Méditation

"Mon fils que voici !"

Lire Luc 15,11-32

Marc Gorin, pasteur

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Après son départ de la maison paternelle et ses déboires, revenu en lui-même et de retour, le fils prodigue, cadet de deux frères, est parfaitement conscient de son état. Il fait procès et plaide coupable auprès de son père : Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, lui dit-il. Fais-moi comme à un de tes salariés. Il ne veut plus être fils, mais simple employé, car un employé peut être puni.Le fils, c’est celui qui vit en parfaite communion avec le père, parce que leur volonté est unique : Tu es toujours avec moi et tout ce que j’ai est à toi. Le plus jeune des frères, en prenant la condition de serviteur, se place lui-même dans la dépendance de son frère aîné, fils, Maître, dignede tout honneur. Ce dernier dit d’ailleurs sa colère. Fais-moi comme à un de tes salariés, dit le prodigue à son père, c’est-à-dire : Châtie-moi ! Il fait appel à la loi Mais le père qui l’a tant attendu, qui l’a vu, qui a couru vers lui, porte la grâce dans ses bras ouverts. Il le baise (en signe de pardon), lui donne un anneau (en signe de l’autorité de fils retrouvée) et des sandales (tenue de l’homme libre par opposition à celle du serviteur).

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Mon fils que voici ! À nouveau, il s’appelle fils !

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L’histoire du fils prodigue, c’est la nôtre quand nous avons été convertis, mais c’est aussi la nôtre à chaque fois que nous péchons et que nous nous repentons. Combien de fois ne nous écrions-nous pas, malheureux : Seigneur, je ne suis plus digne d’être appelé (e) ton fils (ta fille) ! Et combien heureux en même temps ne sommes-nous pas dans cet état de repentance, car nous cheminons dans la bonne voie du retour vers Dieu qui nous attend, qui nous voit, qui est touché de compassion, qui nous accueille ! Dieu vient vers nous — c’est le message de la grâce — parce que Jésus-Christ a porté notre condamnation à la croix : ayant abandonné sa position auprès du Père, ayant paru comme un simple homme, puis ayant pris la condition d’un serviteur, il fut châtié à notre place. Et nous sommes acquittés.

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