Méditation

« Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts » (Ep 5.14)



Pâques se fête au printemps. Les raisons de ce choix.

Théodore Paka, pasteur

En réaction au paganisme

Pourquoi les pères de l’Église ont-ils donc choisi de célébrer la résurrection du Christ au printemps ? Comme il y avait des festivités païennes à cette saison, on peut penser qu’il s’agissait-là d’un moyen pour lutter contre le paganisme, mais ce n’est peut-être pas l’unique raison : les manifestations de la vie nouvelle dans la nature (en occurrence le renouveau, caractéristique du printemps) facilitent notre compréhension de la résurrection de Jésus.

Manifestation de la vie


Le Christ lui-même n’a-t-il pas illustré des vérités spirituelles par des exemples tirés de la nature ou de la vie quotidienne des hommes : le grain de sénevé, les épis de blé, le raisin, les vendanges, le lys des champs et les oiseaux du ciel, le levain, la lampe à huile, les pièces de monnaie, le pain que l’on donne aux petits chiens, le festin, les noces ?

Œuf

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Tous les chrétiens n’ont pas les mêmes coutumes et traditions, mais l’œuf est pour tous un symbole de Pâques parce qu’il est le point de départ de la vie. Il contient en effet, un germe qui, une fois fécondée, deviendra un être vivant. Cependant, comment le poussin enfermé dans l’œuf peut-il éclore si la maman poule ne vient pas casser la coquille d’un coup de bec ?

Semence

Dans le règne végétal, on peut prendre l’image de la semence : cette dernière ressemble à un tombeau où la vie reste enfermée jusqu’à ce que le soleil le réchauffe. Alors, dans le corps ramolli de la graine, une jeune tige grandit et la divise en deux. La terre, la neige, les pierres, tous s’écartent pour laisser passer cette petite pousse qui deviendra un jour un arbre avec une jolie parure.

Jaillissement


Et nous, quelle sorte de graine voulons-nous être ? Celle qui reste au grenier, prête à être grignotée par les souris ou gagnée par la moisissure ? Ou celle qui, enfouie sous terre dans un profond sommeil, se laisse réveiller par l’appel des rayons du soleil ?

C’est la chaleur qui parvient à secouer la graine dans son sommeil, c’est elle qui rend ce jaillissement possible : le caveau se fissure et la créature en apparence morte peut surgir. N’est-ce pas là l’image du tombeau ouvert par la puissance de Dieu d’où sort Jésus ressuscité ?

Renouveau moyennant la mort

Ces exemples tirés de la nature nous invitent à vivre ce renouveau pour que nous devenions semblables au Seigneur, premier né d’entre les morts.

Pour avoir la vie il faut donc toucher la mort, « si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, déclare l’Évangile, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui a de la haine pour sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle » (Jn 14.24-25). La mort ne concerne pas seulement le plan physique, mais également le domaine spirituel. Appelés à mourir à nos égoïsmes pour vivre dans la richesse de l’amour de Dieu, nous sommes invités à faire de la place pour que le Seigneur vienne régner en nous, puisque nos tiraillements intérieurs empêchent la vie nouvelle de se manifester. Tel est le sens de l’exhortation de l’apôtre Paul : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’éclairera » (Ep 5.14).

Sommes-nous prêts à accepter de mourir pour être vivants d’une autre vie que la nôtre, c’est-à-dire de la vie même de Dieu ?