Le billet du cabinet (2)

J’aime mon Église

Étienne Rudolph, surintendant


Surintendant Etienne Rudolph


Le surintendant Étienne Rudolph exprime les raisons pour lesquelles il aime son Eglise. Il le fait à l’aide de la figure de style qu’est l’anaphore.

J’aime mon Église parce qu’elle m’accepte pour ce que je suis et pas d’abord pour ce que je crois ! Non pas que ma foi lui soit indifférente, mais elle m’offre en premier lieu un espace pour que ma foi puisse grandir en s’exprimant, en évoluant, en progressant… L’être humain que je suis lui importe vraiment dans toute son humanité, fragile et contradictoire, mais aussi capable de s’ouvrir et d’aimer.

J’aime mon Église parce qu’elle ne m’oblige pas à tenir pour vraies des formules et des propositions de foi déterminées et figées. Elle m’invite au contraire à une foi compréhensive, inclusive et positivement curieuse, qui cherche, qui essaie, qui peut même se tromper, qui peut être traversée par des doutes, mais qui réfléchit. Dans cette perspective, elle me propose une foi ni rationnelle, ni irrationnelle, mais une foi raisonnable.

J’aime mon Église parce qu’elle est plurielle et diverse. Elle accueille d’autres qui comme moi sont en recherche. Je peux ainsi voir comment Dieu agit dans leur vie et découvrir d’autres formes d’expression de la foi dans le même Dieu de Jésus-Christ. De l’échange et du dialogue, de la confrontation d’idées et de la mise en commun peut sortir une saine émulation donnant l’occasion à l’Église de toujours se réformer et ainsi de vivre un témoignage vivant du Dieu de la Vie.

J’aime mon Église parce qu’elle est perfectible. Cette réalité lui permet de marcher humblement sur les routes humaines avec l’aide de Dieu sans se croire supérieure ou meilleure. Elle court des risques bien entendu, comme celui de rechercher la sécurité dans le confort d’une tradition… Mais elle relève dans le même temps des défis tel que de refléter l’amour de Dieu, ce Dieu qui accompagne les hommes et les femmes sur leurs chemins parfois compliqués. Et en raison même de la complexité humaine, jour après jour elle propose aux uns et aux autres de marcher ensemble, de chercher ensemble, d’essayer ensemble, de construire ensemble…

J’aime mon Église parce qu’elle vit une double dimension : locale et globale. Elle s’inscrit dans différents lieux géographiques avec leurs particularités et en même temps elle dépasse les frontières. Elle vit ainsi une dynamique extraordinaire parce que chaque dimension alimente l’autre de la richesse de son vécu et de son expérience.

Certains penseront peut-être qu’il y a là un peu d’angélisme ou de positivisme naïf… Ni l’un, ni l’autre, mais un choix délibéré d’aimer son Église en s’y engageant, en la soutenant, en priant pour elle, en la portant avec d’autres. Pour nous y encourager, et paraphrasant J-F Kennedy, j’ose dire : « Ne vous demandez pas ce que votre Église peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre Église ! »

J’aime mon Église pour bien d’autres raisons encore… Mais je l’aime aussi et surtout parce que Dieu l’aime et ça, c’est une raison suffisante.

Calendrier de l’évêque pour octobre : 6-9 : EEM mondiale, Chicago, USA ; 10-13 : inauguration Alsoszolca, Hongrie ; 14-19 : Plateforme et visites Afrique du Nord ; 20 : Visite au Séminaire des Femmes, Waldegg ; à partir du 30 : Conseil des évêques, USA.