Le billet de l'évêque

CINQUANTE ANS

Patrick Streiff, évêque


Les chrétiens protestants et orthodoxes font l’apprentissage de la connaissance et du soutien réciproques à travers la KEK.

Je suis un peu plus âgé que cela. Mais il y a effectivement cinquante ans qu’en Europe, les Églises protestantes et orthodoxes se sont réunies dans une Conférence des Églises européennes commune. En pleine guerre froide, les Églises ont bâti des ponts qui ont permis des échanges entre des personnes qui sans cela n’auraient eu aucune possibilité de se rencontrer ni de se soutenir dans la foi.

Lorsqu’en juillet, à Lyon, nous avons célébré les 50 ans de la Conférence des Églises européennes (KEK), j’ai été impressionné par le travail mal connu, mais efficace de ses commissions au siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg, dont la Suisse est aussi membre, et au siège de l’Union européenne à Bruxelles. Pendant un repas de midi, je suis entré en conversation avec une collaboratrice de la KEK à Bruxelles chargée des questions des droits humains et de la liberté religieuse. Elle venait de Serbie. Au bout d’un moment, elle m’a demandé : « N’avez-vous pas été une fois avec votre épouse en visite auprès du ministre pour les affaires religieuses de Serbie ?  » J’ai acquiescé. « Vous souvenez-vous de moi ? Je vous avais à ce moment-là posé une question au sujet de la Conférence des Églises européennes. Et voilà que je travaille pour la KEK à Bruxelles !  »

Ces cinquante dernières années ont rapproché les unes des autres des Églises très différentes. Dans nombre de domaines, une bonne collaboration est possible. Pourtant, il reste de grandes différences. Dans les pays orthodoxes du Sud-Est de l’Europe, la relation entre Églises protestantes et orthodoxes est plus difficile que lors d’une conférence européenne. Mais c’est précisément pour cela qu’il est si important de se parler lors de telles conférences. Et puis il y a, en Suisse aussi, beaucoup de chrétiens orthodoxes.

Quand vous lirez ces lignes, j’aurai achevé mon temps d’étude. Je me serai entre autres penché sur la théologie de Wesley et l’influence des Pères de l’Église grecs sur lui. Car Wesley a absorbé plus de pensée orthodoxe que nombre d’autres grands dirigeants ecclésiastiques du protestantisme.

Patrick Streiff, évêque

Traduction : Frédy Schmid

Calendrier pour septembre : 1-2 : retraite du cabinet CH-F ; 3-6 : pastorale en Bulgarie ; 8-9 : cabinet Tchéquie-Slovaquie à Prague ; 11-16 : Fonds Mission en Europe et Conseil méthodiste européen à Manchester ; 19.09-3.10 : vacances