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Actu - Pour un développement durable

Améline et Raphaël Nussbaumer, Église de Bellegarde

David Nussbaumer, Église du Birkenhof


La conférence Stop Pauvreté, qui a eu lieu le 18 octobre à Bienne (Suisse), a traité des liens entre pauvreté et environnement, montrant que la protection de l’environnement n’est plus simplement la lubie de quelques écolos acharnés, mais nous concerne tous, puisqu’elle fait partie intégrante de la lutte contre la pauvreté. Des précisions sur la lutte à mener contre la pauvreté dans cette chronique partagée entre deux journaux, Christ Seul et ENroute.


Le mouvement « Stop Pauvreté », en Suisse, s’inscrit dans le Défi Michée mondial, et vise à « approfondir l’engagement des chrétiens avec les pauvres ». La conférence de cette année a traité des liens entre pauvreté et environnement1. Ce thème reflète une évolution générale dans l’aide internationale, connue sous le nom de « développement durable ». Cette notion offre un cadre aux efforts de solidarité internationale, prenant en compte le contexte économique, social et écologique. 

L’environnement, au cœur de la lutte contre la pauvreté

Les conséquences visibles du changement climatique et l’épuisement des ressources nous rappellent notre dépendance envers notre environnement naturel. Cette dépendance est d’autant plus forte pour les nombreux cultivateurs, pêcheurs et éleveurs dans les pays à faibles revenus. Ces populations dépendent étroitement des espaces naturels locaux et des conditions météorologiques. Ainsi, des agriculteurs au Kenya nous ont fait part de l’impact négatif de la perturbation des saisons sur leurs récoltes, et des pêcheurs locaux ont reconnu leur difficulté à vivre de la pêche, suite à la pratique de la surpêche au cours des dernières années. Cette surpêche a été facilitée par la distribution gratuite de moustiquaires qui, par leurs petites mailles, piègent les jeunes poissons, limitant ainsi le renouvellement des espèces. Même si cette distribution était utile dans la lutte contre le paludisme, elle n’a pas pris en compte le contexte social, où les villageois tentent de nourrir leurs familles plutôt que de se protéger des moustiques.

Ces populations sont désormais en situation vulnérable, et cela est lié en grande partie à une mauvaise gestion de l’environnement à l’échelle locale et mondiale. C’est pourquoi, comme le dit Stella Simiyu, chercheuse scientifique du Musée National du Kenya, « nous devons aller plus loin dans nos efforts, qui sont fragmentaires et instables, en réponse à des crises. Nos moyens de subsistance dépendent étroitement des ressources naturelles, nous devons donc penser à des façons de les utiliser de manière créative et durable, sans les épuiser. »

Des projets participatifs

Impliquer les populations locales permet aux projets d’être plus durables, puisqu’ils découlent de besoins réels et sont endossés par les populations concernées, qui sont alors capables de maintenir le projet dans la durée, indépendamment des fluctuations politiques et économiques.


L’aide internationale est caractérisée par des réflexes bien établis, selon lesquels l’aide devrait être apportée par une source extérieure - les pays développés - à des populations pauvres, impuissantes et passives. Cette idée est erronée : bien au contraire, les pauvres sont les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin. L’aide internationale devrait plutôt offrir un soutien et les ressources manquantes pour des initiatives locales adaptées. Le dialogue et la coopération entre « donneurs » et « bénéficiaires » sont essentiels, et culturellement enrichissants pour les deux parties.

Notre rôle ?

Voici quelques pistes de réflexion.

Dans la gestion de nos projets : comment et par qui nos projets sont-ils initiés ? À quel besoin répondent-ils ? Comment développer l’économie locale plutôt que d’envoyer nos ressources ?

Dans nos dons : les actions dont on ne voit pas directement les fruits peuvent tout de même en porter, et celles qui impliquent le long terme en portent souvent davantage. 

Dans nos habitudes de consommation : prêtons attention à l’origine et aux conditions de production de ce que nous achetons, que ce soit nourriture, vêtements ou meubles.

Dieu nous invite à partager ce qu’il nous a confié, par exemple par des projets d’aide internationale. Malheureusement, certains projets pétris de bonnes intentions font beaucoup de dégâts. Informons-nous donc avec soin et choisissons de soutenir des initiatives favorisant une réduction durable de la pauvreté. 

Note

1. www.stoppauvrete2015.ch/140413_conference__vorflyer_def_fr_web.pdf