Le billet de l'évêque

Célibataire

Evêque Heinrich Bolleter, Evêque de l'EEM pour l'Europe centrale et méridionale

Comment des personnes qui ont choisi ou ont dû se résoudre à décider de vivre leur vie en tant que célibataire, c’est-à-dire en tant que personne seule, sont-elles accueillies dans nos paroisses ?
Nos paroisses fonctionnent dans l’optique des familles et cela signifie que les célibataires semblent souvent ne pas être totalement intégrés à notre culture paroissiale. Il est certes confortable de faire appel à des célibataires très engagés pour s’occuper de nombreux services dans la paroisse. Ils/elles sont plus disponibles que des pères ou des mères de famille. Malgré tout, les célibataires ne sont pas intégrés dans la communauté de la même façon. Cela vaut tout autant pour nos pasteurs et pasteures vivant seuls/seules.
Pourquoi celles et ceux qui vivent en célibataires doivent-ils s’en expliquer ? Là où cela devient difficile, c’est quand des femmes ou des hommes vivant seuls partagent leur logement ou passent une bonne partie de leur temps libre avec une amie ou un ami. Des suppositions hâtives se répandent, selon lesquelles ils/elles pourraient être homosexuels/homosexuelles. Nous avons perdu la notion des modèles de l’amitié. David et Jonathan ou Ruth et Naomi sont des exemples bibliques. Au temps de l’idéalisme, ils ont été célébrés comme modèles de « vraie amitié ». Une femme vivant seule m’a déclaré que c’est un gros travail pour elle de toujours s’organiser de manière à n’être jamais seule. Nos paroisses axées sur la famille ne prennent pas suffisamment au sérieux leur tâche de mieux intégrer les célibataires dans la famille communautaire.

*) Note du traducteur : l’évêque a utilisé le mot anglais « single », passé dans le langage courant dans les pays germanophones.
Traducteur : Frédy Schmid
Source : Kirche + Welt, n° 6, 24 mars 2005