SEL: Soutenir le développement pour faire face au terrorisme ?


Nicolas Fouquet, en charge de l’éducation au développement au SEL

La riposte militaire n’aura pas raison à elle seule de la menace terroriste. Il faut y ajouter l’aide au développement. Ainsi peut-on réussir à réduire les foyers de crise et faire reculer le fléau du terrorisme, déclare Nicolas Fouquet du SEL.

L’option militaire

Ankara, Ouagadougou, Paris… La liste des villes qui ont été dernièrement frappées par le terrorisme islamiste est longue et ne cesse de s’agrandir. Que faire alors pour y remédier ? Au lendemain des attentats du 13 novembre, la France a choisi l’option militaire et décidé de bombarder l’État islamique. Seulement, si ce type de riposte peut être nécessaire (et encore tout le monde ne partage pas cette analyse), il est sûr que ce n’est pas suffisant.

S’attaquer aux racines

Le 20 janvier 2016, événement relativement rare pour être souligné, le chef d’état-major des armées françaises, le général de Villiers, a pris sa plume pour écrire une tribune dans le journal Le Monde1. Il y souligne qu’« une stratégie basée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence lorsqu’elles s’ancrent dans le manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération ».

Sécurité et développement

Sa prise de position a alors pour mérite de rappeler que l’intervention militaire ne doit jamais être perçue que comme un élément d’une réflexion d’ensemble. Car, en effet, sans développement, il ne peut y avoir de sécurité durable. S’expliquant en 2014 sur le problème de Boko Haram2, le président du Niger voisin Mahamadou Issoufou ne disait pas autre chose quand il déclarait : « À court terme, la réponse est forcément sécuritaire, mais à long terme elle est économique et sociale ».

Il semble alors indispensable de créer les conditions économiques et sociales de la paix dans les zones où le terrorisme actuel prend son essor car – comme le dit encore Mahamadou Issoufou – la pauvreté est son « allié principal ». La pauvreté ne saurait à elle seule expliquer le terrorisme. Ses causes sont multiples et bien plus complexes. Mais il est indéniable qu’elle augmente considérablement le risque d’instabilité et de violence à partir de ces territoires.

Prise de conscience

À l’échelle étatique, les agences de sécurité en ont progressivement pris conscience et, dans une certaine mesure, en France, le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale3 de 2013 en rend compte. On y retrouve, en effet, l’idée que l’aide au développement doit être pour partie dirigée vers les États fragiles afin d’éviter l’apparition de foyers de crise. De là à faire de l’aide au développement un outil de lutte contre le terrorisme comme le Plan Marshall pouvait l’être pour la lutte contre le communisme4… 

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Notes

1http://www.franceinter.fr/emission-geopolitique-les-verites-dun-general

2. http://www.liberation.fr/planete/2014/05/28/la-pauvrete-est-l-alliee-principale-du-terrorisme_1029314

3. http://fr.calameo.com/read/000331627d6f04ea4fe0e

4. http://www.huffingtonpost.fr/fanny-jourdan-gal/lutte-contre-le-terrorisme-et-aide-au-developpement-en-afrique-quels-liens-pour-quels-enjeux_b_5451102.html

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