Le billet de l'évêque

“Atterrissage (forcé)” par Patrick Streiff, évêque

La crise financière ne nous exempte pas du réflexe de générosité en particulier à l’approche de Noël.

J’écris ces lignes le jour d’après – après les milliards d’aide versés par la Confédération et la Banque nationale suisse à l’UBS, la plus grande banque suisse. Après le paquet d’aide aux USA et celui des autres gouvernements européens, il avait d’abord semblé qu’en Suisse, une telle opération ne serait pas nécessaire. Et puis ce fut tout différent, parce que plus personne, et surtout les banques entre elles, ne faisait confiance aux autres.

Quand vous lirez ces lignes, de nouvelles pages d’histoire auront été écrites. Des centaines de milliers d’acteurs, petits et grands, vont s’en mêler et contribuer à ce que le système financier global retrouve le calme ou alors qu’il se déglingue encore plus. Allons-nous en rester à un atterrissage limite, cahotant ou sera-ce un brutal atterrissage forcé ?

Quand un avion atterrit, je sais au moins une chose : il n’y a que les deux qui sont assis dans le cockpit qui guident l’avion. Les passagers ne doivent pas seulement s’abstenir de toucher le manche à balai, ils doivent rester attachés à leurs sièges. Mais dans le monde financier global, tous ceux qui ont quelque chose à la banque participent à l’action. Et il ne fait pas bon être dans un avion quand, pendant un atterrissage difficile, tous les passagers s’énervent de plus en plus et courent d’un côté à l’autre de la cabine, quand ils achètent ou vendent à tort et à travers et quand, pris de panique, ils changent de banque.

Ceux qui en souffriront le plus ne seront pas ceux qui ont claqué des millions ; ce seront ceux qui n’ont jamais eu de compte en banque. Ils en souffriront le plus parce que tout devient plus cher et que l’assistance aux plus démunis est en recul. Dans le même journal qui publiait la nouvelle des milliards d’aide pour la plus grande banque de Suisse, j’ai aussi lu que depuis le début de l’année, le nombre des très pauvres, des affamés, s’est accru de 10 % dans le monde, parce que les aliments de base sont devenus plus chers pour eux.

Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. – C’est pourquoi nous ne devons pas cesser de faire le bien, dans toute la mesure de nos moyens. Pensez-y quand, au mois de décembre, il sera question de cadeaux et de dons !

Patrick Streiff, évêque

Traduction : Frédy Schmid

Calendrier pour décembre : 30.11-3.12 : Genève – Consultation sur la formation théologique dans le méthodisme francophone ; 5-6 : Pastorale en Slovaquie

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