Méditation

La croix : un mystère ?


La tentation est grande depuis toujours de minimiser l’œuvre du Christ et la dimension expiatoire de sa mort, comme si quelqu’un n’avait pas à payer pour notre faute. Nous savons gré au pasteur JR Otge de souligner l’importance de cet événement salvateur.

Pasteur Jean-Ruben Otge

Quand l’apôtre Paul parle du mystère de Christ (1Co 2.2, 1Co 4.3), c’est d’abord pour affirmer que, depuis la croix, ce qui était caché est maintenant révélé : le mystère est dévoilé ! Le plan de Dieu devient limpide et s’éclaire lors de la mort de Jésus.

Aveuglés

Quand nous examinons la mort de Jésus à la lumière des passages prophétiques dans les Psaumes ou les écrits des prophètes, ceux-ci apportent un éclairage remarquable, et nous estimons, à l’évidence, qu’ils auraient dû être suffisants pour que le peuple juif du temps de Jésus – d’autant plus les religieux et les disciples ! – ouvre les yeux.

Les hommes religieux en plein aveuglement participent, dans leur rejet de celui qu’ils condamnent, à l’accomplissement des prophéties. Par eux – et malgré eux –, le mystère de Christ s’accomplit et se dévoile.


Idem pour les disciples…

Deux d’entre eux qui se rendent au village d’Emmaüs, font état à ce voyageur qui s’est joint à eux, du témoignage de plusieurs : ils affirmaient que Jésus était ressuscité ! Eux aussi demeurent dans l’aveuglement et le mystère. Et Jésus, ce voyageur qui fait route avec eux (Lc 24.15), malgré leurs doutes, leur dévoile ce qui est à leurs yeux un mystère : Commençant par les livres de Moïse et parcourant tous ceux des prophètes, Jésus leur expliqua ce qui se rapportait à lui dans toutes les Écritures (Lc 24.27) ; et le voile se lève ! Quelques jours plus tard avant de remonter au ciel, Jésus ouvre les yeux de ses disciples sur le sens de sa venue sur terre : Vous voyez, les Écritures enseignent que le Messie doit souffrir et qu’il ressuscitera le troisième jour  ; le but ? Que tous se repentent pour recevoir le pardon de leurs péchés (Lc 24.46, 47).

Oui, cela est possible parce que Jésus est mort sur la croix à notre place. Nos péchés, qui nous séparaient de Dieu, Jésus les a pris sur lui.

Révélation extraordinaire ! La conséquence en est le pardon, la réconciliation avec Dieu et l’assurance de la vie éternelle (1 Jn 5.10-13). Le mystère est levé, les ténèbres de la croix sont dissipées et la vie jaillit.

Attention, pistes divergentes !

Le rejet de ce message au fil des siècles fait replonger dans le mystère et l’incertitude. Le problème survient comme toujours quand on remet en question la Parole de Dieu (« Dieu a-t-il réellement dit… ? »).

Les approches vis-à-vis de l’œuvre de Christ sont multiples : certains ne supportent pas l’idée d’un Dieu exigeant le supplice de son propre Fils ; d’autres n’y voient qu’un modèle ‘exemplariste’, ou même seulement un symbole. Parler d’une œuvre de substitution correspond pour certains à une déconnection par rapport aux vrais problèmes de l’être humain. D’autres refusent cette œuvre d’expiation en affirmant que le péché ne peut être transféré ; sans parler du fait que la notion de justice n’est souvent même plus mentionnée : la notion de substitution pénale fait aujourd’hui figure de cliché archaïque et dépassé…

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Et pourtant…

Autant notre foi dans la Parole de Dieu (sur un point aussi fondamental et aussi central que celui du sacrifice de Jésus-Christ à la croix en lien avec le salut) que l’expérience que nous pouvons faire de la certitude du pardon de nos péchés et de l’assurance que nous sommes réconciliés avec Dieu, cela conforte notre foi dans cette œuvre unique et irremplaçable.

Voici comment Dieu a démontré qu’il nous aime : il a envoyé son Fils unique dans le monde pour que, par lui, nous ayons la vie. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés ; aussi a-t-il envoyé son Fils pour apaiser, par son sacrifice pour nos péchés, sa colère envers nous (1Jn 4.9-10). L’amour de Dieu et la justice de Dieu sont réunis dans ce sacrifice accompli à notre place. Un mystère ? Peut-être encore un peu, mais qui nous permet de connaître la vie que Dieu veut nous donner.