Réflexion - Quelques pensées sur l'Église

George H. Freeman, ancien Secrétaire général du Conseil méthodiste mondial

Secrétaire général du Conseil méthodiste mondial de 1991-2011, George H. Freeman est un observateur averti de la vie de l’Église méthodiste à travers le monde. De ses visites incessantes sur le terrain, il tire les réflexions suivantes sur l’Église. De ses vœux, il appelle une Église vivante et dynamique, rompue à la prière et à sa mission essentielle, la mission, et concernée par son avenir tout comme l’avenir de ses enfants.


Quand John Wesley a dit : « je considère le monde entier comme ma paroisse », avait-il compris que lesdits Méthodistes adoreraient bientôt Dieu sur chaque continent dans plus de 132 pays et langues jusqu’alors inconnues ?! Aujourd’hui les gens qui se réclament de la tradition méthodiste/wesleyenne et sont membres du Conseil méthodiste mondial (CMM) représentent quelque 40 millions de croyants. Ils sont engagés dans divers ministères qui leur permettent d’atteindre 75 millions de personnes avec la Bonne Nouvelle de Jésus Christ !

Un certain nombre d’Églises méthodistes connaissent aujourd’hui une nette croissance dans certaines régions du monde, tandis que d’autres, ailleurs, sont en train de stagner ou sont en net déclin. J’ai observé les différents aspects de cette réalité.

choir-840987_1280

Joergelman - pixabay


La prière

Les églises vivantes et dynamiques sont des églises qui prient. Aucune église ne peut ni ne pourrait jamais survivre par elle-même, à l’aide de ses seules ressources. Là où les croyants prennent la prière au sérieux, Dieu agit dans sa puissance et engage des personnes à sa suite pour proclamer le message de l’Évangile. Ce message change la vie des croyants et leur permet de devenir des leaders-serviteurs. Les églises qui se concentrent sur la puissance de la prière se découvrent véritablement dépendantes de Dieu et s’attendent à son intervention. La prière est une des disciplines spirituelles les plus négligées, souvent on n’y a recours qu’en dernier ressort. Quelques églises utilisent la prière comme une fermeture éclair pour ouvrir ou fermer n’importe quoi ! Beaucoup d’églises prient et espèrent que Dieu leur répondra. D’autres églises prient et s’attendent à ce que Dieu fasse quelque chose ! Tout dépend de ce que nous croyons au sujet de la prière.


À quoi sert l’Église ?

Pasteure Claire-Lise Meissner

Animés par la bonté de Dieu,

Nous transmettons son amour en paroles et en actes

Animés par la passion de Dieu,

Nous nous engageons pour le bien de toutes et de tous dans la société. (cf. http://ueem.umc-europe.org/foi/profil.html)

La Conférence Annuelle 2008 engageait nos paroisses à mettre en œuvre ces deux axes du profil de notre Église méthodiste. Notre tâche est de les concrétiser sous toutes ses formes possibles.

Question sans détour posée parfois aux chrétiens : à quoi sert l’Église ?

« Annoncer une bonne nouvelle qui augmente le bonheur de vivre, annoncer la Parole qui fait jaillir l’espérance dans le quotidien, être signe de la joie à venir, signe du salut et d’un avenir ouvert : c’est la fonction de l’Église, le rôle et la mission des chrétiens » (Ch. Singer).

Ne craignons pas de nous engager, de nous encourager à vivre cette mission. Craignons davantage l’inertie qui conduit à croire qu’il ne se passe rien alors que Dieu est là, avec son peuple. Il agit constamment.

Je vous livre une question :

« Qu’est-ce qui me fait vibrer, me fait me sentir à ma place, lorsque je me mets au service des autres ? » Derrière votre réponse se cache un don à expérimenter. Et derrière ce don un appel au service. L’épanouissement personnel et communautaire est possible, en donnant avec passion ce que l’on a reçu, et en recevant avec humilité ce que l’autre est. Laissons-nous donc animer par la bonté et la passion de Dieu ! Mille encouragements aux petits et grands !

Combien d’églises prient pour les personnes n’ayant pas encore pris l’engagement de reconnaître Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur ? Combien d’églises prient régulièrement pour leurs pasteurs et responsables ? L’église ferait bien de prier pendant la semaine pour les personnes que Dieu lui enverra au culte le dimanche suivant de façon à ce qu’elles entendent ce qu’elles ont impérativement besoin d’entendre, cela même qui les aidera à se réconcilier avec Dieu et les uns avec les autres par Jésus Christ.

Une église que je connais a vécu un violent orage lors d’un culte dominical. L’église n’avait plus eu d’électricité pendant une courte période. Après avoir téléphoné à la compagnie d’électricité, un des anciens a remis une note au pasteur au cours de cette coupure d’électricité : « le courant (dans l’original : la puissance) sera rétabli après la prière » !

