la vie de nos églises

Nouvelles de l’église cambodgienne de Strasbourg par le pasteur Daniel Keo

Le pasteur Daniel Keo revient non sans émotions ni reconnaissance sur le parcours de sa communauté au sein de Sion, Strasbourg. Extraits significatifs d’une lettre adressée par le pasteur au conseil de l’église de Sion. Une page d’histoire remarquable.


Retour sur son histoire

Notre communauté a partagé tant de moments avec l’église de Sion dès son origine. Nous avons en commun une histoire, des souvenirs et de la nostalgie.

Histoire et nostalgie

Je me souviens bien de l’hiver 1979 : il faisait très froid, j’avais un gros manteau d’Emmaüs provenant de l’église catholique. J’ai pris le bus, et ensuite j’ai marché à la recherche de l’église de Sion, que j’ai fini par trouver. Tout cela pour vous dire que vous, à Sion, vous avez ouvert la porte de votre église aux réfugiés cambodgiens. Saviez-vous la portée de votre geste ? Ce geste est grand et merveilleux. Il témoigne de la compassion, de la tendresse et de l’amour envers les réfugiés. Pour des réfugiés apatrides comme nous, comment pouvons-nous oublier ce que vous avez fait ?

Vous liez un lien d’amitié avec nous et par la grâce de Dieu vous devenez frères et sœurs et vous partagez depuis beaucoup de choses avec nous. Nous sommes venus de très loin avec de gros fardeaux comme victimes de la guerre. Suite au génocide, nous étions abandonnés à une grande souffrance, la mort nous suivait de très près. L’histoire est vraie, nous en témoignons et jamais nous ne pourrons l’oublier, car elle laisse en nous des cicatrices à vie.

Nous avons entendu parler du Nom de Dieu Sauveur, Jésus-Christ et voilà que je peux vous dire, que nous avons retrouvé la dignité de la vie, et nous sommes là ensemble avec vous grâce à la bonté de Dieu comme à travers vous qui êtes ses serviteurs obéissants. À Sion, vous nous avez accueillis avec votre sourire, et nous sommes sincèrement très touchés.

Aujourd’hui nous sommes frères et sœurs liés à une seule et même famille. S’il y a des soucis, nous devons les partager et les résoudre avec l’aide de Dieu.

Au commencement, vous aviez conçu un programme spécial pour nous. Jusqu’en 1983, notre communauté a pu grandir (et on m’a nommé comme président). Nous avons agi pour que notre communauté puisse aller de l’avant et évangéliser nos compatriotes cambodgiens ! Nous avons essayé de leur tendre la main comme vous l’avez fait pour nous.

Développement

Ainsi en 1987, nous avons créé une communauté cambodgienne à Paris. En 1990, les deux communautés se sont scindées pour former des communautés distinctes. J’ai accepté avec l’aide de Dieu de devenir le pasteur de la communauté cambodgienne de Strasbourg jusqu’à aujourd’hui.

Entre 1990 à 2000, vous m’avez offert une place très importante au sein du conseil de l’église de Sion, c’est là que j’ai eu l’occasion d’apprendre beaucoup de choses à votre sujet. En parallèle, j’ai étudié la théologie pendant 4 années à mi-temps au sein de l’UEEMF.

En 1996, notre communauté s’est constituée et on l’a nommée E.E.M.C.S. Elle a adhéré à l’U.E.E.M.F. jusqu’aujourd’hui. De plus, avec la mission Connexio, s’est créé un groupe de travail pour le Cambodge, dont je suis membre depuis 11 ans.

L’église a grandi et compte à présent 30 membres inscrits dont 6 jeunes, 12 enfants sans compter quelques amis venant au culte de temps en temps.

D’où son souci de trouver des locaux plus importants et plus adaptés à sa mission d’évangélisation. La suite de l’aventure cambodgienne à Strasbourg reste à écrire sous la puissance du Saint-Esprit à travers ses témoins locaux.