La COP21 et les amoureux de la nature


Ils aiment la nature et aiment photographier les oiseaux sous toutes les coutures. Passionnés par l’observation des oiseaux, ils sont donc forcément concernés par la protection des milieux naturels. Voici leur avis éclairé et éclairant sur la COP21.


Charles Nicolas

Pasteur réformé évangélique, aumônier des hôpitaux (Alès)

auteur d’un blog sur les oiseaux http://oiseauxetcie.canalblog.com

La vocation de « cultiver et garder la terre » (Gn 2.15) demeure. Quand Jésus dit que « pas un oiseau ne tombe sans la volonté du Père », il rappelle que le Dieu créateur et le Dieu rédempteur sont un seul et même Dieu. « La terre au Seigneur appartient, la terre et ce qu'elle contient, l'homme et les autres créatures » dit un cantique. En aucun cas la foi n'est une fuite de la réalité.

La réalité, c'est aussi qu'entre la Création et la Rédemption, il y a la chute avec ses multiples conséquences. Une rupture a eu lieu, qui ne sera pas réparée par des initiatives ou des lois humaines, fussent-elles animées des meilleures intentions. Il ne faudrait pas que la « bonne volonté » des chrétiens, leur désir de participer, leur désir d'être dans le vent... les conduisent à édulcorer le témoignage qu'ils ont à rendre, témoignage qui va au-delà de la question du climat.

Les Réformateurs du 16ème siècle ont su concilier le regard réaliste (et en un sens pessimiste) que la Bible nous conduit à porter sur la condition humaine et sur ce monde, tout en soulignant la responsabilité de l'homme dans tout ce qu'il a à gérer sur cette terre (y compris le tri des déchets), avec sa double citoyenneté. « Nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir » (Hb 13.14). C'est comme Dieu et César. Il faut les deux, mais ils ne sont pas au même niveau !

13 nov. 15


Daniel Nussbaumer, pasteur, Mulhouse

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CC Unsplash

Les médias, les associations, la politique, tous sont tournés vers cet événement ; les uns pour manifester et témoigner de l’urgence, les autres de leur présence incontournable. Deux choses : nous ne pouvons qu’espérer des résultats concrets (et qui devraient même être draconiens – mais ils ne le seront pas !) et second point : ne nous leurrons pas même si la COP21 est une nécessité et heureusement qu’elle se met en place, ce n’est pas de là que viendra le salut de la planète, que nous éviterons les effets du réchauffement climatique.

Pierre Maxime Egger écrit dans l’éditorial de la Chair et le Souffle (Vol 5 n°2 2010) : « L’humanité, en effet, est à un carrefour. La « crise » systémique à laquelle nous sommes confrontés nous convie, foncièrement, à choisir entre « la vie et la mort » (Dt 30.19), entre la « métastrophe et la catastrophe » (Jean Guitton), entre la « métamorphose et l’abîme » (Edgar Morin). En d’autres termes, nous sommes devant l’alternative : re-naître ou s’effondrer (Corinne Lepage). Re-naître suppose l’élaboration d’une nouvelle éthique de l’existence individuelle et collective, ancrée dans une conception du « vivre bien » et du « vivre ensemble » qui appelle un changement de notre vision du monde, de nos valeurs, de nos priorités ».

Et plus loin, il affirmera : le changement doit… commencer par nous-mêmes, à l’intérieur de notre être. Si rien ne change au-dedans, rien ne changera jamais vraiment au-dehors ».

Dans son livre « La Terre comme soi-même », Repères pour une écospiritualité, Pierre Maxime Egger parlera même d’une conversion intérieure indispensable pour espérer le changement. Et dans son tout dernier livre « Soigner l’esprit, guérir la Terre », il abordera différentes pistes proposées par l’écopsychologie.

Jean-Ruben Otge

Pasteur (Agen)


Cap sur la COP21

L’histoire du colibri

Pierre Rabhi raconte la parabole amérindienne du colibri :  

«Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux, terrifiés, atterrés, observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit: "Colibri! Tu n'es pas fou? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu!". Et le colibri lui répondit: "Je le sais, mais je fais ma part." ».

Extrait de la déclaration de la Commission d’éthique protestante évangélique 

Nous nous retrouvons, en pensant à ces pays qui sont parmi les pollueurs de notre planète, comme cet homme qui interpelle Jésus : « Dis à mon frère de partager avec moi notre héritage » (Lc 12.13). Cet héritage de la gestion de la nature est injustement géré ; et nous souhaiterions que les grandes puissances qui ont participé à cette COP21 fassent un effort un peu plus partagé pour une bonne gestion de nos richesses naturelles.

Cette problématique revêt une dimension qui me dépasse : les enjeux sont au-delà de ce que je peux comprendre et mon influence est insignifiante… Mais, tiens, à propos de ma responsabilité, la réponse de Jésus n’est certainement pas celle que ce frère attendait : il ne considère pas l’attitude injuste de son frère mais il lui dit en substance : « L’important, c’est toi : quelle attitude as-tu face aux biens, aux richesses ? » (Lc 12.16-21) ; Jésus va à la racine des choses et amène son interlocuteur à changer de perspective sur les questions financières, en se plaçant par rapport à Dieu.

Le colibri

Dans sa déclaration par rapport à la COP21, le CNEF reprend l’histoire du colibri, racontée par Pierre Rahbi : face à l’incendie qui ravageait la forêt, « le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu ». En réponse au tatou qui trouvait cette action dérisoire, le colibri de répondre : « Je le sais, mais je fais ma part ».

Alors, les engagements de la COP21, c’est bien ; mais à notre niveau, c’est important de garder le CAP (Contrat d’Action Personnelle).

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