ; Il va donc activer sa vengeance en faisant passer les enfants d’Israël par la sentence de la morsure du serpent.

Néanmoins Dieu leur renouvelle sa gratitude par l’élévation d’un autre serpent ; un serpent plus puissant que ceux qui donnaient la mort ; afin que ce dernier serpent soit celui qui restitue la vie.

Cette situation du peuple d’Israël semble être pour beaucoup d’entre nous, qui pour des besoins, matériels, économiques et sociaux, perdent toute confiance et désespèrent de Dieu. Ils vont jusqu’à penser que Dieu les a abandonnés. Ils vont alors recourir à d’autres pratiques d’enrichissement pour combler ce besoin, dont ils n’ont pas satisfaction par la prière qu’ils adressent à Dieu.

Dans l’évangile selon Jean où Jésus a pu dire, « comme Moise éleva le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé ».

Mais que voulait dire Jésus dans cette déclaration. ?

Il faut la comprendre dans le sens où le Fils de l’homme est venu dans le monde pour donner sa vie, afin que quiconque croit en lui ait la vie. Dans ce sens, son élévation à la croix, sa mort et sa résurrection deviennent un gage pour celui qui croit ; un instrument par lequel celui qui croit, a la vie, celui-là passe du jugement à la vie, quand même il serait mort. Car le serpent mortel qu’est le péché voit sa puissance anéantie par l’œuvre de la rédemption. 

Alors pourquoi promener des regards inquiets ? Oui Jésus Christ est celui qui nous justifie devant le Père. Peuple de Dieu, notre espérance est en Jésus ; Il faut comprendre que dans nos moments d’épreuve, Jésus se fait présent, si nous plaçons notre confiance en Lui.


Échanges & repas

Il faut signaler que toute la prédication a été traduite en anglais par 3 membres de la délégation, puis par la sœur Annecy Kassy et le frère Abraham Dogbo, dont la maîtrise de l’anglais et le talent de traducteur ont été agréablement découverts ce dimanche. Abraham s’est également soumis aux questions de nos hôtes ; questions relatives aux ressentis des changements climatiques à Paris.

Nos invités ont également pu visiter et échanger un court instant avec les enfants de l’École du Dimanche. Ils ont pu apprécier les réalisations faites et encourager les enfants et les moniteurs.

Je terminerai par ces mots de la pasteure Catherine aux invités: 

« Nous prions que les travaux de la COP 21 qui ont été l’occasion de ces retrouvailles, puissent porter leurs fruits et que chacun puisse respecter les résolutions qui vont être prises. De retour chez vous, vous voudriez bien transmettre nos salutations à vos Églises, à vos collègues de travail, sans oublier vos familles respectives. A Dieu seul qui a permis cette rencontre soit la gloire, d’éternité en éternité ».

La journée s’est achevée autour d’un repas. Comme à leur habitude, les femmes et les hommes de Résurrection ont été à la hauteur, et ont ainsi fait découvrir à leurs hôtes les mets typiquement africains. L’« alloco » (friture de banane) à la sauce piquante a été beaucoup demandée.

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