L’hommage aux Justes (2)

André Trocmé ou les armes de l’Esprit par Bernadette SAUVAGET (Réforme) - Droit de citer : "Les armes de l'esprit" (DVD de Pierre Sauvage ) - "La colline aux mille enfants" DVD de Jean-Louis Lorenzi

2 725 « Justes » français ont sauvé des Juifs durant la seconde guerre mondiale au péril de leur vie sans compter ceux qui sont restés anonymes. Tous ont incarné les valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. En venant au secours des Juifs, ils ne pensaient rien faire d’extraordinaire malgré les dangers encourus ; ils se contentaient de suivre leur conscience. Quel exemple pour nous dans les combats qui sont les nôtres aujourd'hui en faveur de la tolérance et de la fraternité, contre l’antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes. À la suite de la nation au Panthéon le 18 janvier 2007, En route leur rend modestement hommage. Avec le président de la République, nous nous rappellerons que, « face à l’extrémisme, il n’y a qu’une attitude : le refus, l’intransigeance ».

André Trocmé ou les armes de l’Esprit
Bernadette SAUVAGET

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« Des pressions païennes formidables vont s’exercer sur nous-mêmes et sur nos familles pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire. Si l’on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps. Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit », encourageait, dès le 23 juin 1940, le pasteur André Trocmé. Aidé par son adjoint, Edouard Theis, et le directeur de l’école, Roger Darcissac, il va être à la fois la conscience et la cheville ouvrière de la mobilisation de la population en faveur des juifs réfugiés sur le Plateau. Personnage hors du commun, André Trocmé était arrivé au Chambon au milieu des années trente. Une sorte de mise au placard pour ce pacifiste et non-violent, dont les options déplaisaient fortement aux autorités officielles d’alors du protestantisme français. Par ses racines familiales (sa famille maternelle était allemande), le pasteur du Chambon connaissait parfaitement l’idéologie nazie et ses dangers. Il avait vécu de près également la montée du fascisme en Italie puisque Magda, son épouse, était d’origine italienne. André Trocmé avait aussi des liens avec l’Eglise confessante allemande : L’Echo de la Montagne, publication locale protestante, donnait régulièrement de ses nouvelles.

Article publié dans Réforme n°3083 daté du 10 juin 2004 et reproduit avec l'aimable autorisation de Réforme.

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