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La neknomination - Jeu d’ivresse sur internet – Attention danger !

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De la neknomination à la smartnomination


Le dossier du mois évoque le risque de dérive que courent les adolescents. Ils sont sensibles aux addictions : avec ce qu’on appelle les  Neknominations au succès retentissant sur le net ou les binge drinking, les consommations d'alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents s’avèrent importantes et induisent une dépendance d'autant plus grande qu'ils commencent tôt. Philomène Ékissi et José Loncke rendent compte de ces phénomènes et esquissent un début de réponse.

Philomene Ekissi1

Philomène Ékissi


Publié conjointement par la revue mennonite Christ Seul et ENroute, la rubrique Actu se penche sur le danger des jeux d’ivresse qui guette la jeunesse de notre temps et des alternatives à leur opposer. Philomène a étudié le sujet avec soin.

Ils s’appellent Florian, Hugo et Dany. Ils ont entre 18 et 22 ans et viennent d’être publiquement nominés sur le Web par leur ami commun Nicolas, lui-même auparavant nominé, pour relever le défi en 24 heures ; celui de se filmer en train d’ingurgiter toutes sortes de boissons alcoolisées : du vin, de la bière, de la vodka ou encore du rhum.

Et pour ne pas faire profil bas, Florian, Hugo et Dany relèvent le défi, postent leur vidéo « marrante » sur internet et désignent chacun à leur tour 3 autres amis qui auront 24 heures pour démontrer leur prouesse à vider d’un trait leur bouteille d’alcool et surtout mettront leur vidéo en ligne, et ainsi de suite…

Ce nouveau jeu d’ivresse en ligne qui vient de débarquer en France et dont on parle beaucoup des conséquences s’appelle la « Neknomination »

Alors, c’est quoi la Neknomination et d’où vient – elle ? Décryptage !


Neknomination, la dernière tendance stupide qui incite à boire

Un défi parti d'Australie

Les origines remonteraient à un groupe d'étudiants de l'Université de Scotch, située dans l'ouest de l'Australie. Début d’année 2014, l'un d'entre eux avait décidé de boire une bière d’un trait sec, avant de tendre une autre bière à un de ses amis en lui disant « C'est ton tour maintenant ».

L’ampleur

La tendance s'est propagée dans cette faculté pour en devenir une mode, dans toute l'Australie d’abord, puis dans le monde entier. Un étudiant australien du nom de Jay Anthony décide de créer une page Facebook pour pouvoir partager les vidéos de chacun (les Neknominate Videos). Le phénomène a pris de l’ampleur, sa page compte aujourd'hui des milliers de fanatiques.

Ce jeu s’impose sur la toile comme le lieu de toutes sortes de défis les plus dérangés sous alcool. La France n’est pas en reste ! Avec sa dernière page facebook créée « Neknomination France » elle enregistre déjà plusieurs centaines de membres, après seulement quelques jours d'existence.

Neknomination - La dérive

Toutes les façons les plus « créatives » de s’enivrer et de diffuser ses beuveries sur Internet se comptent par milliers.

Plus que de relever le défi qu'un de leur copain leur envoie, certains jeunes agrémentent ce challenge par des variations de plus en plus inquiétantes.

Pour exemple la « Binge drinking » traduisez en français par « beuverie express ».

La pratique consiste à boire de grandes quantités d'alcool pour être ivre le plus vite possible. Certains jeunes ajoutent des insectes dans leur verre d'alcool, ce qui encourage les suivants à faire encore pire et ainsi de suite. D’autres participants se filment, déguisés, buvant des bouteilles d’alcool fort, en gobant des œufs ou ingurgitant toutes sortes de substances répugnantes (nourriture pour chien, huile de voiture ou des poissons vivants).

On peut aussi voir sur certaines vidéos un jeune homme qui boit sa propre urine, ou encore un autre qui boit une bière dans la cuvette de ses toilettes la tête en bas et les pieds tenus par des amis.

Des défis lancés, de plus en plus dangereux et stupides. Tout est bon pour faire rire les internautes et se faire passer pour un champion.

Ce qui a amené le créateur de la page Facebook Anthony Jay à déclarer sur le site Web WhatIsNeknominate.com, être « contre toutes vidéos mettant en scène la maltraitance des animaux, la conduite en état d'ivresse et la violence ». Et à expliquer qu'il essayait de « rester responsable et de ne pas diffuser de contenus dangereux » tout en encourageant les neknominateurs « à se montrer responsables ». 
Trop tard, le mal est fait !

Danger de mort

Le jeu aurait déjà fait ses premières victimes.

Début février, « The Daily Mail » quotidien britannique rapporte que ce jeu d’ivresse a coûté la vie à deux jeunes garçons irlandais : un étudiant a été retrouvé mort dans une rivière à Dublin et le soir même, un autre jeune de 22 ans a été retrouvé mort dans son appartement. La police soupçonne forcément le lien avec la réalisation d’un défi de neknomination.

Le 8 février 2014 dernier, le jeune Isaac Richardson mourrait dans un hôpital de la banlieue de Londres. Il avait bu 1,5 litre d'alcool mélangeant vin, vodka, bière et whisky. Il n'avait que 20 ans.


Stop Neknomination, la contre-attaque intelligente

Face au phénomène inquiétant de la Neknomination, des parents, des médecins, des jeunes tirent la sonnette d’alarme et réagissent. Même des candidats de la téléréalité profitant de leur petite notoriété ne sont pas en reste. De nombreuses initiatives sont lancées dans l'Hexagone pour détourner le jeu dangereux à la bonne cause et restaurer une certaine foi en la jeunesse.


Croix-Rouge #SmartNomination

Revers positif

On peut citer des initiatives comme la Smartnomination, ou encore la Solidaritynomination, la peoplenomination qui sont des réponses positives, saines et utiles à la neknomination.

Elles consistent à faire une bonne action auprès des plus démunis, puis à partager son action sur les réseaux sociaux, désigner trois personnes parmi ses contacts et leur donner 24 heures pour réaliser une action positive.

Donner un sandwich, un repas, une bouteille d’eau à des sans-abri, aider une personne âgée à porter ses charges…

Ces initiatives sont depuis imitées dans d’autres villes de France jusqu’à l’étranger et misent sur internet ! 

Et toi jeune chrétien de Résurrection, de Gennevilliers, ou d’ailleurs, quelle doit être ton attitude face au phénomène de la neknomination ?

Que notre Seigneur te préserve et te donne le discernement face aux tentations de notre société !

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