Méditation

Comment Jésus-Christ est-il source de vie pour nous aujourd’hui ?

Pasteur Roger Correvon

Comment Jésus-Christ est-il source de vie pour nous aujourd’hui ? Pasteur Roger Correvon

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : « Donne-moi à boire », C’est toi qui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive » Jn 4.10 (TOB)

Donne-moi à boire

Celui qui a tout demande à celle qui a peu : « Donne-moi à boire ! » Celui qui peut tout pourrait se passer de « puisoir » et pourtant il demande à cette femme de puiser pour lui. À celle qui n’a certainement pas beaucoup, Il lui demande le peu qu’elle vient de tirer péniblement du fond du puits de Jacob !…Du fond du puits de ce monde ! Mais au fait, le Seigneur ne ferait-il pas preuve d’un manque flagrant de galanterie ? N’aurait-il pas dû se précipiter pour puiser à sa place, pour la soulager de cette peine ?

Signe de précarité

Nous nous laissons difficilement dépouiller de notre « superflu » par peur de réduire nos marges de sécurité. Alors ne parlons pas de notre nécessaire ! On nous a tellement appris la prudence, on nous a tellement appris à bien compter (souvent que sur nous-mêmes !) Mais au fait… Comment se fait-il que Lui, le Seigneur, ait pu être aussi imprévoyant ? Cet aspect du Seigneur insuffisant, précaire, en manque, indigent au point de nous demander quelque chose comme — « donne-moi à boire », nous est étrange. C’est contraire à notre logique. Mais paradoxalement les plus pauvres, les plus démunis sont souvent plus généreux que les plus riches. Et ce sont eux qui l’entendent demander : « Donne-moi à boire ! » Pourquoi ?… Eh bien justement parce que les besoins font partie du quotidien de leur vie et ils y sont sensibles.


Il comble nos manques

Étrange manière pour Dieu (Jésus) de se présenter aux hommes, pour nous qui nous l’imaginons tellement complet, tellement sûr, tellement fort, tellement Seigneur ! Il nous est difficile de le voir dans le besoin. En général c’est nous qui sommes dans le besoin. Et nous en avons tellement ! Alors nous nous précipitons pour Lui demander de remplir nos « puits de Jacob », nous lui demandons d’assurer tous nos besoins matériels, afin de pouvoir continuer à vivre sans avoir besoin de changer, afin de pouvoir continuer notre vie sans avoir besoin de LUI, sans avoir besoin de nous remettre en question sur ce que nous vivons ou comment nous vivons. Tout simplement pour pouvoir vivre sans avoir besoin de renaître.

Limites de nos connaissances

Comment le Seigneur peut-il être dans le besoin ? Eh oui nous connaissons si peu le don de Dieu et Celui qui nous dit : « Donne-moi à boire ! ». Alors que nous pensions, alors que nous étions si sûrs de LE connaître. Aujourd’hui les informations à son sujet ne manquent pas, ni les traditions, ni les religions ou les mouvements ou tendances, ni les livres. Mais j’ai des fois l’impression que plus on en apprend sur Lui et moins on LE connaît. Que se passe-t-il donc ?…. Nous avons oublié le plus important. Nous ne pouvons pas LE connaître autrement que par le cœur. Et c’est peut-être là ce qui nous manque le plus ou ce qui nous est le plus difficile : Le connaître par le cœur…


C’est peut-être là où nos puits sont bien vides, percés, fendus ou fêlés. Là où nous nous épuisons à venir continuellement chercher ce que nous perdons, nous nous épuisons à venir puiser ce qui ne nous remplit pas… Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Es 55.2 Terrible constat ! C’est pourquoi nous ne LE comprenons pas ou ne l’entendons pas quand Il nous demande à boire. Nous croyons Le connaître et pourtant nous LUI disons ou nous pensons : « Comment, Toi qui peux tout, Toi qui as tout, Toi qui es Seigneur des Seigneurs, Tu me demandes…, à moi !…. Moi qui ai si peu, ou qui manque de tant de moyens, moi qui ne peux pas, moi qui n’arrive pas… etc ? » Comment est-ce possible Seigneur ?…. Ce n’est pas ainsi que nous l’imaginons !….

Approche étriquée

Alors nous Lui demandons à boire… « — Donne-moi ! » « Donne-lui ! » « Donne-nous ! » Mais ce sont toujours ces « eaux de Jacob »… « ces eaux du monde » : argent, santé, succès, bien-être, confort, réussite, bonheur temporel… Il nous semble tellement évident que ce ne peut être que ces eaux-là qui puissent transformer les déserts de nos sociétés, de nos familles, de nos cœurs en jardin. Sans cette eau, impossible de vivre, d’être quelqu’un, d’être libre ou d’aider ! Ne dit-on pas « mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade ! » Au jour d’aujourd’hui le monde, la vie ne dépendent que de cette eau du puits de Jacob ! Mais c’est toujours une vie à court terme ! C’est toujours petit comme nous le sommes d’ailleurs.

Le don de Dieu pour nous

Mais alors qui est-Il vraiment Celui que j’appelle mon Seigneur et que veut-Il vraiment de moi ou me donner ? » Il est le don de Dieu pour nous ! Et ce don est l’amour de Dieu pour les hommes ! N’est-il pas écrit : Il est Mon Fils bien-aimé, Celui en qui j’ai mis toute mon affection ! Et cet extraordinaire amour, Dieu va le mettre DANS le monde, même dans le désert de Samarie ou le désert de nos sociétés. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… Il est l’amour de Dieu pour cette Samaritaine, donc il est aussi individuel, pour une personne distincte comme toi, lui, elle, mon voisin, ma voisine, mon fils, ma fille, ma femme, mon mari, mon ami, mon amie, etc. Mais aussi MOI… moi pauvre pécheur, moi qui lis ces lignes, moi qui suis peut-être triste, déçu, blessé, honteux, malheureux, fatigué ou encore seul, beaucoup trop seul, loin des autres.

À la source de l’amour

Mais ce don de Dieu est non seulement l’AMOUR de DIEU, IL EST LA SOURCE DE L’AMOUR DE DIEU.

Il est une source et non un puits. Il est la source de tout, absolument tout ! La source de toute la vie ! Il est la source de tout l’amour de Dieu pour les hommes, pour moi. Et cette source d’amour, Dieu va la mettre DANS LE MONDE… Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique…,  et Il va même aller plus loin, et il veut la mettre dans le cœur de l’homme, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé, guéri, délivré, par LUI. Ainsi donc Il n’est plus dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. Il est assis au bord de nos puits, Il attend que nous Lui demandions d’être la source de nos vies. 

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© JR Otge


Ressource pour les autres

Il est venu chez les siens… Chez Lui…, car l’homme est à l’image de Dieu. Il est fait pour rayonner l’Amour de Dieu. Il est fait pour recevoir la source de cet Amour de Dieu. Allons-nous LE recevoir encore aujourd’hui ? Mais attention, nous ne pouvons pas prendre l’Amour de Dieu sans le prendre LUI… Et c’est ainsi que nous devenons source à notre tour de tout l’Amour de Dieu pour les autres… Tous nos rapports avec les autres ou avec nous-mêmes vont changer… et la Samaritaine va courir dans son village… et ramener la foule, elle qui voulait l’éviter. Elle est devenue une source de l’amour. Et les autres qui se laisseront toucher par le cœur lui diront : nous ne croyons plus par ce qu’elle nous a dit mais parce que nous L’avons entendu.

Laissons – le devenir source de l’amour de Dieu en nous et levons nos têtes, car les champs blanchissent et la moisson est là… sous nos yeux. Alors oui… En route !