Agenda (3)

Journée Mondiale de la Lèpre 

27 janvier 2008

Pasteur Pierre Geiser, président de la Mission Evangélique contre la Lèpre (M.E.C.L.)

La lèpre est un vieux fléau qui a peut-être disparu en Occident mais qui demeure toujours vivace dans maintes régions du monde. Le pasteur Pierre Geiser, président de la M.E.C.L., nous rappelle la nécessité de rester mobilisé pour enrayer ce fléau, là où il sévit.


La lèpre est une maladie ancienne. Elle a pratiquement disparu dans nos pays occidentaux. Toutes les civilisations l’ont considérée comme un signe de la malédiction divine. 

Après des siècles d’ignorance et de tâtonnement, la lèpre est aujourd’hui facile à guérir. Des médicaments réellement efficaces existent depuis environ 30 ans. Mais le mal continue ses ravages et la peur subsiste au point que le plus souvent, les nouveaux cas ne sont détectés qu’après une contamination de voisinage et une longue période d’incubation. Les dégâts physiques et moraux continuent de pousser vers l’exclusion des victimes qui ignorent l’existence du remède.

Au cours de ces dernières années les progrès médicaux ont été extraordinaires. Des millions de malades ont été traités de manière efficace. Cependant, même une fois guéris, les anciens lépreux ne redeviennent pas des « personnes comme tout le monde » ! Les médicaments guérissent la maladie, mais ils sont impuissants pour surmonter les blocages et les peurs ancestrales. Nous disposons de traitements efficaces du point de vue physique, mais l’emploi du mot « lèpre » suscite inévitablement des émotions et des peurs. Pour être pleinement efficace, l’action doit aussi se faire au niveau de la perception qu’en a la société. 

Nous croyons que si malédiction il y eut, celle-ci a été brisée par Jésus-Christ venu de la part de Dieu annoncer la libération et la fin de l’exclusion. Allant à l’encontre des tabous et des peurs, Jésus n’a pas hésité à toucher, guérir et libérer de leur exclusion ceux dont Il a croisé la route.

La lèpre étant une maladie fortement liée à la pauvreté, la recherche de fonds est un des éléments incontournables pour permettre aux équipes médico-sociales sur le terrain de mener une action efficace. Conscients de l’importance des défis et de l’existence d’une générosité qui ne demande qu’à s’exprimer, le Conseil de la Mission Evangélique contre la Lèpre fait appel aux dons, même modestes pour soutenir sa lutte en faveur de ceux qui sont victimes des causes et des conséquences physiques, morales et sociales de la lèpre.

« The Leprosy Mission International » (TLMI), Mission fondée 1874 par un Irlandais du nom de Wellesley Bailey, est la première organisation Mondiale dans ce domaine. Elle est membre fondatrice de l’ILEP. TLMI est active dans près de 30 pays, principalement en Asie, dans le Pacifique et en Afrique. 

Dans le cadre de l’ILEP (Fédération Internationale des ONG spécialisées dans ce domaine), une bonne douzaine d’ONG travaillent en concertation et sous les hospices de l’O.M.S. en vue de vaincre ce fléau. 

TLMI est aussi représentée par des comités nationaux dans une vingtaine de pays comme en France par la Mission Evangélique contre la Lèpre, dans lesquels la lèpre n’est plus un problème de santé, mais où existe une volonté de venir en aide aux équipes actives sur le terrain, en diffusant les informations concernant cette pathologie particulière, en soutenant l’action de TLMI par tous les moyens possibles et notamment financiers.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale quelques protestants français eurent à cœur de soutenir l’action de TLMI. Le pasteur Pierre Toureille se mit à visiter les églises, soutenu par un Comité qu'animait le Doyen Jean Cadier, de la faculté de théologie de Montpellier.

Dans les années 1960 un rapprochement s'est opéré entre ce comité et la Commanderie française de l'Ordre de Saint - Jean de Jérusalem (Grand baillage de Brandebourg) dont le Commandeur était Antoine de Clermont.

Celui-ci, appelé en 1970 à la présidence du comité, lui donna les structures juridiques qui lui manquaient en constituant l’Association de la « Mission Evangélique contre la Lèpre » (MECL). Formée par des représentants de diverses Eglises Protestantes, l'Association obtint la reconnaissance d'utilité publique en 1978. Son objectif est de soutenir l’action de TLMI. 

La Mission Evangélique contre la Lèpre s’adresse particulièrement aux Chrétiens et aux Eglises protestantes et Evangéliques. Plus que jamais, elle a besoin de leur soutien par la prière et par les dons. Aussi, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Lèpre, le 27 janvier prochain, - et tout au long de l’année – soutenir son Action, c’est un geste de solidarité qui permet de redonner du sens à la vie de milliers de personnes, de changer le regard et l’attitude de la société sur l’exclusion et la misère.


