Méditation

L’ennemi mon prochain ?


Notre frère Abdenour analyse les implications de cet ordre radical du Seigneur : l’amour de l’ennemi.

Pasteur Abdenour Aït Abdelmalek

Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. Mt 5.43

Quand l’ennemi se niche au plus près

Notre Seigneur aborde de manière assez paradoxale la question de l’ennemi. Il nous demande d’aimer nos ennemis, de bénir ceux qui nous maudissent, de faire du bien à ceux qui nous haïssent, et de prier pour ceux qui nous persécutent ; il attire aussi notre attention sur cet ennemi, lequel ne vit pas au loin, ni même dans les environs mais vit au milieu de nous, au milieu du troupeau.

Notre Seigneur devait être trahi et livré aux mains des pécheurs, selon les Écritures ; mais nous savons aussi que Jésus Christ n’a pas été trahi par les nombreux ennemis qui vivaient à Nazareth, à Jérusalem ou encore dans l’une de ces nombreuses villes ou villages qu’il traversa, ni même par des personnes du redoutable pouvoir impérial, mais bien par un proche ; celui-là même qui avait trempé son pain dans la même assiette que lui.

Gare au loup ravisseur

Auparavant, Jésus avertit du danger que des loups très dangereux n’épargneront point le troupeau. Ainsi donc Jésus ne met pas en garde contre le loup qui vit dans ces contrées lointaines mais contre celui qui vient s’introduire dans le troupeau avec une apparence trompeuse. Il en est de même du faux prophète qui vient s’introduire sous une couverture de brebis mais dans l’unique but de séduire pour disperser, égarer ou dévorer.

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Notre attitude

Jésus nous exhorte à nous garder de ces loups ravisseurs qui vivent au milieu de nous. Cependant, il y a lieu de s’interroger quelle serait alors notre véritable attitude vis-à-vis de ces loups ravisseurs qui, parfois même, nous sont connus !

Celle du Seigneur

Dans la parabole de l’ivraie, Jésus nous invite à ne point exercer notre propre justice ; il incombe au Maître de la moisson d’arracher l’ivraie qui a poussé au milieu des épis ! Nous sommes souvent tentés de passer nous-mêmes à l’action pour nous débarrasser de l’intrus et pourtant ce n’est pas ainsi que la Parole nous commande d’agir. Dans le récit de la passion, Judas le traître n’a subi ni outrage ni violence de qui que ce soit ; et même Jésus, en toute connaissance, s’est laissé aller au baiser de la mort. N’est-ce pas Judas lui-même qui a mis fin à ses jours en se pendant à un arbre ?

La source du pardon et du jugement

Dans sa prière sur la croix, Jésus demande au Père le pardon pour tous, y compris pour ses ennemis et ses bourreaux qui auraient agi par ignorance. Ainsi nous montre-t-il que c’est le Père, lui seul, qui est source de jugement et de pardon. Gardons-nous donc d’être des usurpateurs dans notre manière de faire face à l’adversité, à l’ennemi. Encore une fois, acceptons la seigneurie de Jésus-Christ et laissons le Maître de la moisson agir aux temps qu’il aura fixés lui-même. Car c’est Lui-même qui nous sauve de nos ennemis, et de la main de tous ceux qui nous haïssent (Lc 1.71). N’étions-nous pas nous-mêmes autrefois étrangers et ennemis de Dieu par nos pensées et par nos œuvres mauvaises (Col 1.21).