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« Convenance  » et « service  » !

Bernard Lehmann, pasteur

Notre président nous interpelle sur notre réactivité spirituelle : qu’en est-il de notre disponibilité et de notre disposition au service désintéressé pour Dieu et notre prochain ?

Limites du service public

Dernièrement, il était 15 h 55. Je me précipite à la Mairie. Il est 16 h 06 ! Le guichet est fermé ! On m'informe que la fermeture est à 16 h 00 ! Par contre il est ouvert entre midi et deux. J'essaye difficilement de contrôler mes émotions. Le rouage de la loi du travail et les « convenances  » mises en place par le personnel m'oblige à revenir le lendemain.

Ma colère bien sûr contenue me fait dire : « Décidément il n'y a plus de « service  ». N'est-on pas en permanence la victime des « convenances  » d'autrui ?  »

Le service dans l’église en question(s)

La colère confessée impose le questionnement : « Et dans l'Église ? !  » « Et dans ma vie ?  »

Combien d'engagements sont freinés, voire rendus  , à cause des « convenances  » des uns et des autres ? ! Je désire que ce billet d'humeur ne soit pas lu par ceux et celles qui de toute manière devraient apprendre à s'aménager de saines pauses. Que ce billet soit cependant pris en considération par quiconque pense « n'avoir jamais le temps  » pour répondre à un appel, lié qu'il est par la liste des multiples raisons qu'il sait se donner pour justifier un « NON  » à l'appel !

Aujourd'hui tout le monde veut être « libre  ». Tout le monde veut se comporter en « dieu  ».

Affaire de consécration

La révélation de la Parole, autant qu'elle demeure révélation pour la gente chrétienne, préconise des vertus dignes du Maître : l'humilité, la soumission, l'obéissance, la consécration individuelle… un amour jusqu'au-boutiste… !

Qui est d'accord de se joindre à ma prière : « SEIGNEUR, aide-moi à accepter d'être moins libre au sens du système de ce monde, et d'être un peu plus « lié  » par ce que TOI, MON SEIGNEUR, tu veux ! Seigneur fais en sorte que je sois comme Tu veux que je sois !  »

L'exemple n'est-il pas donné par le combat de Jésus, là-bas, dans le Jardin de Gethsémani : « Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux  » (d'après Mt 26.39) Jésus s'est offert à sa mission et à son appel personnel.

Je me pose la question du sérieux et de la profondeur de mon engagement pour Christ, lisible dans mon engagement dans l'église locale. Ne suis-je pas en tentation permanente de faire passer mes intérêts avant les conséquences heureuses de ma place dans le Corps de Christ ?

Valeur de nos arguments

Veuillez me pardonner si je prétends qu'il n'y a pas trente-six façons d'être disciple de Jésus. Je lis une seule manière dans la Bible : « Tu aimeras le SEIGNEUR, TON DIEU, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée…  » (Lc 10.27)

Ami lecteur, découvrons et reconnaissons les endroits où ce sont bien plus des considérations d'ordre privé qui prévalent, quand on évoque aux oreilles de notre cœur une responsabilité, un ministère, un engagement à court ou à long terme dans l'église ?

Face à des appels de service… Ne rejoignons pas la foule de ceux qui disent : « si cela me convient…  » ; « Est-ce que j'y trouve mon compte…  » ; « S'il me reste du temps…  » « Si mon épouse est d'accord…  » ; « Ce n'est certainement pas mon don…  » ; « Je dois bosser, moi, pour faire entrer la monnaie  » !

Ami lecteur, cher membre du Corps de Christ, se pourrait-il que dans l'Église Évangélique Méthodiste aussi, le baptisé est tenté de marcher davantage par « convenances personnelles  » ou intérêt personnel que par l'heureuse conviction d'être choisi et établi par le Seigneur ?

Des fois, mon cœur tremble, saisi d'émoi, à la pensée : Si Jésus s'était laissé aller à de telles considérations nous serions encore perdus loin de Dieu ! Si les apôtres avaient souci de leur bien-être et de leur santé avant tout, nous serions encore dans les ténèbres ! Si nos « pères  » n'avaient pas été convaincus, motivés, remplis de foi, d'espérance et d'amour…  « obligés  » de servir Dieu par vocation et obéissance… Où seraient nos églises locales ?


tiré de  « Ton bonheur, c’est quelqu’un » de Floris, Éditions des Béatitudes

Convenance ou service

Je vous invite à veiller ensemble à ressembler le moins possible au « jeune homme riche  » de l'évangile prêt à tous les sacrifices, sauf à celui qui compte. Acceptez que je vous invite à vous poser régulièrement la question : qu'est-ce-qui ou qui-est-ce-qui me retient de m'abandonner et de m'offrir totalement à ce que Paul appelle un culte raisonnable (Rm 12.1,2) ?

Qui sera d'accord avec moi si j'affirme que le plus important n'est pas d'avoir une vie agréable, glorifiée par le succès, transfigurée par les plaisirs… ? Le sens ultime de ma vie, à l'exemple de l'Apôtre Paul, n'est-il pas que « j'accomplisse ma course  » et que « je parvienne au but  » ? Celui en accord avec mon Père !

Une pensée très difficile traverse mon esprit. Je désire qu'elle soit mensonge. Et si « nos convenances  » étaient un révélateur de notre attachement aux contingences matérielles présentes et non aux choses précieuses à venir ?

L'impression subversive de perdre une part de notre liberté personnelle pour la cause de Christ ne veut pas être une occasion de tristesse mais au contraire une occasion de vraie joie.

Ma prière est que nous retrouvions tous le goût du privilège d'être engagés par Christ et le sens de la vie terrestre qui s'accomplit en serrant au plus près la volonté que Dieu a prévue pour nous… Être chrétien « à plein-temps  » !

« QU'ILS SONT BEAUX, SUR LES MONTAGNES, LES PIEDS DE CELUI QUI APPORTE DE BONNES NOUVELLES, QUI ANNONCE [...] LE SALUT… » (Rm 10.14,15)

Votre serviteur Bernard Lehmann

Quelques questions tests

Est-ce par conviction ou convenance que j'exerce ma qualité de chrétien à plein-temps ?

Pourquoi ai-je tendance à vouloir tout abandonner quand surviennent les défis et les difficultés ?

Ai-je tendance à regarder en arrière quand apparaît un prix à payer ?

L'avancement du Royaume de Dieu est-il ma préoccupation essentielle ?

La croissance de l'église et de l'UEEMF pour la gloire de Dieu est-elle un sujet régulier dans ma vie de prière ?