Voici l’histoire de Husaïni en Indonésie dont la vie a été transformée : il n’a plus besoin de se cacher.

Comme c’est souvent le cas, Husaïni a contracté la lèpre assez tôt dans sa vie ; mais des années ont passé avant qu’il ne reçoive un traitement.

Pendant tout ce temps il a perdu petit à petit la sensibilité des mains et des pieds et a fini par avoir un ulcère important au pied droit.

Chez un malade de la lèpre, l’ulcère est dû à l’insensibilité : il marche sur un clou ou autre chose, il se blesse et ne ressentant plus la douleur, il ne s’en soucie pas ; il continue à marcher, la plaie s’agrandit et s’infecte.

Husaïni, se sent désespéré mais ayant du cran, il amputa lui-même une partie insensible de son pied. Il est resté avec un membre diminué, infecté et douloureux. Ne pouvant marcher normalement il est resté dans sa cabane longtemps. Les voisins qui le visitaient ne voyaient rien car il cachait ses pieds.

Il a fallu attendre le jour où Alex, un équipier de la Mission est venu le voir et s’est intéressé à lui. Il a fait le nécessaire pour qu’il puisse être amputé partiellement de sa jambe droite et appareillé. L’amitié d’Alex lui a redonné confiance en lui.

Peu à peu, Husaïni a commencé à prendre un rôle important dans son entourage. Il a organisé un dispensaire pour les enfants, le premier poste de santé étant assez loin. Quatre volontaires du village ont été formés et avec l’aide d’une infirmière, cette petite équipe assure tous les mois une consultation pour les nourrissons du village. 

Grâce à un prêt de la Mission, il a aussi investi dans la pêche aux crevettes. Cela lui rapporte assez pour acheter le riz pour sa famille.

Maintenant, les gens semblent avoir oublié qu’il est resté longtemps caché dans sa cabane. Ils s’arrêtent pour lui parler et lui font signe. Il est dorénavant connu comme celui qui a permis la création du dispensaire pour enfants et qui participe à des séminaires sur la santé en ville.

Ayant fait face à la maladie, au rejet, à la pauvreté, il a de la compassion pour le faible et le pauvre.

A son tour il partage, vend à ceux qui ont de l’argent, ou donne avec le sourire.

Pierre Geiser

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Résumé tiré des statistiques de TLMI concernant l’année 2006

En 2006, la Mission a diagnostiqué 49 076 nouveaux cas de lèpre.

L’action de TLM s’étend à 28 pays (Afrique, Asie continentale & Asie du sud) ; elle concerne une population totale de 305 millions de personnes au moyen de 202 programmes locaux ou régionaux.

60 408 personnes et 3 700 foyers ont bénéficié d’un soutien socio-économique pour faciliter leur réinsertion.

44 587 interventions chirurgicales ont été pratiquées

Au total, 881 014 personnes ont été traitées en tant que patients externes de nos hôpitaux. 


L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) plaide pour une plus grande priorité et plus de moyens consacrés aux maladies tropicales !


Appel lancé lors d’une réunion à Djakarta (Indonésie) les 14 et 15 févriers 2007 :

Un nombre important de personnes vivant en Asie du sud-est souffrent de maladies telles que la Lèpre, la Filariose, la Leishmaniose, le Pian et la Dengue.

« Ces pathologies provoquent de grandes souffrances et un mal-être dont les conséquences économiques ont un impact considérable sur une population déjà fortement marginalisée », déclare Jaid  Narain, directeur régional de l’OMS responsable du département des maladies contagieuses. 

« Ces maladies ne conduisent pas seulement vers la pauvreté, mais elles piègent également les populations déjà appauvries vers une pauvreté plus grande dont elles ne peuvent plus s’échapper ».

Malgré des efforts pour combattre ces maladies elles sont considérées comme « négligées » car les dispositions et les moyens pour une lutte efficace ne leur sont pas accordés. La recherche et les programmes de santé ne disposent que de moyens bien insuffisants.

Quelques exemples du coût moyen d’actions menées sur le terrain :

Traitement de la lèpre (médicaments et suivi médical) 25,00 €

Un an de scolarisation pour un enfant affecté par la lèpre 65,00 €

Microcrédit pour démarrer un petit commerce 65,00 €

Formation professionnelle 80,00 €

Microcrédit pour l’achat d'une machine à coudre 100,00 €

Prothèse pour une jambe 125,00 €

Opération d'une main ou d'un pied 180,00 €