Le billet d'humeur

"Superficialité inéluctable?" - Jean-Ruben Otge pasteur

Le pasteur J. R. Otge dénonce notre fâcheuse tendance à la superficialité.

Bien sûr que je m’étonne de la superficialité de nos contemporains ; tellement d’éléments manquent de profondeur et de recherche. Malheureusement, mon humeur devient alors morose parce que cela me renvoie à ma propre superficialité…

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Superficialité mais en quoi ?
Il est facile en effet de constater que la société vit sans chercher à connaître au-delà de ce qu’on lui ingurgite, de bien des manières. Sans tomber dans un jugement trop superficiel, pourquoi se comporte-t-on comme cela très souvent ? C’est vrai que ma nature humaine ne me pousse pas à l’approfondissement mais bien plutôt à la passivité ; la méthode à laquelle je suis fréquemment exposé est la répétition et non la réflexion (par exemple dans les publicités ou les sujets abordés régulièrement).Vision à courte vueOn est sur les autoroutes de l’info : on possède bien des connaissances (de plus en plus), mais le point sensible, c’est qu’on va tellement vite qu’on ne voit presque rien… On les possède mais sans les maîtriser. La devise de nos contemporains est bien souvent proche de celle du temps d’Esaïe : Mangeons et buvons car demain nous mourrons ! Cette attitude résume l’esprit de superficialité de l’être humain dont la vie est basée sur le matériel, sans désir de considérer l’avenir. Sœur Emmanuelle disait : « Le nez dans le guidon, nous nous noyons dans la fête, la consommation et le travail, sans que jamais l’horizon de la route ne soit contemplé ».

Sur le plan spirituel

Sur le plan spirituel, il est facile d’être superficiel tout en croyant posséder une foi profonde. C’est ce qui se passe quand on la compare à celle d’autres personnes ; c’est la foi du pharisien dont Jésus a montré la vanité et la superficialité (Lc 18.9-l4). Bien sûr, il est facile de se contenter du culte hebdomadaire pour nourrir la foi ou de ce que l’on fait pour Dieu, style le jeune homme riche qui se croyait riche de ses œuvres pour Dieu sans s’engager entièrement pour suivre Jésus (Mt 19.16-22). Quant à ma vie de sanctification, si ce sont mes désirs qui la gouvernent, elle est bien superficielle ! Tout comme quand ma vie de prière se réduit seulement à des demandes relatives à mes besoins. Sache que dans la période finale de l’histoire, […] les hommes resteront attachés aux pratiques extérieures de la religion mais, en réalité, ils ne voudront rien savoir de ce qui en fait la force (2 Tm 3.1,5).
Dures conséquences

La conception « mangeons-et-buvons » ne fait que souligner la vanité d’une vie qui conduit à la déchéance. Quand l’aspect matériel domine la vie, le travail, les relations, tout se détériore. La licence sur le plan sexuel est de plus en plus la norme ; les relations affectives ne peuvent être solides ni envisagées dans la durée. Les conséquences d’une superficialité religieuse ne conduisent souvent qu’au rejet de Dieu ; quand la vie avec Dieu n’est pas profonde, lorsque le vent et la pluie arrivent, c’est facilement l’incompréhension et même l’accusation. Louis Pasteur disait : « Un peu de science éloigne de Dieu ; beaucoup de science y ramène ».


Et l’insatisfaction devient chronique

Toujours plus ! Toujours plus d’argent pour en manquer en fin de compte et rester insatisfait : c’était déjà le constat de l’Ecclésiaste, il y a 3 000 ans… Par rapport à la superficialité dans la vie affective et sexuelle en dehors du cadre que Dieu a donné, c’est la désillusion que provoquent de nouvelles conquêtes. Semblable au jeune homme riche de l’Evangile qui, dans son refus de s’engager entièrement avec Jésus, s’en est allé « tout triste », le croyant superficiel ne peut connaître de joie épanouissante. Sur quoi ma vie est-elle fondée ? Sur des aspirations de facilité, de passivité, de refus de m’engager pour Dieu ? Ah oui… Pour réfléchir un peu plus profondément, il est conseillé de lire Col 3.1-4 et Mt 7.24-27.

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