Survie

Les églises en déclin qui se concentrent seulement sur elles-mêmes ne survivront pas. L’Église n’existe pas seulement pour elle-même. Sa vie réside dans le message de l’Évangile et dans le mandat qui lui est confié : « allez et formez de toutes les nations des disciples… » (Mt 28.16-20). Quand une église se replie sur elle-même et se concentre seulement sur sa survie, elle échoue dans sa mission, elle n’est plus l’instrument dont Dieu a besoin pour atteindre le monde en faveur de Jésus Christ. Sa mort est inévitable.

L’Église existe pour célébrer le culte, l’administration des sacrements, l’édification de croyants et la conversion du monde.

Concentré sur l’essentiel

Souvent une église stagne et perd de sa vitalité parce qu’elle se focalise sur sa vie interne. Quand on répugne à accepter de nouvelles orientations et de nouvelles idées dans une église, toute personne impliquée en son sein en est contrariée. On se bat parfois comme des chiffonniers pour des postes de direction, l’occupation de bancs, le style de musique, la couleur du tapis, etc.…

L’objectif réel de l’église doit être : « A quelle action Dieu nous appelle-t-Il ? » ; « Qui sont les gens que Dieu nous appelle à atteindre avec l’Évangile ? » On devrait poser la question aux gens vivant dans les parages de l’église : « le fait que cette église est établie ici, est-ce un plus ou non ? L’église vous manquera-elle, le jour où elle venait à disparaître ? »

L’avenir

Quand un réveil s’impose-t-il ?De Ch. Finney (1792-1875)

Voici quelques extraits significatifs de ce revivaliste du 19e siècle connue pour ses propos acérés sur le réveil à vivre dans l'Église de Jésus-Christ.

On doit sentir le besoin d’un réveil s’il y a manque d’amour fraternel. Quand il y a des dissensions, des jalousies et des médisances parmi les chrétiens, cela prouve qu’ils se sont éloignés de Dieu. La religion ne peut progresser quand de tels maux existent dans l’église, et rien n’est aussi efficace, pour y mettre un terme, que le réveil.

Il n’y a qu’un réveil qui puisse préserver une église de disparaître. Une église qui décline ne peut continuer d’exister sans un réveil.

Un réveil est le seul moyen par lequel une église puisse être sanctifiée, croître dans la grâce, et être rendue propre pour les cieux.

(2e Discours.)

Les églises vivantes sont concernées par leur avenir.… Si Dieu nous a permis d’accomplir de grandes choses dans le passé et nous permet même d’accomplir de grandes choses dans le présent qui glorifient et magnifient Dieu, combien plus Dieu nous permettra-t-il de faire demain !

Les dirigeants de demain doivent être formés, préparés et avoir l’occasion de prendre leurs responsabilités. Beaucoup d’églises ont du mal à transférer des responsabilités à des personnes plus jeunes. Aucun de nous ne sera là pour toujours ! La génération montante de leaders ne peut pas prendre part aux affaires, si elle ne sait pas comment s’y prendre.

Les enfants

La présence d’enfants dans l’Église est un signe d’espoir pour l’avenir. On doit leur apprendre la foi chrétienne de manière à ce que leur vie repose sur des fondations solides. Une organisation para-ecclésiale qui atteint des millions d’adolescents a adopté pour slogan : « c’est un péché que d’ennuyer un gosse avec l’Évangile ». L’Église a le devoir d’assurer la meilleure éducation chrétienne possible à ses enfants et non la plus médiocre. « L’excellence en toutes choses » doit être le signe distinctif de l’Église, particulièrement dans l’instruction de nos enfants.

Le culte

Trop de cultes sont aujourd’hui simplement ennuyeux ! Les différents styles liturgiques permettent d’atteindre des publics différents, mais on n’a aucune raison d’ennuyer les gens. Les personnes responsables de la planification des cultes doivent chercher le conseil de Dieu sur tous les aspects du culte.

… Les gens doivent se sentir bien dans leur peau pour rendre un culte à Dieu et s’attendre avec impatience à recevoir bien plus du culte que d’un concert ou de leur événement sportif favori. Après tout, les concerts et les événements sportifs sont seulement éphémères. Pour des croyants, notre relation avec le Dieu vivant est éternelle !

L’Église existe pour célébrer le culte, l’administration des sacrements, l’édification de croyants et la conversion du monde. Il n’est pas d’œuvre plus grande au monde que cette œuvre-là.

Traduction JPW - Publié avec l’aimable autorisation de la revue britannique HEADLINE Hiver 2005/6

Toute remarque et tout courrier à propos d'EN ROUTE sont à adresser à En route - Tous droits réservés © UEEMF 2016