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"Etre chrétien en pleine mondialisation" par Patrick Streiff, évêque

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Actu est une rubrique diffusée simultanément dans 4 journaux (Construire Ensemble, Christ Seul, Pour la Vérité et En route). Actu donne ce mois-ci la parole à l’évêque Patrick Streiff. Grand voyageur devant l’Eternel, il prend la mesure de l’incidence de la mondialisation sur notre vie de tous les jours et tire quelques conclusions pratiques.

En août, j’ai passé deux semaines en Slovaquie. Lors de la première semaine, plus de mille personnes de toute l’Europe se sont réunies pour une grande rencontre organisée par les Eglises méthodistes. Au niveau des langues, il était parfois difficile de se comprendre. Mais les chants, traduits en de multiples langues nous unissaient. Nos expériences culturelles étaient très différentes. Mais chacun et chacune dans sa propre culture et son pays d’origine a été saisi par le même et unique Christ. Nous avons vécu un avant-goût de la communion qui dépasse les frontières et nous unit au sein du corps du Christ. Le dimanche après-midi, après le culte final, j’ai dû chercher en urgence un médicament pour une personne malade. Les organisateurs nous ont conseillés où aller. Nous sommes arrivés dans un immense quartier commerçant. Là-bas, il y avait de tout, magasins, boutiques, cafés, etc. Je me sentais déplacé aux Etats-Unis. Et la foule était présente. Jeunes et moins jeunes se promenaient dans ce temple moderne de la consommation. J’étais content d’y trouver mon médicament, mais aussi bouleversé par cette expérience de la mondialisation économique qui ne s’arrête pas aux frontières.

La deuxième semaine, je visitais des communautés méthodistes dans différentes régions slovaques. Quelques-unes existent depuis de longues décennies, mais la plupart se sont développées après la chute du communisme. Souvent, elles travaillent parmi une couche pauvre de la population, plusieurs parmi les tziganes. Quelle disparité avec le quartier commerçant et les rues touristiques de Bratislava ! 
Après la chute du communisme, une grande ouverture pour les questions spirituelles caractérisait les pays du centre et de l’est de l’Europe. La croissance des communautés chrétiennes stimulait également les communautés chez nous, à l’ouest. Actuellement, dans des pays comme la Slovaquie, la soif de gagner de l’argent et d’avoir une belle vie à l’image de la pub venant de l’Ouest prend le dessus dans de larges segments de la population. Qu’apporterons-nous, chrétiens de l’Ouest ? L’image de ceux qui ont de l’argent ? Ou de ceux qui ont appris à vivre une foi authentique au milieu d’une société de consommation ?
Ma visite en Slovaquie m’a rendu attentif au changement rapide et radical des pays ex-communistes en Europe. Les nouvelles libertés apportent leur lot de chances et de dangers et créeront des gagnants et malheureusement plus de perdants. Je suis rentré convaincu de la nécessité que l’église dépasse le niveau local et garde les yeux et les oreilles ouverts pour les frères et sœurs d’autres pays. J’ai vu de beaux exemples de solidarité et de partenariat entre des églises locales au-delà des frontières. Je me suis réjoui de rencontrer des chrétiens engagés dans le partage et l’intercession mutuelle malgré les différences d’origine. 
Ce ne sont pas seulement les marques d’habit dans les centres commerciaux qui franchissent les frontières. Les chrétiens, eux aussi, ont un message et une solidarité à partager et à apporter un soutien mutuel.